Décès du philosophe syrien Georges Tarabichi

Georges Tarabichi vient de décéder à Paris à l'âge de 77 ans. À Marseille, ville multiculturelle et cosmopolite, ouverte sur le Sud, la disparition du philosophe rationaliste syrien, inspiré par l'esprit des Lumières, ne laisse pas indifférent.

Auteur d’une œuvre personnelle considérable, et traducteur en arabe de grands penseurs dont, entre autres, Marx, Hegel, Sartre... Georges Tarabichi laisse une trace lumineuse dans la littérature arabe.
« N'écrivant qu'en arabe, son ambition a toujours été de s’adresser, d’abord et avant tout, aux peuples dont il partage l’histoire et le destin. Sans doute est-ce pour cette raison que disparaît un des plus dignes fils de la Syrie dans l'indifférence générale des médias », nous fait observer Léon Kemal, un ancien responsable de publication algérien, réfugié politique à Marseille, à l'époque des heures noires de l'islamisme. 
« Comme philosophe d’abord, nous explique Léon Kemal, Georges Tarabichi a inscrit sa réflexion dans la veine rationaliste de la pensée arabe. Pour la revitaliser à l’aune de l’histoire contemporaine, il a renoué avec l’héritage intellectuel andalou et plus particulièrement d’Averroès... »

Nous invitons les lecteurs de Visages de Marseille a faire la connaissance sur le blog de Léon Kémal  de Georges Tarabichi, intellectuel syrien prolifique et engagé dans les luttes des peuples arabes pour la démocratie et la modernité. 
« Un penseur arabe de premier ordre » pour Léon Kémal.
Selon lui, la trajectoire et l'œuvre de 
Georges Tarabichi seraient, paradoxalement, « une illustration tragique et parfaitement éloquente de la place et du rôle, actuellement insignifiants ou presque, de l’intelligentsia progressiste au sein du monde dit arabo-musulman ». 

Gageons que l'étoile de Georges Tarabichi ne cessera de grandir dans le ciel d'Orient !

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