Invitation aux funérailles de Michel, "SDF" du métro République

Nous vous informons de la mort de Monsieur Michel Hijasewic, mort sur le quai de métro direction Balard à la station République, le 5 novembre dernier. Il vivait là depuis des années. En lien avec les passants qui appréciaient son humour, son mode relationnel. Un de ses amis organise les obsèques et a collé des affichettes annonçant son décès. Nous y sommes tous invités.

Nous vous informons de la mort de Monsieur Michel Hijasewic, mort sur le quai de métro direction Balard à la station République, le 5 novembre dernier. Il vivait là depuis des années. En lien avec les passants qui appréciaient son humour, son mode relationnel. Un de ses amis organise les obsèques et a collé des affichettes annonçant son décès. Nous y sommes tous invités.

Peu avant sa mort, Michel avait parlé à plusieurs médias. Une double page le concernant était paru le 25 octobre dans "Vivre à Paris". TF1 l'avait filmé le dimanche précédent. Il semble que France 5 l'aie également filmé.
Il est fort rare que nous conviions les journalistes à des funérailles de personnes sans domicile. Mais Michel aurait été d'accord.

Voici ce qu'en dit Giacomo Leso, auteur de l'article d'octobre dans "Vivre à Paris" :

"J'ai interviewe il y a quelques mois Michel Hijasewic, l'SDF qui vivait depuis huit ans dans le métro, à République, ligne 8, direction Balard. La semaine dernière j'ai été contacté par le Collectif Morts de la Rue qui m'annonçait que Michel était mort le 5 novembre (apparemment par arrêt cardiaque). La cérémonie funèbre se tiendra le premier décembre.

Michel m'avait demandé de raconter son histoire, je la confie.
Homme d'esprit, et cultivé, aimant la littérature et la musique.

Une histoire familiale terrible et violente dès l'enfance (...)  puis la Dass, puis la rue avec des punks de Lille. La fête à Amsterdam, Lille, Bruxelles. Les mauvais potes, (...).  Une femme qui l'aimait mais qu'il a trompé. Une fille qu'il voulait retrouver sans y être parvenu.

Et après, son oeuvre: il était un poète, un conteur d'histoires plein d'esprit connu de tous à République, un dragueur avec beaucoup de succès avec les femmes, un artiste dessinateur .

Sur le quai il répondait au "mépris ordinaire" en fredonnant du Gainsbourg: "Peut-on jamais savoir par où commence et quand finis l’indifférence"...

Il parlait de lui et de la grande pauvreté, de la difficulté et du danger de vivre à la Rue avec les Média."

Nous vous informons par la même occasion d'autres décès à Paris sur la voie publique depuis début novembre. ils avaient entre 30 ans et 55 ans

  • Un homme métro St Sébastien Froissard
  • Un homme dans une sanisette de la rue de la Roquette
  • Un homme passage Dubaï
  • Un homme dans les locaux d'une université parisienne.

Et peu avant, fin septembre,

  • un homme non identifié, à la station Place d'Italie dans le métro.


Depuis début 2014 nous avons appris 380 décès de personnes sans domicile. Moyenne d'age d'environ 50 ans.
Et bientôt on nous annoncera le premier mort de l'hiver, l'éternel "marronnier", qui nous permet d'oublier que les personnes sans abri meurent toute l'année.

Collectif Les Morts de la Rue

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