"La Troisième Equipe" en poche, dans une édition revue et augmentée

Récit de souvenirs de l’affaire Greenpeace, trente ans après, "La Troisième Equipe" paraît dans la collection de poche Points avec une édition revue et augmentée, incluant les révélations qui avaient accompagné, sur Mediapart, sa parution : la confession publique du nageur de combat qui la dirigeait, le colonel Jean-Luc Kister.

Dans la collection Points Dans la collection Points
Il arrive qu’une enquête soit une bonne action. Qu’elle ne s’arrête pas au discrédit pour notre vie publique suscité par le dévoilement des parts d’ombre de la politique, de ses mensonges ou de ses corruptions. Qu’elle ne se contente pas d’illustrer par la négative nos exigences démocratiques collectives, nos espérances d’un monde plus vertueux, notre rêve d’une humanité plus soucieuse d’elle-même.

Bref, qu’elle fasse du bien, voire le bien, concrètement et efficacement, à hauteur d’individus. Par exemple, en délivrant certains des protagonistes des liens qui les entravaient, des fardeaux qu’ils trimbalaient, des silences qui les oppressaient.

C’est ce qui est arrivé avec ce livre dont la publication a prolongé l’histoire qu’il entendait clôturer en la racontant, trente ans après les faits. La première édition de La Troisième Équipe est parue en juin 2015 aux éditions Don Quichotte. Trois mois plus tard, la confession publique de l’acteur principal de l’affaire Greenpeace, l’homme qui posa les deux explosifs sur la coque du Rainbow Warrior dans le port d’Auckland, ébranlait l’opinion néo-zélandaise, tandis qu’elle surprenait, aux antipodes, les médias français.

Or, comme il l’expliquera lui-même à Mediapart, elle fut provoquée par ce livre qui, pourtant, prenait soin de ne pas révéler son identité (revoir ci-dessous la vidéo de mon entretien avec le colonel Jean-Luc Kister et relire ici l’article qui l’accompagnait).

Cette réédition en poche, dans la collection Points (n° P4371, 5,90 euros), est donc augmentée de ces révélations complémentaires, en épilogue et en postface. Je n’ai rien modifié au texte initial, sinon l’ajout de deux notes rectifiant des erreurs de détail.

Le dossier de l’affaire Greenpeace, en sa version journalistique, me semble désormais complet. Aux historiens, maintenant, de l’enrichir par leurs trouvailles selon le rythme, bien trop long en France, du libre accès aux archives étatiques. De fait, la parution de La Troisième Equipe suscita les réflexions de l’un dentre eux, Ivan Jablonka (à lire sur le site de La Vie des idées), autour du thème de la relation entre journalisme et histoire.

Le passé est toujours plein d’à présent, et l’événement provoqué par ce livre l’aura prouvé, au-delà de tout pronostic. 

Le dernier secret de l'affaire Greenpeace

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