«Un lieu, une oeuvre»: Lyon, Efix et moi

Pablo, je l'ai attendu de longues années. Je l'ai cherché partout où je pouvais tenter de le trouver. Mais c'est dans la ville des Lumières, la capitale des Gaules que nous avons enfin été réunis.

Lyon, Efix et Pablo © Frédéric Malet, Efix Lyon, Efix et Pablo © Frédéric Malet, Efix

Il y a des villes que l'on traverse, que l'on apprécie, qui nous charment. Mais parfois, c'est le coup de foudre. On ne veut plus partir. Pourtant bien obligé, notre seule envie est d'y retourner, le plus vite possible. Venir y vivre semble le seul choix logique et naturel. Il y a sept ans je suis donc devenu Lyonnais. Et la magie opère toujours. 

Lyon a beau être la deuxième ou troisième ville de France (selon que l'agglomération soit comptée ou non), elle reste à taille humaine. Avec moins de 50 km2 de superficie, il est assez facile d'en appréhender les différents recoins, à pied, en vélo'v (la version locale des Vélib parisiens) ou en trottinette, sans forcément avoir recours aux transports en communs (bus, tram, métro), pourtant bien utiles aussi. 47,87 km2 pour être précis (source Wikipédia), c'est 5 fois moins que Marseille (240 km2), 2 fois moins que Paris (105 km2). En fait, des 10 premières villes Françaises, Lyon est la deuxième plus petite par la superficie après Lille.

Vous savez ce que l'on dit, tout ce qui est petit est mignon. Plus que mignonne, Lyon est une très belle ville, où il fait bon flâner sur les quais de Rhône ou de Saône, parcourir l'un des plus grands parcs urbains de France, celui de la Tête d'or dans le 6ème arrondissement, ou visiter son riche patrimoine : les quartiers du Vieux Lyon, la colline de Fourvière, la Presqu'île et les pentes de la Croix-Rousse sont inscrit.es sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Mais une ville, c'est aussi et surtout ses habitant.es, les rencontres que l'on peut y faire, les personnes qui la transforment et la rendent unique. Certaines des plus célèbres, comme les frères Lumières, Louise Labé, Antoine de Saint Exupéry, Paul Bocuse ou l'Abbé Pierre, peuvent être vues sur la fameuse "Fresque des Lyonnais", peinture mural de 800 m2 au tout début de la rue de la Martinière.

Montage - Fresque des Lyonnais © Frédéric Malet Montage - Fresque des Lyonnais © Frédéric Malet

En regardant la fresque de plus près, vers le bas à droite de Bernard Pivot, vous trouverez des rayonnages de livres portant sur leur tranche le nom de quelques Lyonnais.es contemporain.nes. Et tout particulièrement celui d'Efix, mon dessinateur de bandes dessinées préféré. François-Xavier Robert, dit Efix, est l'auteur en particulier de Putain d'Usine, adaptation BD du roman éponyme de Jean-Pierre Levaray, et de la série Mon amie la Poof.

Ma rencontre avec son œuvre fut un autre coup de foudre ! Un samedi matin, alors que j'étais encore rouennais, parti faire mes courses dans un hypermarché du centre ville rive gauche, je regardais sans conviction le rayon BD quand soudain... une pépite : une des premières versions du tome 1 de Mon amie la poof. Forcément intrigué par le titre, un rapide aperçu du contenu, tout en noir et blanc, ne pouvait que me convaincre de tenter l'aventure ! Au final, une claque visuelle, un humour communicatif, des personnages hauts en couleur, une histoire "sex, drug and Rock 'n' roll" attachante. Que demander de plus ?

Couverture d'en attendant Pablo © Efix Couverture d'en attendant Pablo © Efix
La série Mon amie la Poof compte cinq tomes (Moorad, Pablo, Monique, Emile et Ivan). Mais un petit carnet de croquis : En attendant Pablo, sorti 3 ans avant que je ne découvre la série, faisait défaut à ma petite collection. Il faut dire que ce petit bijou de 16 pages, jamais réédité, n'avait été publié qu'à seulement 500 exemplaires, signés et numérotés... autant dire, presque introuvable. Pire qu'une aiguille dans une meule de foin !

Et pourtant, après des années de recherche chez les bouquinistes de France et de Navarre, c'est à Lyon, ma ville d'adoption, que j'ai enfin pu trouver un exemplaire. La boucle était bouclée, deux coups de cœur venaient de se rejoindre et de se compléter.

Pablo, je ne l'attends plus. Mais les prochains albums d'Efix, je les attends toujours avec impatience, assis en terrasse sur les quais de Saône, les yeux perdus vers la colline de Fourvière, laissant le café du matin refroidir doucement.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.