Tahiti, la sourde guerre de l'éducation

Luc Chatel vient d'informer le ministre polynésien de l'éducation, Tauhiti Nena, qu'il mettait un terme à la mise à disposition des deux inspecteurs qui étaient chargés de la formation des personnels, enseignants et non enseignants du second degré à Tahiti. Selon le communiqué publié par les autorités de Papeete, elles l'ont appris "par courrier reçu le 15 décembre 2011, et sans préavis", la mesure s'appliquant "dès le 1er janvier 2012".

Luc Chatel vient d'informer le ministre polynésien de l'éducation, Tauhiti Nena, qu'il mettait un terme à la mise à disposition des deux inspecteurs qui étaient chargés de la formation des personnels, enseignants et non enseignants du second degré à Tahiti. Selon le communiqué publié par les autorités de Papeete, elles l'ont appris "par courrier reçu le 15 décembre 2011, et sans préavis", la mesure s'appliquant "dès le 1er janvier 2012".
Toujours selon ce communiqué, le ministre de l'Education nationale invoque "des raisons budgétaires" et "précise qu'aucun remplacement de ces inspecteurs ne sera proposé dans le cadre des futures mises à disposition". Le ministre polynésien estime que "cette décision brutale déstabilise en cours d'année scolaire la poursuite de la formation des personnels du 2nd degré". Il rappelle surtout dans quel contexte de "guerre" elle s'inscrit. Seize jeunes professeurs certifiés devaient faire leur année de stage en Polynésie, estimait cet été le gouvernement polynésien, en métropole, estimait le vice-recteur. La "guerre" était déclarée avec des armes lourdes : une menace de boycott du drapeau français lors des jeux du Pacifique à Nouméa, et de l'inscription de la Polynésie française dans la liste des pays à décoloniser. Le Haut-commissaire avait finalement proposé une solution d'attente.
Le ministre Tauhiti Nena fait valoir une "toute récente décision du tribunal administratif [qui] reconnait enfin aux professeurs stagiaires le droit d'effectuer leur stage au fenua". Mais le retrait des deux inspecteurs "pourrait faire obstacle à cette décision de justice en mettant en péril la poursuite de la formation des stagiaires".
Les deux inspecteurs doivent "regagner des académies nouvelles, sous 15 jours", ce qui est, commente le ministre, "humainement inacceptable et laisse à penser qu'il s'agit là d'une mesure disciplinaire masquée sous des prétextes de restriction budgétaire".
Voir le communiqué sur Tahiti Info (ici). Voir aussi ToutEduc, ici et ici.

Nouvelle information ce vendredi 23 décembre: selon "Tahiti info", les deux inspecteurs "resteront jusqu'au terme de leur mission, en juillet 2012", le Haut-commissariat étant "intervenu en leur faveur, contre l'avis du ministère de l'Education nationale". Toutefois, cette solution d'apaisement ne règle en rien la question de l'autonomie de la Polynésie française dans le domaine de l'éducation.

Il y aurait donc contradiction entre Luc Chatel et le Haut-commissaire...

Pour le site de Tahiti Infos, ici.

 

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