OUI, "la culture est le levain" de l'Alsace comme de l'Europe.

Le 6 avril se terminaient  le Forum franco-allemand de Strasbourg et la préparation du référendum sur la Collectivité Territoriale d'Alsace. Reprenons donc l'expression lancée hier par Barbara Engelhardt, conseillère artistique pour le festival Premières, à l'Aubette à 17h 20, à la fin de son débat bilingue animé par William Irigoyen d'ARTE, où dialoguaient avec elle Catherine Trautmann, eurodéputée, ancienne ministre de la Culture, et Bernard Fleury, directeur du théâtre Le Maillon à Strasbourg : "La culture est le levain" davantage que "le ciment" des relations quelles qu'elles soient.

Contre les craintes récemment exprimées ici de "néo-libéralisme européen", d'attitudes alsaciennes "béates" ou d'ignorances "béantes", d'"autonomie"  revenante et rampante, optons pour une "vision" digne de l'Europe, pour le "changement" dans "l'intégrité", en suivant la terminologie même apparue hier dans ces colonnes.

Décloisonnons enfin les départements alsaciens pour agir et parler en cohérence, en convergence, en bonne intelligence du projet européen : construisons les conditions de l'union dans la diversité linguistique alsacienne pour favoriser les échanges avec nos voisins dans des langues dont on doit "goûter la saveur élargissant nos terroirs et touchant en profondeur" l'intelligence, selon les propos tenus hier par Catherine Trautmann : une "volonté commune" et lucide est seule à même de tisser "des liens permettant la création dans la durée", a renchéri Barbara Engelhardt ; à nous de cultiver d'abord "le courage", a-t-elle poursuivi. Bernard Fleury expérimente et développe quant à lui concrètement et quotidiennement "la culture de la jointure", à commencer par les Eurodistricts. Ainsi se fait jour "une exception culturelle commune" à l'Allemagne et la France : puisque la culture nous "inspire", ne nous enfermons pas dans des relations bilatérales, mais cultivons celles qui sont porteuses d'Europe.

D'une manière singulière parmi beaucoup d'autres entités, l'Alsace est en mesure de jouer ce rôle, y compris régional et national, de "levain" et de liant si elle opte aujourd'hui pour la synergie de la dynamique française, de la future Eurométropole et de ses propres atouts, donc pour son unité tant opérationnelle que rationnelle, tant humaine que citoyenne.

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