Pourquoi ils sont toujours devant nous et et meilleurs que nous ?

pourquoi la démocratie allemande fonctionne si bien et notre pays si mal ?pourquoi les allemands sont-ils toujours meilleurs que nous y compris dans la gestion de cette terrible pandémie ?

                   Pourquoi ils sont toujours devant nous et et meilleurs que nous ?

Confinement autoritaire.

Ce n’est pas faire du « french-bashing » que d’en parler, car certains voudraient en parler après ou pas du tout. On peut les comprendre, surtout ceux qui voudraient ne pas en parler. Ce n’est une fois de plus pas très glorieux pour nous d’apprendre que nos voisins allemands sont toujours meilleurs que nous. Il faut bien reconnaître que dans la terrible période que nous traversons il y a un abîme entre la France et l’Allemagne dans la gestion de la pandémie de Covid-19. Il est difficile d’ignorer que nous avons 22 000 morts aujourd’hui, à plus de 15 jours de la fin annoncée du confinement, et moins de 5 000 chez nos voisins qui sont 83 millions d’habitants contre 66 pour nous. Il est difficile d’ignorer la gestion remarquable de la crise par la Chancelière et son gouvernement fédéral et la toute aussi remarquable gestion par les Länder allemands. La rapidité des décisions dans un État fédéral ne peut que nous surprendre comme les réponses adaptées selon les Länder. En France nous assistons à un désastre avec un confinement autoritaire et à des propos de guerre tenus par notre président de la République pour masquer toutes les défaillances, insuffisances et paroles contradictoires répandues à longueur de journée sur nos ondes et nos écrans. En Allemagne, pays profondément démocratique après le cataclysme hitlérien, le pouvoir est entre les mains d’un vrai gouvernement pragmatique, respectueux des institutions et sans grandiloquence. Notre système a montré une fois de plus ses faiblesses avec un chef guerrier qui fait des annonces sans grande concertation avec le Premier ministre ni les membres du gouvernement qui découvrent, en même temps que le bon peuple, que la fin du confinement ce sera le 11 mai et que l’école reprendra à cette date sans que le ministre responsable en soit informé préalablement. Si ce n’est pas hallucinant je ne sais pas ce que c’est alors ! Tout le monde ou presque sait que l’école ne reprendra pas vraiment à cette date.

La pandémie n’est pas une guerre.

En 1939, puisque notre président veut voir une guerre dans la situation actuelle, image reprise par tous les toutous de l’information continue avec une absence de regard critique, il faut se rappeler que la propagande diffusait l’idée que nous avions la meilleure armée au monde (excusez du peu), les meilleurs généraux, les Gamelin et autres Weygand, que nous étions invincibles parce que nous étions les plus forts. En trois semaines en juin 1940 nous subissions la plus honteuse et humiliante défaite. Le président allemand, Frank-Walter Steinmeir, dans une allocution du 11 avril d’une très grande tenue, a rappelé que la pandémie actuelle « n’est pas une guerre » mais constitue « un test de notre humanité ».

L’efficacité allemande.

Le 11 janvier 2020 tous les éléments d’inquiétude étaient déjà en possession de notre président et de sa ministre de la Santé d’alors. Nous avons tous entendu fin janvier que nous étions prêts à affronter une éventuelle épidémie (on ne parlait pas encore de pandémie), que nous disposions de tous les équipements nécessaires, que nos soignants étaient mobilisés, que les lits de réanimation étaient suffisants.  Nos dirigeants répandaient leurs fanfaronnades tandis que nos voisins allemands se préparaient et s’équipaient en masques, respirateurs et tests de dépistage à bas bruit dès la fin janvier. Nous avions 5 000 lits en réanimation et ils en affichaient déjà plus de 15 000 pour parvenir en un temps record à plus de 30 000 lits. C’est ça l’efficacité allemande, le pragmatisme, la tranquille assurance et une gouvernance démocratique dans un pays fédéral tandis que nous continuons à nous noyer dans une invraisemblable bureaucratie et un centralisme inefficace et pour tout dire ridicule. Les fameuses A.R.S. (agences régionales de santé) ont montré très rapidement leurs limites. Les préfets ont beau hausser le ton pour faire croire que nous avons un État fort, le petit peuple a compris depuis longtemps ce qu’il en était dans la réalité. Ce sont les petits qui sont grands et les hauts perchés tout petits.

Un seul décide de tout.

Que de mensonges répandus par nos dirigeants sur les masques, les lits, les tests et notre président voudrait  trouver de la confiance dans cette France en continuant à lui mentir et en lui faisant croire encore que notre gouvernement a mieux géré le coronavirus que la plupart des autres pays. Le président Macron s’est adressé au pays dans sa deuxième allocution avec une humilité un peu feinte, sans conviction trop profonde, le lundi de Pâques pour annoncer des décisions prises en solitaire et à l’abri des regards des ministres et dans le dos du chef du gouvernement. Un pays qui continue à fonctionner ainsi est promis à un bel avenir. Nous ne pouvons plus rester dans un système dans lequel un seul décide de tout avec une cacophonie politique et administrative qui empêche toute réponse adaptée à une gravissime crise. Qui a réellement écouté le Premier ministre dimanche soir parler pour ne rien dire de précis durant deux heures dans une conférence de presse avec une seule journaliste ? Il vaut mieux quitter le terrain guerrier et militaire pour plus efficacement s’occuper des Françaises et des Français. 

                           

 

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