L’extrême droite norvégienne, numéro un chez les jeunes

Avec à peine 3 000 adhérents, la section jeune du Parti du progrès (FpU) arrive pourtant en tête des élections scolaires en Norvège. Politique fiscale et immigration sont les deux dadas de ce parti classé extrême-droite.

Avec à peine 3 000 adhérents, la section jeune du Parti du progrès (FpU) arrive pourtant en tête des élections scolaires en Norvège. Politique fiscale et immigration sont les deux dadas de ce parti classé extrême-droite.

Torbjørn Weisæth, leader de la section jeune du FpU © A. Rougerie Torbjørn Weisæth, leader de la section jeune du FpU © A. Rougerie
«On est le seul parti d’opposition crédible en Norvège, les jeunes l’ont compris», constate fièrement Torbjørn Weisæth, le leader du FpU à Oslo. Encore minoritaire il y dix ans, le parti récolte, depuis 2003, les meilleurs scores aux élections scolaires. Organisées tous les deux ans dans les collèges et lycées, elles sont une sorte de sondage avant les scrutins locaux et nationaux.

«Les jeunes veulent plus de libertés. Ils en ont marre que le gouvernement norvégien décide de tout pour eux», explique Torbjørn Weisæth. Et c’est avec des arguments plus qu’austères que le FpU séduit les jeunes électeurs norvégiens : libéralisme politique et économique, privatisations, fiscalité…

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Chocolat, automobile mais surtout, alcool et tabac, les taxes dépassent souvent 20% en Norvège. La promesse de réduire ces charges qui pèsent quotidiennement sur le budget attire les 15-25 ans. « Les jeunes voyagent et voient ce qui est mieux ailleurs. Ils ne veulent plus payer chez eux des taxes abominables sur ces produits », argumente Torbjørn Weisæth.

Autre mesure très populaire auprès des jeunes électeurs : alléger les impôts sur les jobs étudiants. Tout jeune travailleur est imposable lorsqu’il gagne plus de 5 000€ par an. Et avec un salaire minimum norvégien fixé à 17€/heure, les 5 000€ sont vite atteints. Ce que dénonce Torbjørn Weisæth.

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Lars Martin Kjos, 21 ans, rejette ce qu’il appelle l’« État nounou » Il a toujours soutenu le FpU lors des élections scolaires et vote pour le Parti du progrès depuis sa majorité. C’est avant tout leur politique fiscale qui l’a convaincu : « Je n’aime pas la façon dont le gouvernement norvégien veut décider pour moi. Si je suis malade, je ne peux pas choisir l’hôpital dans lequel je veux être soigné, je dois aller dans l’hôpital de mon secteur ».

Opposé à la forte nationalisation des services norvégiens, il se plaint également de leur coût pour une qualité qui laisse à désirer. « Je n’ai pas honte de dire que je vote pour le FpU, précise-t-il. Je n’ai pas l’impression de voter pour l’extrême droite ». Le FpU propose pourtant une politique très restrictive envers les étrangers. Au programme : conditions d’immigration strictes (avoir un travail, parler le norvégien…) et interdiction totale du regroupement familial.

L’afflux conséquent d’étrangers en Norvège, depuis les dix dernières années, explique en partie l’essor du parti d’extrême droite. À Oslo, 30% de la population est d’origine étrangère, contre à peine 5%, il y a 30 ans. « Les jeunes ne se sentent pas chez eux. Il y a trop d’étrangers sur les bancs de l’école », explique Torbjørn Weisæth.

Mais si le parti a gagné la bataille des urnes, il doit encore travailler son image. 3 000 adhérents seulement, contre 10 000 pour les jeunes travaillistes (AUF). Pas facile pour les 15-25 ans d’avouer un vote décomplexé pour l’extrême-droite.

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