L’état d’urgence sanitaire, ou la fable du corbeau et du renard revisitée

Avec la ratification du traité de Lisbonne, le corbeau parlementaire s’était déjà emparé du fromage du pouvoir démocratique. Aujourd’hui, avec les pouvoirs exceptionnels qu’il vient d’accorder à l’exécutif, c’est le renard gouvernemental qui file avec sa proie… Relisons d’urgence Jean de La Fontaine !

Le Corbeau parlementaire, sur son perchoir confiné,
Tenait en son bec le fromage démocratique qu’en 2008 il avait dérobé.
Le Renard gouvernemental, par l'odeur du pouvoir alléché,
Lui fit à peu près ce chantage :
Et bonjour, Monsieur du Corbeau,
Que vous êtes naïf ! Que vous me semblez pataud !
Sans mentir, si je vous vole dans le plumage,
C’est bien parce que la démocratie fait naufrage.
En ces temps de pandémie, vous me paraissez le dernier à traîner dans ces bois.
À ces mots le Corbeau parlementaire ne ressent pas l’effroi,
Et pour prouver qu’il n’a plus de voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard gouvernemental s'en saisit, et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout manipulateur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute.
Cette leçon vaut bien un fromage démocratique sans doute.
 Le Corbeau parlementaire, de son ancien pouvoir imbu,
 Ne comprit que trop tard, que le pouvoir, il ne l’avait plus.

Lorsque le « bon » peuple confiné aura cessé de se laisser hypnotiser par le doigt politico-médiatique qui détourne son attention, peut-être réalisera-t-il – lui aussi trop tard –  que la (vieille ?) lune démocratique s’est envolée…

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.