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Le Club de Mediapart mer. 4 mai 2016 4/5/2016 Dernière édition

Mort de Nadine : Homicide Involontaire?

Nadine*, de son prénom, avait 28 ans et une petite fille âgée d'un an.

Nadine arrivée en France il y a 2 ans, était hébergée via le 115 de Paris, qui l’avait orientée vers une plateforme famille de l’Ordre de Malte qui elle-même l’a envoyée vers une résidence hôtelière de la banlieue parisienne. Bien accueillie, dans un lieu où elle pouvait faire la cuisine, Nadine* était très active dans ses démarches : domiciliation administrative à Paris, instruction du RSA, en règle dans ses papiers, elle faisait également des démarches à Pôle Emploi, multipliant les rendez-vous les contacts, Nadine avait obtenu une promesse d’embauche chez un coiffeur, à la fin du mois.

Malgré tout cet accompagnement et son dynamisme Nadine* est morte il y a quelques jours et son décès aurait pu passer inaperçu.SDF

Inquiète de ne pas la voir deux jours durant, une voisine a brisé le silence. La maman était morte dans sa chambre, sa petite fille la veillant tout ce temps, sans nourriture, sans eau. Peut-être aurait-elle succombée aussi, sans son intervention. La petite fille a vu mourir Nadine* de complications médicales, dont un suivi aurait sans doute permis des soins. 

 

Nadine* était accompagnée de manière satisfaisante. N’était pas ballotée de lieux en lieux. Avait la stabilité et l’intimité que l’on peut souhaiter pour tous. Face à son décès tragique, que nous n’avons pu apprendre que par le maillage et la proximité des associations qui l’accompagnaient, nous nous interrogeons sur les autres familles. 

 

Vingt mille personnes, femmes et enfants, vivent aujourd'hui dans des hôtels en région parisienne. Le drame de Nadine* est la preuve même que nos dispositifs d'accueil ne sont pas adaptés à lutter contre l'isolement des personnes fragiles en particulier, trop souvent sans moyens de subsistance. Abritées souvent, contrairement à Nadine*, dans des conditions de promiscuité extrêmes, sans possibilité de cuisiner, sans équilibre possible pour leur famille et enfants,  elles sont victimes de tout type de spéculations sur la misère humaine.

 

 Hommages et compassion pour Nadine* (si sa famille parvient à réunir les fonds pour le rapatriement au pays… ) n'auront de sens que si nos décideurs interviennent en urgence pour parer à de nouveaux drames. Le respect du droit à la vie, du droit pour toute personne et sa famille à des conditions minimales d’existence, du droit des femmes, du droit des enfants…le refus que la mort soit comme programmée par défaut d’assistance, permettront à la nation de transmettre des valeurs fondatrices à tout « enfant » qui est la nation de demain.

 

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames les Ministres en charge de la lutte contre la précarité et l'exclusion, de la famille et du logement, vous déployez des moyens considérables pour faire en sorte qu'en hiver, personne ne meurt à la rue. Ce n'est pas seulement dans la rue et en hiver que l’on meurt d’abandon

* Le prénom a été modifié

 Collectif les Morts de la Rue

http://mortsdelarue.org/

 

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L'édition

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Vivre à la rue tue

À propos de l'édition
Au moins 377 sans domicile fixe sont morts en France en 2008. En réalité, certainement beaucoup plus. Mais l'Etat refuse de mesurer cette tragédie. Mediapart a donc décidé de s'associer au collectif Les morts de la rue pour dénoncer un double scandale: l'incurie des politiques publiques, et la volonté des gouvernants de cacher que la rue tue. La carte des sans-abri décédés cette année montre que toutes les régions sont touchées. Et rappelle que, quand on vit à la rue, on meurt en moyenne à l'âge de 49 ans, que ce soit de violence, de maladie ou simplement d'isolement.