L’or bleu, joyau du siècle ?

« L'eau est un songe, et le ciel et tout ce qu'il contient matin et soir d'astres, de vents, d'oiseaux et de fumées est un leurre qui trompe sur la fuite du temps. Il y a des hommes de chez nous qui sautent par-dessus bord pour aller chercher une étoile dans l'eau…» Blaise CENDRARS (Bourlinguer).

L'or bleu © Edmey L'or bleu © Edmey

L’eau voyage de mers en océans, de fleuves en ruisseaux, à la surface de la terre mais aussi en nappes souterraines rythmant sa mélodie depuis la nuit des temps. Eaux salées, eaux douces, eaux pluviales, glaces polaires harmonisent l’écosystème, la biodiversité, le développement durable, l’environnement de la planète bleue. L’équilibre de cette boucle sensible et fascinante est cependant largement fragilisé par les convoitises, les folies, les errements, les spéculations, les curiosités, l’inconscience de l’Homme.

Et même si le corps humain, fait majoritairement d’eau, ne peut fonctionner sans or bleu, cet argument de poids n’émeut, pour l’instant, pas grand monde ! Parfois, les chemins de ce trésor inestimable s’entremêlent et bousculent un processus pourtant bien rôdé. La cacophonie s’installe, ici sécheresse et stress hydrique, là-bas inondation et chaos, l’eau ne fertilise plus la terre mais devient source de calamités. L’homme désemparé a pourtant sa part de culpabilité et de responsabilité. Il participe sciemment (ou pas) à l’intensification des pollutions, de l’urbanisation, au réchauffement climatique, à la pénurie d’eau …

L'or bleu © Edmey L'or bleu © Edmey
Après quelques jours de sécheresse printanière, le ciel s’est enfin décidé à déverser cette perle céleste absolument essentielle au cycle de vie de l’homme, du vivant et de la nature. Antoine DE SAINT-EXUPERY résume ce mystère de l’Espace, de l’Humanité, de la Terre en une phrase simple et complète, "l’eau n’est pas nécessaire à la vie, elle est la vie". Ange tombé du ciel, l’or bleu enlumine l’existence dans l’élégance d’un moment envoûtant, miroir du bonheur simple.

Rain... Rain...   (*)

Tendrement enlacés, les amoureux écoutent avec bonheur les larmes cristallines chuter sur la toile de leur parapluie. Rien ne les préoccupe plus excepté ce doux plaisir de se retrouver, tous les deux, sous ce petit coin de paradis !

La vie oscille entre réalités et rêves : les mots pour écrire la désolation ou l’enchantement, les clichés pour fixer l’instant, les paroles pour avouer la souffrance ou le bien-être, la prouesse pour décrocher une étoile, en savourer le charme et la poésie.

Dans une grande sagesse soudaine murement réfléchie et en symbiose solidaire,

l’homme peut-il encore changer favorablement le destin et l’enjeu de l’eau

et ainsi préserver le vivant et la beauté de la terre ?

L'or bleu © Edmey L'or bleu © Edmey

Âme en désespoir au tempo embrouillé,

L’eau est diablesse, poison de l’humanité.

Souffre-douleur de brouillaminis infâmes,

L’or coule bleu, empli de vagues à l’âme.

 

Enjeu du siècle et essence de la vie,

L’eau est sirène, offrant bienfaits à l’envi.

Sève de la nature et sang du vivant,

L’or coule bleu, équilibre du yin du yang. 

L’OR BLEU (EDMEY, le 28/5/2021)

(*)

Musique de Sergey GRISCHUK et peintures d’Alexander BOLOTOV. Alexander BOLOTOV, peintre ukrainien, diplômé de l’école d’art de Donetsk (peinture) a travaillé les illustrations des maisons d’édition puis a enseigné à l’école d’art pour enfant. Depuis 2008, inspiré par Andrey Shishkin et Ivan Aivazovsky, il se consacre totalement à la peinture en créativité libre (paysages, portrait, nature morte, art contemporain, peinture impressionniste et de style surréaliste). Son thème de la pluie dans la ville est le sujet le plus apprécié par le public : gamma noir et blanc entrecoupé de couleurs vives plus particulièrement les rouges et les jaunes.

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