Billet de blog 14 janv. 2022

Friche-EPSAN à Hoerdt : vous êtes consulté, mais c'est eux qui décident !

Le collectif «Non à la nouvelle zone industrielle de Hoerdt » réagit dans un communiqué suite à la réunion publique de lancement de la consultation en vue de modifier le PLU local destiné au projet de ZAC sur la friche-EPSAN, qu'il conteste. Une réunion qui s'est déroulé mardi 11 janvier dans la salle culturelle de Hoerdt. Pour le collectif : la méthode et la manière n'y sont pas.

Bruno Dalpra
Citoyen engagé
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Un patrimoine bâti et une végétation abondante que les opposants ne voudraient pas voir disparaitre, malgré des garanties sur 8 bâtiments et 80 arbres. © collectif Non nouvelle ZI Hoerdt

Mardi 11 janvier avait eu la réunion de concertation sur la modification de Plan local d’urbanisme (PLU) de Hoerdt liée au projet sur la friche de l’ancien hôpital de l’EPSAN. Une « concertation », disons plutôt une « présentation du projet », car le projet ne changera pas !

– aller vers : 
Déclaration de projet emportant mise en compatibilité du plan local d’urbanisme de la commune de Hoerdt

Malgré le fait que ces lieux appartiennent à des acteurs publics :

  • 17 ha à l’EPSAN (la friche de l’ancien hôpital) ;
  • 20 ha au département (les terres aujourd’hui cultivées entre la friche et l’autoroute A35 ;

ils ont fait l’objet de manœuvres économiques dans une opacité décisionnelle que nous dénonçons, sans jamais inclure les citoyens à la réflexion. Dans d'autres villes, les citoyens sont inclus lorsqu'il s'agit de penser l'avenir de lieux qui ont une histoire forte, c'est une volonté politique. Ici un beau jour, on apprend que les dés sont jetés, que c’est vendu, circulez, il n’y a rien à redire.

Les citoyens sont finalement invités à une concertation. La communauté de communes leur demande leur avis, mais en réalité, ça ne changera rien. Tout est déjà décidé pour eux. Monsieur Riedinger, président de la Com Com et maire de Hoerdt, nous a expliqué mardi, que les élus avaient le pouvoir décisionnaire parce qu’ils étaient nos représentants issus d’une élection représentative. Vous comprenez, c’est ça la démocratie.

Seulement nous, nous contestons la méthode.

Nous sommes inquiets pour ce site, pour ces étranges décisions prises dans le dos des citoyens, pour ce manque d’idées pour un lieu historique, un lieu de commun, et les champs environnants. Inquiets que le mot "friche" soit un passe-droit pour artificialiser comme avant. Nous ne sommes pas « opposants » mais vigilants. Nous voulons simplement exercer notre devoir de citoyennes et citoyens responsables qui voient que des champs ont été sacrifiés en 2018 pour une deuxième zone à Hoerdt qui ont poussé sans prévenir, et que 3 ans après ça recommence pour une troisième zone sur des champs.

Oui le projet est bien ficelé, il y a des arbres, de la compensation (c'est obligatoire aujourd'hui)… on a compris. On a compris, même si de nombreuses études montrent que la compensation n'est quasi jamais vérifiée dans les faits et ne remplace jamais ce qui a été détruit (1). Mais dans la séquence « éviter-réduire-compenser… », le premier terme est « éviter ». Et nous pensons qu’il aurait pu être évitable de bétonner des champs.

Oui une petite partie des bâtiments sont gardés, oui c’était difficile, oui oui… on a compris ! Mais on a aussi on a compris que le seul mot d’ordre est « ECONOMIE », comme si le seul moyen de faire de l’économie était de bétonner des champs de manière irréversible (au lieu de réutiliser des endroits déjà artificialisés). Des champs que l’on détruit pour vos plans business à court terme. Des champs qui sont d'ailleurs eu même une source d'économie, depuis des siècles... l'économie existe au-delà des zones d'activités...

– lire aussi :
Aménagement de l'ancien hôpital de Hoerdt : tout est déjà acté !

Mais vous comprenez, même si on bétonne il y aura quelques arbres préservés, d’autres plantés mais qui mettront 30 ans pour être majestueux, en attendant, ils seront jeunes, faibles, auront peine à pousser, et puis les bâtiments respecterons un nuancier de couleurs… alors, une fois encore circulez !


(1) "Dans 80 % des cas, les mesures de compensation ne permettent pas d'éviter une perte de biodiversité" voir étude "La compensation de la biodiversité : Certitude de la perte nette mais incertitude du gain net" : https://www.sciencedirect.com/.../pii/S0006320718315805...

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