Laurent Loty
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Un roman du réseau

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Billet de blog 3 sept. 2011

Le bouquet final : appel à interpréter à plusieurs l'ensemble d'Un roman du réseau

Chers lectrices et lecteurs d'Un roman du réseau, la diffusion des neuf livraisons du roman-feuilleton vient de s'achever. Pour conclure cette expérience littéraire et interprétative, je vous propose de clore le feuilleton de nos lectures par un bouquet final.

Laurent Loty
Chercheur au CNRS
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© Béatrice Turquand d'Auzay

Chers lectrices et lecteurs d'Un roman du réseau, la diffusion des neuf livraisons du roman-feuilleton vient de s'achever. Pour conclure cette expérience littéraire et interprétative, je vous propose de clore le feuilleton de nos lectures par un bouquet final.

Je lance donc un appel à rédiger non plus des commentaires sur chacune des livraisons mais des textes sur l'ensemble du roman. L'édition participative se transforme aujourd'hui même. Toute personne qui souhaite écrire un article portant sur l'ensemble du roman est chaleureusement invitée à le faire, et à devenir ainsi « rédacteur » de l'édition participative (même si, dans les faits, cette fonction était déjà acquise, la richesse des commentaires passés étant une contribution majeure à « l'édition participative » d'Un roman du réseau).

Au cours de cette expérience, une de mes surprises a été de constater que je comprenais de mieux en mieux la puissance et la profondeur d'un texte que pourtant je connaissais déjà. Je suis convaincu que cette compréhension progressive est liée au processus de diffusion en roman-feuilleton et de commentaire collectif en ligne. La diffusion en roman-feuilleton accentue et modélise des phénomènes fréquents pour la lecture d'un roman : lecture linéaire mais aussi interruptions et reprises en plusieurs fois, élaboration du sens par étapes, et par le souvenir des pages antérieures, etc. La découverte des significations du roman est stimulée par la multiplicité des perspectives et des styles des autres commentaires. Comme enseignant en collège, en lycée, à l'université, comme chercheur en histoire des textes et des idées, je crois avoir une longue expérience pratique du commentaire collectif et progressif, et un certain savoir sur la transmission pluriséculaire des textes, des mots, des idées. Toutefois, j'ai rarement perçu d'aussi près, je n'ai jamais vu aussi clairement, en direct, le processus de dialogue, de diffusion des idées, par lequel le sens émerge d'individus dans un collectif. Il me semble que cette expérience remarquable provient du dispositif choisi par Mediapart, et de la rencontre extraordinaire entre ce média et ce roman : Un roman du réseau met en œuvre dans la fiction même cette co-écriture des textes et des significations, processus collectif qui renvoie d'ailleurs à la question de l'organisation démocratique de l'économie et de la politique, que l'on sépare trop du domaine de la culture.

Tandis que l'interprétation d'Un roman du réseau progressait avec le temps, la plupart des commentaires ont augmenté en longueur et en densité. J'imagine que les articles à venir sur l'ensemble du roman feront entre une et trois ou quatre pages. Toutefois, que chacun se sente libre de développer davantage s'il le souhaite, voire de faire le choix de la brièveté, de l'éclairage dense et lumineux ! De même, l'invitation à commenter ou interpréter l'ensemble du roman permet une extrême diversité de contenu ou de forme, selon le principe de liberté à l'œuvre dans Mediapart et dans cette édition. J'ai évoqué sur la page du site « le jeu de taquin » consacrée à cette édition participative (ici) une grande variété de commentaires possibles. Les styles employés ont déjà associé le sensible voire le lyrique, le discursif et le savant, le poétique ou le philosophique. Pour les articles du bouquet final, on peut imaginer des interprétations psychologiques ou psychanalytiques, sociologiques ou politiques, idéologiques, médiologiques. Des commentaires centripètes ou centrifuges, des tentatives de synthèse, ou des analyses particulières sur un aspect formel, un personnage, un thème. Des textes pourraient reprendre en les développant des commentaires déjà esquissés sur des personnages ou des thèmes par ailleurs recensés dans le Jeu de taquin des Personnages & pseudos (ici) ou le Labyrinthe des thèmes () : Névo fascine ou irrite, Ida inquiète ou éclaire, Lessen surprend et séduit ; mais Emma et Pommeraye ont aussi récemment surgi. Les thèmes du Temps (et Achille et la Tortue), de la reproduction, de la paternité (et de la maternité) se sont imposés dans les commentaires, le thème de la représentation ou les formes de la narration, de l'énonciation ont commencé à être interrogés. Des thèmes non signalés dans le Labyrinthe des thèmes mériteraient d'y entrer, car ils ont fait leur apparition au gré des commentaires : la conscience et l'inconscience (et le dédoublement), le collage et le montage, Lessen et la dénonciation, les interactions complexes entre idéalisme et réalisme, la danse... On peut songer encore à des interprétations nourries de la Cuisine de l'âme de l'auteure, car une œuvre est toujours écrite grâce à d'autres œuvres (ici) ; à des réflexions au second degré sur les interprétations passées, à un texte sur les images de Béatrice Turquand d'Auzay, à une esquisse de bilan sur cette expérimentation éditoriale...

La vie d'un texte de haute densité littéraire (qui est densité du style, de l'émotion, du regard, de la pensée), cette vie ne doit pas s'achever avec la fin de sa diffusion en feuilleton, ni d'ailleurs avec sa sortie en livre imprimé (qu'il faudra bientôt préparer). Les vraies œuvres sont capables de s'enrichir de lectures et d'interprétations sur un temps long qui n'a aucun rapport avec les rythmes actuels de l'édition. Longue vie à Un roman du réseau ! Et qui sait si des internautes de Mediapart ne découvriront pas ce roman dans les jours ou les mois à venir, et n'auront pas envie de commenter chacune des neuf livraisons cette année ou l'année prochaine, ou de commenter les articles ultérieurs que j'appelle ici de mes vœux. Mais après avoir joué le jeu collectif d'un rythme hebdomadaire de parution des livraisons, il me paraîtrait élégant que cette édition participative achève sa première vie en beauté, en gardant le rythme, en esquissant une dernière figure de tango. Je propose donc, à qui veut poster un article, de le faire de préférence dans les quinze jours qui viennent, disons ce week-end, ou vers le vendredi 9 septembre (ou le 10 et le 11) ou encore vers le vendredi 16 (ou le 17 et le 18) et, si possible, au plus tard la semaine suivante, jusqu'au vendredi 23 septembre (ou le 24 et le 25). D'avance, merci pour le tempo ! (sans rancune à ceux qui seraient obligés de dépasser cette date).

Bonnes relectures et belles écritures !

* Note technique pour ceux qui n'auraient pas l'habitude de « poster un article » sur une édition participative (en cas de problème, vous pouvez me contacter, par la messagerie interne à Mediapart, ou à laurent.loty@univ-paris-diderot.fr) :

- cliquez sur « poster un article » dans la colonne de gauche de la page de l'édition participative : http://blogs.mediapart.fr/edition/un-roman-du-reseau

- dans la fenêtre qui s'ouvre, entrez : 1) un titre (pas entièrement en capitales, il sera automatiquement mis en gras) ; 2) des mots-clés séparés par des virgules (vous pouvez reprendre les mots-clés déjà utilisés, voire en ajouter : « Taquin, Névo, réseau, roman, Odds, Lessen, Ida, sociologie, psychanalyse, littérature, roman du réseau ») ; 3) le corps du texte, sans répéter le titre (si on rédige d'abord sur un document avec le logiciel Word, il vaut mieux l'enregistrer en RTF avant d'opérer un couper/coller) ; ne pas tenir compte de « audience », « fichier attaché », « vignette »

- pour séparer le début du texte (le « teaser » des pages d'accueil de Mediapart) du reste du texte accessible par « lire la suite », placez le curseur à l'endroit voulu (après environ deux à trois lignes) et cliquez sur la dernière icône des outils disponibles pour le corps du texte

- cliquer sur sauvegarder.

Merci de me prévenir lorsque vous aurez posté votre article. Pour conserver l'harmonie esthétique de l'édition, j'ajouterai moi-même à côté du teaser une image issue du travail de Béatrice Turquand d'Auzay (probablement le jeu de taquin aux cases toutes remplies). Ce qui n'empêche pas d'intégrer d'autres images dans le corps des articles.

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