Education: ce que Sarkozy n'a pas dit

"Nous devons et nous pouvons faire mieux avec les mêmes moyens." Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux au monde de l'éducation et de la recherche , jeudi 5 janvier, n'a pas dit qu'il renoncerait aux réductions d'effectifs s'il était réélu, donc à partir de la rentrée 2013.

"Nous devons et nous pouvons faire mieux avec les mêmes moyens." Nicolas Sarkozy, lors de ses voeux au monde de l'éducation et de la recherche , jeudi 5 janvier, n'a pas dit qu'il renoncerait aux réductions d'effectifs s'il était réélu, donc à partir de la rentrée 2013. Mais lorsqu'il évoque les moyens utilisés pour ne pas remplacer un enseignant sur deux, il cite la fin des mises à disposition des associations, la suppression des "surnombres" et d'une "offre de formation trop dispersée", ce qui laisse entendre que, ces leviers ayant été utilisés, le niveau actuel des moyens pourrait être considéré comme satisfaisant.

Dans ce discours, le chef de l'Etat estime que l'Ecole a pour mission "la transmission d'un socle de connaissances, d'une culture et des valeurs communes". C'est la seule citation du mot "socle", sans reprise de la dénomination consacrée par la loi de 2005, "socle commun de connaissances et de compétences". Faut-il y voir une remise en cause de ce qui a été mis en place dans ce cadre ? Le "recentrage" des classes de 6ème et de 5ème sur "les fondamentaux" et la création d'un palier d'orientation en fin de 5ème, avec des classes de 4ème et de 3ème préparant à l'enseignement professionnel, déboucheraient-ils nécessairement sur une redéfinition de ce socle, correspondant aux acquis des "fondamentaux" à 13 ans, et non plus à la fin de la scolarité obligatoire ?

Nicolas Sarkozy n'évoque à aucun moment une réforme des rythmes scolaires. Ce discours n'étant pas un programme, et donnant des "pistes" de réflexion, ou posant des questions, cette absence ne signifie pas qu'il y ait renoncé. Mais il n'évoque pas non plus le rôle des collectivités territoriales, dont la participation serait nécessaire pour la prise en charge des enfants dont la journée de classe serait réduite. Quant aux parents, ils ne sont mentionnés, en toute fin du discours, que pour évoquer leur "responsabilisation" et la suspension des allocations familiales. Berf, dans ce discours, l'Ecole n'a pas de partenaires, pas d'environnement.

Parmi les sujets qui n'ont pas été évoqués figurent la carte scolaire, l'école maternelle et l'accueil des "2 ans", les ZEP, même s'il se félicite de la mise en oeuvre du programme Eclair.

Les voeux du président ne font pas non plus mention "des méthodes qui ont fait leurs preuves", comme dans le programme de l'UMP. Il invite toutefois les enseignants "à devenir de véritables experts des apprentissages fondamentaux", ce qui renvoie peut-être aux programmes Parler et Lecture (voir ToutEduc).

Comme dans son discours du 1er décembre 2006 lors sa première campagne, manifestement marqué par "La Fabrique du crétin", le best-seller de Jean-Paul Brighelli dont certains passages semblaient avoir été "copié-collé", Nicolas Sarkozy dénonce "l'abaissement du niveau d'exigence" et "le peu d'estime" dans lequel on tient le savoir, qu'il faudrait "réhabiliter", mais il considère qu'on ne pourra pas revenir "aux pratiques du début du siècle dernier", et que "les élèves ont changé, pas l'école".

Est-ce à dire qu'il ne donne plus au collège, comme en 2006, l'objectif "de donner aux élèves le goût des grands auteurs" ? Le Snalc, auquel le candidat faisait alors des oeillades, n'a manifestement pas envie d'appeler ses sympathisants à voter UMP cette année...

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