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Billet de blog 14 mars 2008

Le crieur de journaux

D’où vient notre petit bonhomme ? Ce crieur de journaux devenu logo de Mediapart, qui fait écho et lien entre l’univers du papier et le monde du numérique ? Si l’intention est évidente, le cheminement de cette idée recèle une piste cachée…

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D’où vient notre petit bonhomme ? Ce crieur de journaux devenu logo de Mediapart, qui fait écho et lien entre l’univers du papier et le monde du numérique ? Si l’intention est évidente, le cheminement de cette idée recèle une piste cachée…

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Comment est née l'idée de cette résonance, dessinée par Brice Laurent, le graphiste de notre partenaire, La Netscouade, qui souligne d’emblée l’analogie recherchée par notre site, dans son atmosphère, ses usages et ses repères, avec la culture du papier, du journal que l’on feuillette, du quotidien que l’on vend à la criée ?

En fait, c’est un souvenir complice. Une réminiscence qui n’est pas sans rapport avec notre propos : l’indépendance de la presse, la liberté de l’information. Certains d’entre vous la partagent sans doute.

Premier indice :

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Deuxième indice :

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Il faut toujours citer ses sources : l'histoire de notre petit bonhomme commence avec l'aventure des éditions Maspero, dont il devint le symbole, au point de survivre, comme un fil reliant passé et présent, sur les couvertures des livres édités par La Découverte, la maison qui a pris la suite.

Au-delà de sa signification évidente, notre crieur de journaux s’est imposé à l’instar d’une petite madeleine proustienne : un hommage à une autre aventure d’indépendance et de liberté qui a profondément marqué ma génération, celle de la maison d’édition créée à l’enseigne de son propre nom par François Maspero. C’était en 1958, en pleine Guerre d’Algérie, dans un moment de grave crise politique qui vit la fin d’une République et la renaissance de ce présidentialisme français qui, hélas, nous occupe encore. 

Libraire, Maspero se fit éditeur selon une morale dreyfusarde qui exigeait d’énoncer les vérités dérangeantes et dissonantes. Sa première collection, qui plaçait ces éditions sous le signe de l'insoumission et de l'indocilité, se nommait « Cahiers libres », en explicite filiation des Cahiers de la Quinzaine créées par Charles Péguy, ce dreyfusard aussi inclassable qu’incontrôlable. Péguy qui, dans l'article manifeste du premier numéro desdits Cahiers, en 1900, se propose de «dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste».

Nous espérons ne pas être ennuyeux ou tristes. Mais nous nous engageons à dire les vérités, toutes les vérités de fait, sans lesquelles il n'y a pas de débat d’opinion véritable et élevé, fussent-elles bêtes, tristes, ennuyeuses, embêtantes, dérangeantes. Symbole d’intégrité, de droiture et de rigueur, François Maspero, en lançant ses « Cahiers libres », avait ajouté cette autre citation de Péguy l’ombrageux: « Ces Cahiers auront contre eux les salauds de tous les partis ».

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