Comment je n’ai pas rencontré la Marine Le Pen norvégienne

Siv Jensen © FrP Siv Jensen © FrP
Alice Rougerie est partie en Norvège sur les traces du Parti du progrès (FrP), une formation d’extrême droite. Elle revient ici sur la difficulté pour les journalistes étrangers de rencontrer la chef du FrP, Siv Jensen, qui ne supporte plus d’être cataloguée par eux à la droite de la droite.

Siv Jensen, c’est la Marine Le Pen norvégienne. Jeune, blonde et charismatique, elle dirige le parti norvégien d’extrême droite, le Parti du progrès (FrP), deuxième formation politique du pays. Véritable star locale, les médias se l’arrachent. Alors moi aussi, une fois en Norvège, j’ai voulu la rencontrer.

Bien avant mon départ pour Oslo, je contacte le service communication du FrP, visiblement prêt à m’accorder une interview de leur leader. Après plusieurs tentatives d’approche, le parti refuse toute proposition de rendez-vous pour causes « d’emploi du temps chargé en vue des commémorations du 1er mai [discours et défilé similaires au rassemblement du FN en France, ndlr]». Je propose alors une interview le 2 ou 3 mai « quand elle veut, où elle veut ».

Finalement, l’attaché de presse du parti craque et m’avoue les dessous de ce refus : Siv Jensen en a marre d’avoir à se justifier auprès des médias étrangers. Elle ne veut plus être comparée à des personnalités politiques comme Marine Le Pen. « Le Parti du progrès n’est pas un parti d’extrême droite comme les journalistes aiment le dire, mais un parti libéral classique ». Ah bon?

Tor Björklund, professeur de sciences politiques à Oslo, précise : « Le Parti du progrès a toujours nié son affiliation à l’extrême droite traditionnelle. On le qualifie aujourd’hui de néo-libéral populiste, combinant autoritarisme, conservatisme et libéralisme ».

A l’approche des élections de 2013, les membres du FrP tentent d’adoucir leur image. Pas question pour le parti d’être une fois de plus emporté médiatiquement dans la « vague brune européenne ». Mais certaines propositions du FrP, comme leur politique d’immigration restrictive (voir leur programme en français), confirment que le Parti du progrès a bien sa place dans un sujet sur les extrêmes en Europe, avec ou sans Siv Jensen.

 

 

 

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