1er mai du FN : peu de skinheads mais une casquette SS

Reportages et décryptages des extrêmes sous toutes leurs formes en Europe. A lire sur Trans-Europe-Extrêmes, le site des étudiants de la 86e promotion de l'ESJ Lille.Dimanche 1er mai, le Front national a défilé comme tous les ans à la même date en l'honneur de Jeanne d'Arc. L'occasion pour Marine Le Pen, célébrée par les sondages, de tester sa virtuelle côte de popularité sur le terrain et de montrer que son parti peut manifester « sans crânes rasés ». Ou presque.

Reportages et décryptages des extrêmes sous toutes leurs formes en Europe. A lire sur Trans-Europe-Extrêmes, le site des étudiants de la 86e promotion de l'ESJ Lille.

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Dimanche 1er mai, le Front national a défilé comme tous les ans à la même date en l'honneur de Jeanne d'Arc. L'occasion pour Marine Le Pen, célébrée par les sondages, de tester sa virtuelle côte de popularité sur le terrain et de montrer que son parti peut manifester « sans crânes rasés ». Ou presque.

 

Marine Le Pen, qui a à cœur de lisser l'image de son parti, voulait un 1er mai sans « crânes rasés ». Voeu plus ou moins exaucé. Aucun attroupement de skinheads n'a été remarqué, et seules quelques têtes glabres ont timidement défilé, laissant parfois coquettement dépasser quelques tatouages skin, un bout de ranger...

Des militants peu fréquentables présents mais « habillés », selon le mot de Sylvain Crepon, sociologue chercheur spécialisé dans le Front national. Et lorsqu'ils ont voulu entamer un « Islam hors d'Europe », le slogan a rapidement été remplacé par un couplet plus soft.

Globalement, les consignes de la patronne ont donc bien été respectées. Mais un détail pour le moins gênant est passé entre les mailles du service d'ordre : un manifestant arborait fièrement une casquette SS. En pleine opération de dédiabolisation, la photo fait tache.

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Un militant du FN arbore une casquette SS

Côté affluence, rien d'exceptionnel. « Je m'attendais àvoir plus de monde, note Sylvain Crepon. Mais c'est vrai qu'il y a quand même beaucoup de jeunes ». Et pour cause, le Front national de la jeunesse est un soutien de poids pour Marine Le Pen. Durant le défilé, ce sont eux, armés de mégaphones, banderoles et drapeaux, qui se sont chargés de l'animation, à l'image d'Antoine Mellies, membre de la direction nationale du FNJ.

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Antoine Mellies, membre de la direction nationale du FNJ

Groupés pour être plus visibles, les adhérents du FNJ entonnent tour à tour des classiques du genre comme « Bleu blanc rouge la France aux Français », ou le plus étonnant « Sarko t'es foutu, la jeunesse est dans la rue », habituellement déclamé lors de manifestations étudiantes.

Militants ou simples encartés, les jeunes étaient nombreux à battre le pavé. À 19 ans, Sébastien a adhéré au FN en novembre 2010 : « J'étais d'accord avec les idées de Marine, elle pointe des vrais problèmes, comme avec l'affaire des prières de rue ». Il est persuadé « qu'elle peut aller très loin, en 2012 ou après ».

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Le défilé a réuni 3 200 personnes selon la police. 20 000 d'après le FN.

Après le défilé, c'est un discours au goût de meeting de campagne qu'a prononcé la présidente du Front National. Un monologue pendant lequel elle a longuement fustigé « l'Europe des élites autoproclamées » et la mondialisation (« destruction programmée des peuples »), avant d'en appeler à « la liberté collective des Français, c'est-à-dire leur souveraineté ». « Mes chers compatriotes nous quittons bientôt les ténèbres, le peuple est de retour ! », s'est emportée Marine Le Pen, avant d'assurer vouloir « briser les chaines du peuple français ».

Avec sa rhétorique bien huilée de dénonciation de la classe politique en place, la leader frontiste souhaite encore et toujours apparaitre comme le seul recours face au « système UMPS » qu'elle dit éculé.

Le 1er mai du FN en images.

 

De notre envoyé spécial Quentin Laurent.

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