La mort kafkaïenne des isolés ayant fait un contrat obsèques.

Notre association reçoit depuis 2004 une mission particulière de la Ville de Paris : celle d’accompagner les Morts isolés. Cela nous rend parfois témoins de dysfonctionnements importants. Notamment quant aux contrats obsèques des personnes isolées.

Mme B est morte à son domicile.

C’est le service hygiène et décence de la police qui a été alerté.

Ces services ont rencontré la gardienne qui avait les clés.

La gardienne leur a dit que Mme B. avait souscrit un contrat obsèques. Et lui avait montré où elle rangeait ses papiers, et les coordonnées des personnes à prévenir.

Les policiers mandatés lui ont dit que ce serait le rôle du service enquête.

Ils ont emmené les clés après avoir emmené le corps et verrouillé la porte.

La mort était naturelle. Rien de suspect.

Du coup, la police n’a pas fait d’enquête.

La porte de l’appartement est restée fermée.

Sur un appartement dont le frigo était plein.

Mme B. en était propriétaire.

La police a attendu qu’une famille se manifeste.

Mais Mme B. est isolée. N’a plus de famille en vie.

Sauf une cousine par alliance dont les coordonnées sont dans l’appartement.  

 

L’autorisation d’inhumer a été accordée.

Le convoi a été organisé.

Ce convoi pris en charge par la ville est prévu ce lundi matin.

Au cimetière parisien de Thiais. Pour une durée de cinq ans.

Alors que Mme B. a payé d’avance ses funérailles dans le cimetière de Bagneux. Dans un caveau à son nom, pour une durée plus importante.

 

Nous tentons de stopper les funérailles.

Ce n’est pas normal.

Ni que cette dame ne puisse faire observer ses volontés d’être inhumée dans un caveau au cimetière de Bagneux.

Ni que des pompes funèbres aient encaissé de l’argent pour rien

Ni que la Ville de Paris prenne en charge les funérailles de cette dame, pour 5 ans, alors qu’elle a déjà payé de son côté une concession plus longue…

 

Cette histoire est urgente : départ prévu mardi.

Mais Etats Civils d’hôpitaux et personnel du Cimetière Parisien de Thiais nous ont déjà relatés des histoires similaires.

 

 

 

 

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