Balade printanière et artistique au cœur historique de Marseille

En ce printemps 2016, le deuxième arrondissement de Marseille est plus que jamais le territoire des Arts, de la culture et de l'artisanat, avec ses musées, ses créateurs du Panier et de la rue de la République. Les visiteurs n'ont que l'embarras du choix !

Picasso, "un génie sans piédestal" au MuCEM jusqu'au 29 août 2016 © Photo : Philippe LEGER Picasso, "un génie sans piédestal" au MuCEM jusqu'au 29 août 2016 © Photo : Philippe LEGER
Sur l'Esplanade du J4, le Musée des Civilisations de l'Europe et de la Méditerranée présente du 27 avril au 29 août 2016 une grande exposition de 270 oeuvres de Picasso, « un génie sans piédestal ». 
« En mettant en miroir des chefs-d’œuvre de l’artiste avec des objets-références issus de ses riches collections, le MuCEM s’attache à montrer comment Picasso, tout à la fois inscrit dans son époque et attaché à ses racines, a nourri son travail d’influences issues des arts et traditions populaires. » 

À proximité immédiate du J4 (moins de 5 minutes à pied), au 12 rue de la cathédrale, dans le quartier du Panier, la galerie Polysémie met « Georges Bru à l'honneur » (c'est le titre de l'exposition) jusqu'au 28 mai.
Une belle occasion de découvrir ou redécouvrir une oeuvre surréaliste, étonnante, et d'acquérir pour un prix, pour l'instant accessible, un dessin d'un artiste en passe d'être reconnu comme l'un des très grand Maître du dessin.

La Chef de Gare - Georges BRU © Photo dossier de presse Galerie Polysémie - TDR La Chef de Gare - Georges BRU © Photo dossier de presse Galerie Polysémie - TDR
Deux mois d'expositions à la galerie Polysémie, la Halle Saint Pierre à Paris, le centre d'art contemporain de Châteauvert, le musée Ingres de Montauban, un livre... et une spécialiste en la personne de Francesca pour faire apprécier son art... Eh bien... voilà ce qui s'appelle une année favorable à Georges Bru !
Dans le cadre d'une convention conclue entre l'illustre et vénérable université « La Sapienza » (La Sagesse) de Rome et la galerie Polysémie, Francesca poursuit sa formation et sa spécialisation dans l'Art contemporain. Grâce à elle, les visiteurs qui le désirent, peuvent approfondir leur connaissance du surréalisme et appréhender en pleine lumière l'œuvre de Georges Bru.
Du 6 mai au 28 mai, dans le cadre du Printemps de l'art contemporain, organisé par Marseille expo, la galerie Polysémie présentera un accrochage totalement renouvelé des dessins de l'artiste (vernissage : vendredi 6 mai, de 18 h à 22 h).


L'artiste designer Frédérique Bauwens du Ghalia Noir (2014) © Photo : Philippe LEGER L'artiste designer Frédérique Bauwens du Ghalia Noir (2014) © Photo : Philippe LEGER
Au 27 rue de l'Évêché (parallèle à la rue de la Cathédrale), le photographe Patrice Terraz expose dans son atelier-galerie des photos du Panier prises au début des années 80. 
Depuis son ouverture, vendredi dernier, ce lieu d'exposition ne désemplit pas, attirant les habitants qui retrouvent leurs jeunes années. 
Sur les photos, on se rend compte aux crépis des façades combien le cœur historique de Marseille a été réhabilité au cours de ces dernières années.
« Son embellissement va se poursuivre, tout comme sa piétonisation », c'est le souhait de Lisette Narducci, maire du 2e secteur (2e-3e arr.)

De gauche à droite : Georges Bru ; Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arr. ; un collaborateur de mairie du 2e secteur ; François Vertadier, directeur de la Galerie Polysémie. © Photo fournie par la Galerie Polysémie TDR. De gauche à droite : Georges Bru ; Lisette Narducci, maire des 2e et 3e arr. ; un collaborateur de mairie du 2e secteur ; François Vertadier, directeur de la Galerie Polysémie. © Photo fournie par la Galerie Polysémie TDR.

L'élue s'investit sans compter depuis une vingtaine d'années dans la réhabilitation de ce quartier pour faire revivre sa culture et ses traditions, relancer son économie. 
Grâce à sa réhabilitation, l'arrivée de nouveaux acteurs... pas seulement ceux du feuilleton « Plus Belle la Vie » !  et la dynamique impulsée par Euroméditerranée, le Panier a fait sa révolution culturelle. L’événement Marseille Provence 2013, capitale européenne de la culture, et de talentueux professionnels du quartier ont boosté toute l'économie du cœur historique.
Le vénérable quartier du Panier est le dernier avatar de l'antique Massalia des Grecs. C'est un lieu chargé d'Histoire... plus de 2 600 ans.

De gauche à droite : Pauline Aubry, Aurore Anaya, Emmanuelle Gastaldi, Antonin Rodet et Guillaume Miard. © Photo : Philippe LEGER De gauche à droite : Pauline Aubry, Aurore Anaya, Emmanuelle Gastaldi, Antonin Rodet et Guillaume Miard. © Photo : Philippe LEGER
Grâce au passage de Lorette, on s'achemine vers la République des Créateurs, un magasin saisonnier. Hé oui ! La rue de la République se refait une jeunesse... grâce aux jeunes créateurs et leurs concept stores. La voie a été ouverte en 2014 par la boutique « TULAVU l'Artyshop », à quelques mètres de cette grande artère, au n°5 de la rue Félix Eboué en face de la place Sadi Carnot.* Ses créateurs, Pauline Aubry, Aurore Anaya, Emmanuelle Gastaldi, Antonin Rodet et Guillaume Miard, font aujourd'hui figure de pionniers. Leur entreprise a fait des émules.
Les promoteurs de cette artère haussmannienne et commerçante, la plus longue d'Europe, encouragent les jeunes créateurs à s'y installer.
Aujourd'hui, les concept stores et autres lieux sympathiques, branchés, s'y multiplient comme des petits pains. 
Inséparable de la culture tout court, la culture physique a retrouvé ici droit de cité après l'ouverture au passage des Folies Bergères (accessible depuis le 39 rue de la République) d'un club de sport : 1900 m² répartis sur 3 niveaux ! Ouvert, cette année il ne désemplit pas ; on y fait toujours la queue pour s'inscrire (votre serviteur a essayé). 

L'antique Masslia - maquette exposée au Musée d'Histoire de Marseille. © Photo : Philippe LEGER L'antique Masslia - maquette exposée au Musée d'Histoire de Marseille. © Photo : Philippe LEGER
Par la rue Henri Fiocca et en traversant la rue Henri Barbusse, on arrive devant le Jardin des Vestiges, on le traverse et embarque dans le Musée d'Histoire pour un parcours vivant et attrayant qui permet de découvrir les 26 siècles d’existence de la plus ancienne ville de France, et de naviguer au milieu de 4000 pièces exposées et d'une centaine de dispositifs multimédias. 
Depuis peu, un espace du Musée d'Histoire est consacré au Mémorial de La Marseillaise, notre hymne national.
On peut aussi revenir sur ses pas par la Grand Rue et se rendre au musée des docks romains, situé 28 place Vivaux. Il présente les vestiges d’un des rares entrepôts commerciaux romains connus dans le monde. Le musée s'est érigée sur le site-même de leurs découvertes. Avec un peu d'exagération marseillaise, on pourrait affirmer qu'à quelques mètres sous terre, on retrouve la plage, le sable dans lequel sont plantées les amphores, comme les Romains les avaient disposées ou presque. 
Ce n'est là qu'un tout, tout, petit aperçu des visites et des nombreux télescopages offerts par cet arrondissement qui rassemble la moitié des musées de la plus ancienne ville de France.
Ce deuxième arrondissement serait davantage visité et apprécié avec une signalétique plus appropriée. Un centre ville se visite à pied ! À Marseille, on passe plus de temps à chercher son chemin qu'à visiter ces lieux intéressants. Il n'est pas rare de se faire interpeler rue de la République par des touristes désespérés. Ils ne savent plus si le Vieux Port (ou la Joliette) est devant... ou derrière eux ! Autour de l'Hôtel de Ville et à proximité du Vieux Port, nombre d'entre eux, du moins ceux qui viennent sans guide, sont condamnés à la « galère ». Elle n'a rien de royale.
Dans la métropole phocéenne, l’ingénierie touristique et culturelle semble encore à ses balbutiements. Philippe LEGER


*Sous le nom de rue Impériale, la plus longue artère haussmannienne d'Europe a été inaugurée en 1864 par Napoléon III et l'Impératrice Eugénie.  



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