Covid-25 : les occidentaux se battent pour les denrées alimentaires

l'épidémie de covid-19 a mis en lumière l'impact de la délocalisation de nos industries et notre dépendance vis à vis de denrées essentielles comme les masques et les médicaments. Gageons qu'une hypothétique pandémie covid-25 ne mettra pas à nu notre incurie à conserver une agriculture nationale et par conséquent une autosuffisance alimentaire.

Nous l'avons échappé belle : même si la version covid-19 reste sale et morbide, si elle jette une lumière crue sur la délocalisation de notre industrie vers des pays à bas coût de main d’œuvre, nous n'avons pas subi de famine globale et généralisée en France.

Mais dans cinq ans, quand l'effet des accords de libre-échange avec l’Amérique du sud (Mercosur) ou avec l'Amérique du Nord (CETA) ou d'autres encore à venir, quand ces accords auront eu le temps de ruiner nos agriculteurs par leur mis en concurrence avec leurs homologues encore moins payés ou issus de pays dont le niveau de vie est plus faible, ou encore de pays ne respectant pas des normes sanitaires aussi contraignantes et sures que les nôtres, pourra-t-on encore espérer manger à sa faim s'il y a la moindre anicroche relative à l'approvisionnement alimentaire ?

La pandémie Covid-19 n'a pas vu de pénurie alimentaire, pourtant il y a bien eu des ruptures d'approvisionnement (farine, pâtes, etc.) dues principalement à l'incivisme de certains qui ont fait de très grandes provisions, aiguillés par la peur panique de manquer, en ces temps incertains. Situation qui s'est résorbée au fur et à mesure que ceux-ci sont redevenues plus confiantes dans l'avenir et que finalement la pénurie tant crainte, n'a pu être observée pour de vrai. Mais que se serait-il passé si, comme pour les masques chirurgicaux, il avait fallut faire venir par avion et au compte-goûte, de quoi nourrir tout le pays ? Que penser de ces masques qui avaient été achetés par l'état français, et qui au dernier moment sur l'aéroport ont été détournés par les américains qui en payaient trois fois le prix ? Ne sera-ce pas la même chose demain avec la nourriture en cas de tension alimentaire mondiale ? Imaginez alors la panique en France, le chacun-pour-soi, la guerre civile qui en découlerait ? Est-ce que les gens resteraient sagement chez eux comme pour ce confinement dont nous sortons, à se laisser mourir de faim, ou juste tiraillés par elle ? Ne verrait-on pas des vols, de cambriolages, des meurtres, pour un paquet de nouilles ou un bout de pain ?

Pourtant c'est bien ce vers quoi on se dirige tout doucement : les accords de libre-échange vont achever nos agriculteurs dont déjà on ne peut pas dire qu'ils roulent sur l'or, dans l'ensemble. Nous importerons alors de l'étranger l'essentiel des denrées nécessaires à notre alimentation quotidienne.

Mais, je fais sûrement fausse route, je suis sûrement pessimiste et indubitablement une mauvaise langue. Car nos dirigeants politiques actuels et futurs ne sont pas si imprévoyants, ils auront anticipé la constitution de réserves de nourriture permanentes et localisées sur le territoire national, afin de faire face à toute rupture d'approvisionnement alimentaire mondiale, comme ils ont pu le démontrer avec les masques chirurgicaux pour la pandémie covid-19.

 

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