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Billet de blog 4 mai 2021

A la croisée du chemin… L’Autre !

Il avait eu ce coup de cœur pour la roseraie de cette maison délabrée de Lambersart : « La haie démesurée laissait entrevoir à l’intérieur du jardin, des centaines de roses, toutes plus belles les unes que les autres au milieu de cette apocalypse figée au début des années 1970 ».

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Parfois le hasard offre des clefs inattendues, des reconstructions, des projets, une vie apaisée et l’envolée de nouveaux écrits. Marc Moniot nous invite, au travers de ses derniers ouvrages, à entrer dans le labyrinthe des parfums de sa vie.

Son livre "Les roses de Lambersart" tome 1 est très structuré et veut être "jardin pour l’éternité". La rencontre de 37 roses, 37 filles (… amies, muses, modèles, écrivaines, lectrices…) ont permis ou permettent à l’écrivain poète de s’ouvrir à d’autres échappées ou styles littéraires, sans oublier cependant la poésie pure et classique, plume de ses premières amours épistolaires.  

Chaque rencontre ouvre un champ des possibles : le rêve habite l’âme, le corps et l’esprit du poète. Il en fait sa quête première. La délicatesse de la vérité, la finesse de l’analyse, la douceur des traits de caractère décrits, la pudeur des départs fugitifs, la candeur des échanges, le respect de l’incompréhension réciproque… inspirent très largement ce livre. "A la vérité, comme l’idée qu’on se fait d’une rose, je pense à l’idéal avant de constater la réalité".

Sa dernière rose sera la rose de Lambersart, celle qui exalte le tome 2 de toute sa vénusté… L’Autre !

Ce tome sera la rencontre moderne et même "mythique" de deux êtres cherchant flammèches à la découverte de l’autre, forgeant fusion d’âmes solitaires. Du presque rien au tout… signe d’éclosion de l’amour "rose d’écume, rouge de feu".

Des poèmes à fleur de peau vous charment au long de ces 2 tomes autobiographiques laissés à votre lecture personnelle.

A sa muse Ingrid, fleur précieuse recherchée toute sa vie et maintenant à ses côtés, Marc Moniot dédie ces 2 tomes mais aussi un 3ème tome en cours d’impression et écrit  :

"Une rose venue de ce roseau à plumes, la fameuse herbe de la pampa, dont les feuilles coupantes qui scarifient la peau, érigent des poèmes au cœur des écorchés : reflets de plumes… et de plumeaux…"

Les roses de Lambersart tomes 1 et 2 Marc Moniot © Edmey

"Les roses de Lambersart" de Marc Moniot, tomes 1 et 2 sortis le 19/4/2021 chez Edilivre. 

Marc Moniot, né en 1973, a passé la majeure partie de sa vie en Normandie. Il a, depuis peu d’années, rejoint le plat pays. Il habite désormais le Nord sur les terres d’une campagne que je connais particulièrement bien. Il a déjà publié, à ce jour, 49 livres et ses projets se bousculent.

Un bonus sur le Jaromil et un poème offerts par Marc Moniot.

"C'est à trois que nous créons le Jaromil en 1996, un club qui prônait l'émulation artistique. L'Imaginisme était le courant que nous entendions développer : la photographie, le dessin, la sculpture et la musique pour points d'ancrage, la littérature pour horizon.  Nous avions investi la bibliothèque de Caen pour rédiger des chroniques, échanger, aider les débutants à persévérer… Toute cette genèse est reprise dans mon livre "Les clefs du labyrinthe", d'où ressort des interviews croisées, la marque de fabrique originelle du Jaromil.
Personnellement, ce club m'ouvrait le chemin de ce que j’étais, vers une sorte de jardin de roses à venir…  C'est en découvrant des lettres ouvertes de Jean Ferrat à des gens influents sur le devenir des artistes face aux flots de médiocrité que la télé véhiculait, que je l'ai salué pour sa démarche et que je me suis permis de lui demander de parrainer Le Jaromil à titre honorifique. J'aime quand les intentions sont suivies d'actes, je n'aime que cela, et je savais Jean Tenenbaum parfait en cela, ses textes et sa musique ne pouvaient me tromper : il a accepté.
Après de multiples échanges, je lui ai adressé "36 chandelles", livre rebaptisé ensuite "Flammes et Cendres". Il m'a beaucoup appris intellectuellement, à aller vers l'autre, le comprendre, tirer le meilleur de soi-même, apprendre à ne jamais lâcher, à se relever d'événements douloureux, comme ceux qui ont vu le Jaromil cesser d'exister. J'ai tout appris de lui sur les choses humaines, je lui ai fait cette ultime confidence en le tutoyant pour la seule fois de ma vie : "Que serais-je sans toi ?".
Il reste aujourd'hui cette petite voix intérieure qui ressuscite sans cesse le Jaromil. Tout ce que j'ai accompli ces dernières années, c'est grâce à lui. De l’idée que ce club subsiste encore, découle l'absolu d'écrire dans le refuge de mirages ordinaires :

Le substrat des roses

Quand au bout de nos doigts,

Mille métamorphoses

Délivrent ce qui croît

Dans l'échange de roses...

Quand nous tendons la main,

Comme s'offre un poème

Sur le grand parchemin

De nos vies de bohème...

Quand nous ouvrons les bras,

Comme le font les vers

Au fertile substrat

De trésors au revers...

C'est le cœur tout entier

Qui transporte l'affable,

Pareil à l'encrier

Qui transmet l'ineffable...

            Marc Moniot, Radinghem-en-Weppes, mai 2021"

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