Naissance d'Euroméditerranée : du rêve américain au rêve euroméditerranéen

« Marseille Europort du Sud et demain métropole d'une Californie méditerranéenne. » Defferre définit ainsi en 1966 son ambition pour Marseille mais refuse le regroupement avec les communes environnantes, privant sa ville de ressources. Après avoir touché le fond du caniveau, la doyenne française renaît avec le projet Euroméditerranée, lancé en 1995 sous la municipalité Vigouroux.

« Marseille Europort du Sud et demain métropole d'une Californie méditerranéenne. »
En 1966, avec cette formule lapidaire, le maire de la 2e ville de France, Gaston Defferre, définit son projet et enflamme l'imagination de ses concitoyens.
La métropole phocéenne a-t-elle les moyen de réaliser cette ambition ?
Sous la municipalité Defferre, elle refuse de se regrouper avec les communes environnantes comme le souhaite l'État. Se privant ainsi de précieuses ressources financières, indispensables à la poursuite de son développement.
En 1986, le professeur Robert-Paul Vigouroux (PS dissident), est désigné comme maire par ses paires suite au décès accidentel de Gaston Defferre. Il ramasse au bord du caniveau une ville dévastée, ravagée par le chômage et l'exclusion sociale, en proie aux « divergences politiques », gangrénée par les clans et les pratiques clientélistes, mafieuses (elles ne sont pas apparues sous l'ère Defferre, elles existaient déjà avant-guerre).
La  doyenne des villes françaises est ruinée. Sans futur.
À la fin du mandat de Vigouroux (1995), Marseille a amorcé un virage à 180°. Elle joue collectif. Elle amorce sa métamorphose avec Euroméditerranée, programme de réhabilitation urbaine qui vise aussi à faire de la doyenne des villes de France un pôle sud  de valorisation des échanges haut tertiaire. Les financements de l'Europe, de l'État et des autres collectivités territoriales sont acquis. La donne a changé. L'espoir renaît. Marseille a retrouvé une ambition internationale dans l'espace euro-méditerranéen et au-delà.

L'importance stratégique de Marseille
En mettant en avant son port et l'étendue de son hinterland ; son ouverture sur la Méditerranée et sa position dans l'ensemble européen, à la dimension américaine, Defferre avait souligné dans les années 60 l'importance stratégique de Marseille pour l'économie française, mais aussi pour les voisins européens, suisses et allemands...
En phase avec l'ambition du maire de la seconde ville de France, l'État avait manifesté sa volonté d'accompagner le développement de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer (à environ 50 km à l'Ouest de Marseille, c'est la plus grande zone industrielle d'Europe), tout en encourageant un regroupement institutionnel dans la région urbaine de Marseille.
En 1966, sous le signe de « Marseille, Europort du Sud et sa région », les Journées économiques de Marseille* avaient réuni pendant trois jours 500 des plus importants décideurs, acteurs du commerce et de  l'industrie du Marché Commun : industriels de la Ruhr, commerçants de Brême, banquiers de Bruxelles, échevins d'Anvers, armateurs de Rotterdam et de Bâle, administrateurs de sociétés italiennes et luxembourgeoises, diplomates en poste à Paris, et de nombreux hommes d'affaires français. Et une foule de journalistes.
Pour les séduire, on n'avait pas lésiné sur les moyens : mini croisière de la Ciotat au port de la Joliette sur le Renaissance, un des 9 plus beaux paquebots de la flotte de commerce française, et des déplacements pour découvrir in situ le potentiel portuaire, industriel et sidérurgique prometteur de la région Marseille Provence.
Comme l'a rapporté l'envoyé spécial de la Gazette de Lausanne, René Lombard : « au cours de ces journées studieuses,  les spécialistes les plus qualifiés de Marseille et d'Aix, et des hommes comme M. Olivier Guichard, délégué ministériel à l'Aménagement du territoire, ont fait l'inventaire des possibilités, des chances, des besoins de la région. Ils ont écouté l'avis, les encouragements de M. Michel Debré, ministre de l'économie et des Finances, et de M. Edgar Pisani, ministre de l'Équipement. Mais les congressistes ont pu contempler aussi l'étendue et constater les progrès du centre pétrolier de l'étang de Berre; admirer l'envol léger des hélicoptères et d'autres superfrelons de l'usine Sud-Aviation de Marignagne, qui emportent vers le ciel jusqu'à cinq tonnes de charge utile ; jeter, à Cadarache, un coup d'œil ébahi sur l'eau d'un bleu maléfique du réacteur de la piscine Pégase... » (« Marseille se veut Europort du Sud et demain métropole d'une Californie méditerranéenne » - 14 juin 1966).

1966 - « Voilà pourquoi Marseille et sa région peuvent devenir bientôt non seulement un des plus séduisants jardins de l'Europe, mais aussi, avec un peu de travail, la métropole de la Méditerranée occidentale »
Dans son article, le journaliste suisse relève que les chantiers de la Ciotat (qui poursuivent leur expansion) sont confrontés à la crise mondiale. Il est surpris par « la rareté des navires qui sillonnent la mer aux approches de la Joliette... Le port de Marseille ne s'est pas encore relevé de la fin de l'empire colonial, accompagné par l'activité factice et brève de la décolonisation.... Le traitement facile des denrées coloniales, une des industries traditionnelles, sera de plus en plus accaparé par les pays producteurs eux-mêmes. Il importe de créer à Marseille de nouvelles industries, et le plus vite possible.... L'élite des hommes d'affaires marseillais est bien décidée à briser  le carcan économique où demeure encore enserrée Marseille... Il paraît raisonnable de faire appel aux investisseurs et aux industriels de la Communauté Européenne et de ses voisins, et aux armateurs et transitaire du Nord à travers l'axe Rhône-Rhin, pour s'efforcer de placer Marseille, par la diversification de ses industries et la renaissance de son port, au rang de métropole provençale et Méditerranéenne.
Il ne manque pour cela ni l'espace, ni l'eau, ni les hommes... Les Bouches -du-Rhône sont le seul département français qui ait, par rapport à tous les autres et même vis à vis de Paris, une balance démographique excédentaire, et cela à tous les étages de la pyramide des âges. Il « descend » à Marseille plus de Parisiens qu'il ne « monte » de Marseillais dans la capitale ! C'est dire que la région est un réservoir de main d'œuvre exceptionnelle. Voilà pourquoi Marseille et sa région peuvent devenir bientôt non seulement un des plus séduisants jardins de l'Europe, mais aussi, avec un peu de travail, la métropole de la Méditerranée occidentale. Au centre de transit toujours à développer peut et doit d'ajouter un important centre industriel. Le maire de Marseille, M. Gaston Defferre, dans une allocution, a formulé ainsi son ambition : ” Nous pensons que dans l'avenir, si nous savons agir avec assez de détermination et de discernement, nous pourrons faire de cette région la Californie de la France et de l'Europe” » .

1986 - Mort de Gaston Defferre. Vigouroux ramasse une ville exsangue au bord du caniveau
À la mort de Gaston Defferre, son successeur Robert Vigouroux trouve une ville ruinée. Marseille est durement confrontée à la mutation de son appareil industriel et portuaire, à la disparition de nombreux emplois, à l’accentuation des phénomènes d’exclusion sociale et la paupérisation des quartiers centraux.
Marseille croule sous les dettes, elle est au bord de la cessation de paiement, le taux de chômage représente 20% de la population active, les habitants la fuient au rythme de 15 000 par an. Le bilan est accablant : En l’espace de vingt ans, Marseille a perdu 200 000 habitants et 50 000 emplois. Marseille se vide. Marseille titube. Marseille se meurt au bord du caniveau.
Avec Defferre à sa tête, Marseille a rêvé mais n'a jamais su anticiper de manière cohérente et concertée son développement économique et urbain, tertiaire mais aussi industriel et de haute technologie. Contrairement à Aix-en-Provence qui, sous la municipalité de Félix Ciccolini, s'était dotée dès 1970 de l'Aura, Agence d'Urbanisme et de Programmation de la Région aixoise, une association 1901 ouverte aux citoyens... parmi lesquels des fonctionnaires retraités et ultracompétents.
Defferre a refusé d'associer sa ville à Aix-en-Provence... favorable à la métropole ! À l'époque, Aix était conduite par le sénateur Félix Ciccolini, membre comme lui du Parti Socialiste. Les Aixois, révoltés, finiront par changer d'avis. La rupture est illustrée par le tracé de l'autoroute  "la Provençale" (A8) établissant une coupure nette entre Aix et Marseille, le Nord et le Sud du département des Bouches-du-Rhône.
Les Marseillais ont payé très cher le refus de Gaston Defferre de regroupement de communes proposé par l'État. Il craignait de voir son leadership remis en cause par les communes communistes ou de droite qui entouraient sa ville.
Ces communes représentaient pour lui un environnement pire que la ceinture rouge de Paris ! Il ne leur a pas donné voix au chapitre ; par contre, il leur a balancé des patates chaudes : activités polluantes ; décharges et autres nuisances...
Dans les années 80, les communes environnantes vont capter les activités et les emplois des artisans et des entreprises fuyant les pratiques « clientélistes » et une ville de Marseille en plein délitement économique et social,  la privant d'une source vitale de revenus. 
À Istres ou à Martigues, le produit de la taxe professionnelle par habitant est quinze fois supérieure à celui de Marseille. » (1) 
En refusant d'écouter l'État, favorable à un dialogue et un regroupement avec les communes environnantes, Defferre a privé la seconde ville de France de ressources financières indispensables à son développement. Et sapé la confiance des grands investisseurs. 
C'est en vain que Defferre a essayé de réaliser son rêve d'une grande métropole marseillaise -  «Californie de la France et de l'Europe ».

 Projet de Centre Directionnel 
Defferre croyait en l'attractivité intrinsèque de la ville et pensait trouver les moyens de son renouveau auprès de grandes entreprises privées. Au milieu des années 60, il avait su en séduire quelques unes avec un ambitieux projet de centre directionnel, un complexe administratif et commercial de plus de 150 000 m2, directement inspiré du modèle de la Défense à Paris et des CBD (Centers Business District) nord-américains.
En relation avec la création de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, ce projet voulait affirmer le rôle de Marseille comme capitale économique et politique de l’aire métropolitaine et du sud de la France. « L’objectif était de constituer une centralité tertiaire porteuse de modernité. » (1)
En 1971, on a donc entamé la construction de la galerie marchande de la Bourse, du Centre méditerranéen de commerce international, d’un équipement hôtelier et d’un parking. Marseille a sacrifié dans l'opération une partie de ses vestiges grecs au niveau du « bunker », le Centre Bourse inauguré en 1976. Elle a effacé des traces de son passé glorieux. Suite à ce scandale, d'ampleur nationale, Marseille a été une nouvelle fois montrée du doigt. Le parlement votera en 2001 une loi « relative à l’archéologie préventive. »

 Marseille ne retrouve pas son dynamisme économique
Sous l'ère Defferre, la doyenne des villes de France va accumuler retard sur retard. Au début des années 70, contrairement à la plupart des autres villes françaises, elle n'a pas réhabilité son centre ville, elle ne l'a même pas rendu aux piétons. Il faut attendre 1977 pour assister à l'ouverture d'une première ligne de métro dans la seconde ville de France... 77 ans après Paris !
Dans les années 70, seule la première phase du projet de Centre directionnel est réalisée... Insuffisant  pour que Marseille retrouve son dynamisme économique.
D'autres programmes démarrent au début des années 80 : rénovation urbaine de la Butte des Carmes et du triangle Sainte Barbe, à l’Ouest de la rue d’Aix, et réhabilitation du côté Est de cette même rue. Marseille y perd une chapelle du Moyen Âge et des immeubles du18e, voire 17e siècle, en meilleur état de conservation que ceux du quartier du Marais à Paris ! En 1983, on commence à transformer l'Hospice des incurables en faculté des sciences économiques. En 1984, le Conseil Régional commence la construction de son Hôtel...
La mayonnaise ne prend toujours pas. Defferre décède brutalement en mai 1986.
Il s'ensuit une période de flottement. Des élus du Conseil Général en profitent pour mener une juteuse opération immobilière. Rue d'Aix, le côté gauche (en remontant vers l'arc de triomphe) avait été frappé d'alignement en prévision d'un élargissement de la voie. Des permis de construire sont quand même accordés ! Des immeubles vont surgir à l'emplacement des anciens... Le Conseil Général s'est porté caution en faveurs de certains de ses élus... qui en sont les propriétaires grâce à ses prêts ! Une pratique scandaleuse mais légale à l'époque ! Richement doté par les lois de décentralisation le Conseil Général, présidé par Lucien Weygand (PS), ne manquait pas de moyens financiers, à l'évidence.

Pour la première fois apparaît le nom d'Euroméditerranée 
Vigouroux est réélu en 1989 (cette fois-là au suffrage universel) sur la promesse de réaliser 50 projets. Il crée la « Mission à l’aménagement urbain » en la rattachant au Secrétariat général de la ville, et en la liant de manière étroite avec l’Agam – Agence d'urbanisme de la région marseillaise.
Cette Mission est une machine à fabriquer des projets. L'un d'eux, baptisé Euroméditerranée, reprend l'idée du centre directionnel souhaité par Defferre. À peine sorti du carton, le projet est remisé. Aucune suite concrète n'est donnée aux premières conclusions. À quoi bon relancer un projet ambitieux sans moyens financiers ? L'équipe de Vigouroux continue à travailler d'arrache-pied.
Elle tend l'oreille au propos de la CCI (Chambre de commerce et d’industrie) qui a les yeux tournés vers la Joliette. Elle y verrait bien un quartier d'affaires.
En 1990, la société de promotion immobilière Sari se porte acquéreur des anciens Docks des Douanes. Comme la CCI et Vigouroux, Jean-Pierre Pelletier, directeur général de la Sari, croit dur comme fer « à l’avenir de la ville et, plus encore, en celui du quartier qui va du Vieux Port à la Joliette et de la Porte d’Aix à la Canebière parce qu'il encadre le cœur historique de la cité phocéenne. »
« La reconversion des Docks, la rapide commercialisation de cette opération confirme la potentielle vocation tertiaire du secteur. La presse spécialisée ne tarit pas de commentaires élogieux sur la qualité de l’intervention. Elle tend à démontrer que rentabilité économique et valorisation du patrimoine ne sont pas en tout point incompatibles. » (1) Peu de Marseillais discernent dans la réussite de l'opération des Docks les premières lueurs du renouveau de Marseille, les premiers feux d'une ère nouvelle.

 Vigouroux : « nous sommes dans une véritable impasse. Il semble que l’on veuille voir Marseille rayée de la carte ! »
Au début des années 90, rien ne va assez vite pour le « milieu local. » On accuse le maire Robert Vigouroux « de manquer d'ambition ». Contrairement à la presse spécialisée, la presse locale fait chorus à l'accusation. La presse nationale emboite le pas. Elle reproche à Vigouroux de laisser perdurer une situation socio-économique et urbaine présentée comme des plus alarmantes.
Le maire peine à réunir les fonds nécessaires pour boucler son budget qui, en 1992, avoisine 7 milliards de francs. La ville est dans l’incapacité d’autofinancer ses projets sans avoir recours à l’emprunt. La dette estimée à 11 milliards de francs en 1991, une somme qui, compte tenue de l'érosion monétaire équivaut aujourd'hui à 2, 4 milliards d'euros, la place dans le peloton de tête des villes françaises les plus endettées.
L'affaire est sur le point de virer au mauvais pastis. Seul contre tous, proche du lynchage médiatique, Vigouroux convoque la presse. Il réplique en dénonçant une situation «catastrophique»... « Au nom de divergences politiques, nous avons été lâchés par l’Etat et le Conseil général (NDR : il est présidé par Lucien Weygand, un élu du PS). Il conclut : « nous sommes dans une véritable impasse. Il semble que l’on veuille voir Marseille rayée de la carte !»

 Fin de mandat mi-figue mi-raisin pour Vigouroux 
Marseille est un port maritime qui commerce à l'international depuis l'Antiquité. Ses navires sillonnent tous les océans du monde. La CCI Marseille-Provence, avatar du premier bureau du commerce de l’Histoire, créé le 5 août 1599 et approuvé par les lettres patentes du roi Henri IV, est depuis toujours la doyenne mondiale des chambres consulaires. L'ambition de Marseille embrasse la planète. Elle ne se pense pas en terme de « pays », comme Aix, mais de métropole, méditerranéenne pour commencer...  Comme Defferre en 1966, Vigouroux voit grand. Il lorgne en direction de l'Europe en 1994... tandis que l'Europe, première puissance commerciale du monde, lorgne vers le Sud. Les regards se croisent.

La Commission européenne décide d'investir sur la région Paca 5,5 milliard d'écus (7,4 milliards d'euros aujourd'hui, en tenant compte de l'érosion monétaire).
« Selon Roux-Alezais, à la fois puissant président de la CCIMP Chambre de Commerce et d'Industrie Marseille Provence) et vice-président du Port Autonome – L'Europe ne peut miser sur sa seule extension des marchés à l'Est. C'est la chance de Marseille, qui constitue une ouverture méridionale au moins aussi valable que Barcelone et Gênes » (propos relevés par Jean-François Fournier du journal suisse édité à Genève, Le Nouveau Quotidien, du 11 janvier 1994 - page 27)
La France ne veut pas non plus être absente du nouveau paysage méditerranéen qui se dessine grâce à un partenariat inédit entre l'Union européenne et les pays de la rive sud. Le gouvernement Balladur met en phase la réhabilitation de Marseille avec les ambitions de la France et de l'Europe. On décide de faire de Marseille un « pôle sud de valorisation d'échanges haut tertiaire entre la France et les pays du Maghreb jusqu'au golfe Persique. »
« De concept, le grand quartier directionnel est en passe de devenir concret grâce à la récente décision d'Édouard Balladur de le financer à 50% via le budget de l'État » conclut le journaliste du journal de la cité de Calvin. La « messe » est dite.

 On ressort Euroméditerranée de la naphtaline
On ressort le projet Euroméditerranée, remisé quelques années plus tôt faute de fonds. En 1994, l'État, la Ville de Marseille et la Communauté Urbaine Marseille Provence Métropole, la Région Provence Alpes Côte d'Azur et le Conseil Général des Bouches du Rhône s'associent au sein de l'EPAEM (Etablissement Public d’Aménagement Euroméditerranée). Financée à parité par l'État et les collectivités territoriales, le projet bénéficie aussi de fonds européens. De l'argent comme s'il en pleuvait ! 
En 1995, l'UE et les pays méditerranéens enclenchent le processus de Barcelone et lancent Euro-Méditerranée. Marseille lance Euroméditerranée. Les deux projets ne sont pas organiquement liés... Chacun vit sa vie mais la similitude des noms titille les imaginations et donne des ailes à l'ambition marseillaise.
Si les moyens financiers sont au rendez-vous, tout reste à faire.
L'année 1995 est aussi l'année du renouvellement du conseil municipal. Vigouroux jette l'éponge au début de la campagne... D'après les sondages, les listes à son nom ne rallient que 15% des suffrages. En se ralliant au Premier ministre Balladur (RPR), initiateur de l'EPAEM, Vigouroux a perdu les voix socialistes sans rallier le gros des voix du RPR, acquises à Gaudin.
Robert Vigouroux se retire avec dignité en transmettant le relai ou plutôt, la pioche, à son successeur Jean-Claude Gaudin... Non pas pour réaliser seulement le « grand programme de petits travaux » que ce dernier a promis à ses électeurs mais pour ouvrir le chantier d'Euroméditerranée. Vingt ans plus tard, le chantier est toujours en cours.... et Jean-Claude Gaudin, toujours maire de Marseille ! Philippe LEGER

 

Billet précédent : « Euroméditerranée : Marseille... avant »

* Journées organisées à l'initiative de Pierre Terrin, président de l'Union Patronale interprofessionnelle des Bouches-du-Rhône,

  1. « Opération Méditerranée une affaire d'État - Marseille» par Brigitte Bertoncello, Rachel Rodrigues-Malta et Jérôme Dubois. Janvier 2009. (POPSU - Plate-forme d'Observatoire des Projets Architecturaux et Urbains).

  2. Les mots « Euroméditerranée » et « Euro-Méditerranée » ne doivent pas être confondus :

  • Euroméditerranée renvoie à une opération de rénovation urbaine dans le cadre d'une opération qui vise à l'origine à faire de Marseille le « pôle sud haut tertiaire de promotion et valorisation des échanges entre la France et les pays du Maghreb jusqu'au Golfe persique. »

  • Euro-Méditerranée : l'expression renvoie initialement au « forum de Barcelone », puis à partir de 2008 au « processus de Barcelone - Union pour la Méditerranée  ». 

     

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