Après Hollande le mou Macron le flou, mais où donc est le loup?

Notre République est à bout de souffle. La conférence de presse du président Macron donnée le 25 avril 2019 en est la dernière illustration.

La musique n’était pas désagréable au début de cette trop longue conférence de presse du jeudi 25 avril 2019. En fermant les yeux j’ai même vu, un bref instant, le képi du général et ses célèbres conférences de presse. Mais en ce temps-là il y en avait de la présence, de l’humour, des annonces. En rouvrant les yeux j’ai vu un président millimétré, tout était organisé, étudié, mis en scène, les chaussures étaient bien cirées, la cravate impeccable, la parole plus douce qu’à l’ordinaire. Le premier ministre (ou sinistre, c’est comme vous voulez) avait l’air faussement détendu par moments et les ministres, comme des écoliers trop sages, avaient leur petit carnet pour noter les ordres. Le tout finalement avait un air quelque peu ridicule au fond. Il s’agissait de clore le grand débat, de répondre aux angoisses de millions de Français et on retrouvait un monarque qui ne se trompe presque jamais ou si peu et si préoccupé au fond par sa seule image et son seul devenir.

Le ridicule était au zénith lorsque notre jeune président découvrait qu’il fallait replacer l’homme et l’humain au centre de la politique comme si on avait oublié que les hommes politiques ne peuvent avoir d’autre objectif que de s’occuper de leurs concitoyens et d’améliorer leur sort dans une société plus juste, plus équilibrée, plus respectueuse de la vie et particulièrement celle des plus faibles et des plus démunis. Franchement nous ressortir la doctrine sociale de l’Église comme un scoop il fallait l’oser ! Comme il fallait oser découvrir la situation difficile des familles monoparentales dont on parle depuis 40 ans. Le tout baignait dans une espèce de flou même pas artistique comme le travailler plus, la suppression des niches fiscales, la lutte contre l’évasion fiscale, la décentralisation, les maisons de service public, rebaptisées Maison France Service et pourquoi pas Maisons Macron tout simplement, dans chaque canton. Rien ne correspond au fond réellement aux attentes des Français sur une démocratie plus participative, sur les fins de mois difficiles, sur le climat alors que notre planète est en feu depuis des décennies et alors que l’humanité risque de disparaître. Très décevant notre président qui ne possède aucun souffle sauf celui de veiller étroitement à sa réélection en 2022. Le loup se cache dans ses propos.

Le loup c’est assurément le vrai visage de notre monarque avec une dose de mauvaise foi et beaucoup de roueries. Sur le retour de l’indexation des pensions sur l’inflation, pour ceux qui touchent moins de 2000 euros par mois, faut-il se battre les flancs et remercier notre dirigeant qui n’a même pas eu le courage de rappeler qu’il avait fait une grave erreur et une injustice majeure. Cette mesure est au demeurant anticonstitutionnelle car elle ne respecte pas l’égalité des citoyens. Ce sont toutes les pensions qui doivent être concernées parce qu’aucun retraité ne mérite d’être dépouillé de ce qui lui est dû. Et puis il faudra attendre 2020 pour les plus modestes et 2021 pour les autres mais entre-temps on continuera à faire baisser les retraites : c’est une tromperie d’un cynisme absolu. Lorsque quelques annonces sont particulièrement floues notre président se rappelle soudain qu’il y a un gouvernement qui doit gouverner aux termes de l’article 20 de notre constitution : « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation. Il dispose de l'administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement ». Soumettre le premier ministre et le gouvernement en porteurs de serviettes et de preneurs de notes est d’un autre âge et ne correspond plus à une démocratie voulue par les citoyens français. Nos premiers ministres sont aujourd’hui à l’image de notre pays, sans grandeur et sans honneur, des collaborateurs soumis aux caprices du prince.
Lorsqu’on a le courage de repasser le disque de cette conférence c’est uniquement la musique de la réélection de 2022 que l’on entend et rien d’autre avec de faux espoirs et un horizon sans charme.
« La vie m'a appris qu'il y a deux choses dont on peut très bien se passer : la présidence de la République et la prostate ». G. Clemenceau.

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