Arnaud Gouillon, extrême droite pur porc

Après avoir fait le buzz avec le scandale de «l'apéro saucisson-pinard», le Bloc identitaire se lance dans la course à l'Élysée. À 25 ans, Arnaud Gouillon a été choisi pour porter les couleurs de ce parti d'extrême droite en 2012. Militant depuis ses 17 ans, il incarne la première génération d'identitaires.

Après avoir fait le buzz avec le scandale de «l'apéro saucisson-pinard», le Bloc identitaire se lance dans la course à l'Élysée. À 25 ans, Arnaud Gouillon a été choisi pour porter les couleurs de ce parti d'extrême droite en 2012. Militant depuis ses 17 ans, il incarne la première génération d'identitaires.

 

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Arnaud Gouillon. (photo Aurélie Abadie)

 

Blond aux yeux bleus, d'allure charmante, Arnaud Gouillon cultive une image policée de gendre idéal. Dans son sillage, aucune casserole retentissante. À 25 ans à peine, le voici propulsé candidat du Bloc identitaire à l'élection présidentielle. Créé en 2003, le mouvement est sorti de l'ombre à coups de provocations médiatiques : invasion d'un Quick halal par des militants grimés en cochons, « apéro saucisson-pinard » ou encore fontaines colorées en rouge sang, pour protester contre l'engagement français en Afghanistan.

S'ils ont fait de ces actions coup de poing leur spécialité, destinées à alerter le public d'un « double danger », la « mondialisation » et l'« islamisation », les identitaires entendent également exister sur le terrain électoral. Constitué en parti politique depuis 2009, le Bloc identitaire, déjà présent aux élections régionales et cantonales, se lance désormais dans la course à l'Élysée. « La vie politique en France tourne autour de l'élection présidentielle. Cette candidature est un outil pour accroître notre visibilité, et l'intérêt des médias », explique Fabrice Robert, président et fondateur du mouvement.

Le poulain de Fabrice Robert

Avant de créer le Bloc identitaire, celui que ses camarades surnomment aujourd'hui « Rebelle blanc » appartenait à Unité radicale. Ce groupuscule d'extrême droite a été dissout en 2002 après la tentative d'assassinat de Jacques Chirac par l'un de ses sympathisants présumés, Maxime Brunerie. Fabrice Robert explique que ce lourd passé l'a dissuadé de se présenter lui-même à la présidentielle.

« Je préfère m'effacer pour faire avancer nos idées. »

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Fabrice Robert cède donc la place à un candidat « jeune, de souche européenne, pour porter le message du retour de la France et de l'Europe. Par sa simple présence physique, par son maintien, notre candidat tranchera avec les Aubry, Bayrou ou Sarko. » À l'en croire, il a misé sur le bon cheval.

 

« Arnaud Gouillon, c'est un pur produit identitaire. »
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En dépit de sa jeunesse, son poulain a déjà parcouru du chemin. À 17 ans, il crée la section grenobloise des Jeunesses identitaires. « J'ai commencé en scooter, quand je n'avais pas encore le permis. Il n'y avait alors aucune structure. J'ai découvert l'engagement tout seul, ce qui exigeait un certain courage. J'ai toujours eu un tempérament d'entrepreneur », raconte Arnaud Gouillon.

Sa trajectoire ne surprend pas vraiment son entourage. « Au lycée, j'affichais déjà mes idées. D'autant que des bandes de Maghrébins faisaient régner leur loi, sans que personne ne réagisse. » Benjamin d'une famille de trois enfants, Arnaud a pourtant grandi dans un milieu marqué à gauche, avec un père cheminot et une mère institutrice. « Ils me soutiennent, même s'ils redoutent les dangers auxquels je m'expose. »

Premier contact en 2003

Étudiant à la faculté de physique, il intègre ensuite l'école Polytech' à Grenoble et se destine au métier d'ingénieur en risques environnementaux. Mais son engagement va le conduire à prendre d'autres responsabilités.

«Le Kosovo est, pour les Serbes, ce que la Seine-Saint-Denis est à la France. »

En 2003, le futur porte-drapeau participe au premier camp d'été identitaire, une école de formation des futurs cadres du mouvement. Devenu membre du bureau politique du parti, il préside également l'ONG Solidarité-Kosovo, une association satellitaire du Bloc identitaire. Cette expérience reflète sa méfiance envers l'islam : « Ce qui se passe là-bas pourrait bien se passer en France demain. Les Serbes ont été chassés par l'immigration musulmane. Le Kosovo est un peu, pour les Serbes, ce que la Seine-Saint-Denis est à la France».

Pour Arnaud Gouillon, « l'islam étant incompatible avec la République et les valeurs de notre civilisation européenne, une seule solution s'impose : le retour progressif au pays ».

Ci-dessous un extrait de l'intervention d'Arnaud Gouillon lors d'un dîner-débat le 16 avril à Paris.

 

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Aux dires d'Hugues Bouchu, coordinateur du Bloc identitaire à Paris, « Arnaud est un bon camarade, sans aucune prétention personnelle, sinon celle de servir et de témoigner ». Peut-être sera-t-il le plus jeune candidat à la présidentielle de l'histoire de la Ve République. À condition d'obtenir -hypothèse improbable- les 500 parrainages d'élus requis.

Aurélie Abadie

Reportages et décryptages des extrêmes sous toutes leurs formes en Europe. A lire sur Trans-Europe-Extrêmes, le site des étudiants de la 86e promotion de l'Ecole Supérieure de Journalisme de Lille.

 


 

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