Scénario pour le futur

Scénario pour le futur imagine un coup de force du président Macron, toujours au pouvoir, lors de son deuxième mandat.Le futur ne manque pas d'avenir!

Scénario pour le futur

Un peu d’histoire

Pour comprendre le futur possible il faut souvent se plonger dans un peu d’histoire de France. Les 18 et 19 brumaire de l’an VIII, soit les 9 et 10 novembre 1799, le général Bonaparte à son retour d’Égypte prit le risque d’un coup d’État. Le Directoire était en échec et tout allait mal. Conseillé par Talleyrand, Fouché et Sieyès, le général met les Directeurs à l’écart et installe le Consulat. Premier Consul, seul chef de l’Exécutif, il devient Consul à vie en 1802 et Empereur le 2 décembre 1804.

Le 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République française depuis trois ans, commet un coup d’État à quelques mois de la fin de son mandat alors que la constitution de la 2e République lui interdisait de se représenter. Il dissout l’Assemblée Nationale, rétablit le suffrage universel masculin (les femmes n’avaient pas encore le droit de vote), convoque le peuple à des élections et prépare une nouvelle constitution.

Le 2 décembre 1852 le Second Empire est établi et Napoléon III devient l’Empereur des Français.

Plus d’un siècle plus tard, en oubliant quelques soubresauts de l’histoire, nous arrivons au référendum anticonstitutionnel du 28 octobre 1962 décidé par le général de Gaulle, président de la République. Il avait organisé sur la base de l’article 11 de la Constitution de 1958 un référendum législatif d’initiative gouvernementale, alors que seul l’article 89 de la constitution pouvait être utilisé, pour faire approuver par le peuple l’élection du président de la République au suffrage universel direct. Depuis cette réforme tous les Présidents de la République ont été élus directement par le peuple français pour un mandat de 7 ans jusqu'au référendum du 24 septembre 2000, décidé par le Président Jacques Chirac. Cette révision constitutionnelle, approuvée par le peuple français, a fixé la durée du mandat présidentiel à 5 années. Le septennat laissait ainsi la place au quinquennat.

Une nouvelle réforme constitutionnelle, voulue par le Président Sarkozy, intervenait le 23 juillet 2008 et modifiait l’article 6 de la constitution de la VRépublique en décidant que :

« Le président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct.

Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». À partir des éléments historiques rappelés ci-dessus il devient intéressant d’imaginer le futur.

Le 7 mai 2017…

Emmanuel Macron était élu président de la République française et il devenait à l’âge de 39 ans le 8e Président de la VRépublique. Après deux ans de mandat, le nouveau Président s’est installé dans ses fonctions avec un certain autoritarisme, sûr de lui, quelque peu arrogant parfois et ne manifestant pas toujours un excès d’empathie pour le peuple français, du moins pour ceux qui peuplent la France d’en bas. Il traîne déjà, non sans raison, le peu enviable titre de président des riches et ce titre lui collera à la semelle des chaussures, un peu comme un chewing-gum, jusqu'à la fin de son mandat. Mais on ne voit pas à l’heure actuelle qui pourrait lui faire de l’ombre et lui succéder en 2022. Il est donc, à ce stade, vraisemblable qu’il sera réélu pour un deuxième mandat qui s’achèvera en 2027. Il aura alors 49 ans, à peu de chose près l’âge du Président Valéry Giscard d’Estaing lorsque celui-ci accéda à la présidence en 1974 et qui fut déjà qualifié du titre de jeune président.

Le 2 décembre 2026

Le  décembre 2026 pourrait être une date intéressante pour quelqu’un qui admire Napoléon. Cette réforme constitutionnelle de 2008 est bien embarrassante pour notre jeune Président. Comment a-t-on eu cette mauvaise idée de limiter les mandats à deux mandats consécutifs ? Il restera encore tant de choses à faire après tous ces « rois fainéants » qui ont exercé le pouvoir sous la Ve après le général de Gaulle ! La tentation sera forte de vouloir exercer un 3e mandat. Et puis, comme nous l’avons vu, l’histoire de France est peuplée de coups de force, au demeurant approuvés par le peuple français. À quelques mois de la fin de son deuxième mandat notre « empereur » pourrait, comme le fit Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851, envisager une nouvelle révision constitutionnelle pour modifier ce satané article 6 de notre constitution, introduit sans réflexion par l’ancien monde qui dirigeait alors la France ! 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.