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Le Club de Mediapart jeu. 28 juil. 2016 28/7/2016 Édition de la mi-journée

Un livre à contre-courant

Pour les musulmans, comme l’on dirait « Pour les minorités » ou « Pour la France », dans le souci du monde et des autres, du peuple et de la justice. Tel est le propos de mon dernier livre, en librairie jeudi prochain (sa présentation sur le site des éditions La Découverte), qui prend le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes.

Pour les musulmans, comme l’on dirait « Pour les minorités » ou « Pour la France », dans le souci du monde et des autres, du peuple et de la justice. Tel est le propos de mon dernier livre, en librairie jeudi prochain (sa présentation sur le site des éditions La Découverte), qui prend le parti de nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes.

Sous l’amicale pression de Hugues Jallon, nouveau directeur des éditions La Découverte, je prolonge et m’efforce d’approfondir avec ce livre le propos initial d’un article de Mediapart, mis en ligne le 18 août 2013 sous le même intitulé (le retrouver ici).

C’est à la fois un cri d’alarme et un geste de solidarité. Alarme face à la banalisation bienséante, intellectuelle ou médiatique, d’un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l’existence d’un « problème juif » en France. Solidarité avec des compatriotes que notre indifférence et nos silences laissent à leur solitude sous le poids de cette stigmatisation en paroles qui, souvent, est aussi une discrimination en actes.

Ce livre porte surtout la proposition d’un nouvel imaginaire politique français capable de transformer nos origines multiples, notre pluralité culturelle et notre diversité religieuse en chance et en force pour mieux affronter les désordres du monde et y apporter des solutions, plutôt que d’y ajouter du malheur. Ainsi on y trouvera divers retours, notamment sur la question de la laïcité et sur celle du colonialisme.

Volontairement à contre-courant, c’est un essai fait pour provoquer – et, si possible, rehausser – le débat, loin des anathèmes, des peurs et des haines. J’espère qu’il y parviendra.

Pour les musulmans est en vente cette semaine en librairie et sur Internet, à partir du jeudi 18 septembre (12 euros, 136 pages). Un débat est organisé le jour de sa sortie à l’Institut du Monde Arabe à Paris, à 18 h 30, animé par notre confrère Denis Sieffert de Politis, où je dialoguerai avec Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l’Unesco (toutes les précisions sont ici).

Pour suivre les autres événements ou rencontres organisés autour du livre, le mieux est de consulter le site des éditions La Découverte (c’est là).

Enfin, pour vous donner envie d’aller y voir, voici un court extrait des pages 101-102 et 127-129, précédé de la vidéo de mon passage sur RMC et BFM ce lundi 15 septembre, face aux questions de Jean-Jacques Bourdin.

© RMC

Sous toutes les latitudes, le sort fait aux minorités dit l’état moral d’une société. Aussi ai-je écrit ce Pour les musulmans de France en ne doutant pas qu’ailleurs, dans des pays où la culture musulmane domine, d’autres Pour s’écriront, en défense d’autres minorités, chrétiennes, juives, agnostiques, animistes, sans religion, non croyantes, voire issues de l’islam lui-même, des sunnites prenant le parti des chiites, et inversement. Au-delà de mon pays, j’écris donc contre cette guerre des mondes dans laquelle on veut entraîner les peuples en fabriquant des haines identitaires dont la religion est l’alibi.

Mais je suis en France, j’y vis, j’y travaille, et c’est ici même que, pour nous, se joue ce sursaut des consciences. Jamais les crimes commis par de prétendus musulmans ayant eux-mêmes sombré dans ces guerres sans fin ne justifieront qu’en retour, nous persécutions les musulmans de France. Jamais des dérives individuelles ou des conflits lointains n’autoriseront que, dans notre pays, on en vienne à assimiler en bloc des hommes, des femmes et des enfants à un péril qui menacerait l’intégrité, voire la pureté de notre communauté nationale, au prétexte de leur foi, de leur croyance, de leur religion, de leur origine, de leur culture, de leur appartenance ou de leur apparence. (...)

Notre empathie a trop longtemps fait défaut. Aux musulmans, aux Arabes, aux juifs, aux Noirs, aux Roms et aux Tziganes, etc. : à tous ceux qui, successivement ou en même temps, sont les victimes de cette idéologie barbare des civilisations supérieures contre des peuples maudits qui rôde de nouveau parmi nous. C’est dans l’espoir de rattraper ce retard que j’ai voulu lui opposer, ici, l’expérience du monde, du divers et du pluriel, qui a fait de nous des Français.

J’en suis un, parmi des millions d’autres, et je n’ai d’autre titre que celui-là pour justifier ce livre. Celui d’un Français qui ne se réduit pas à son origine. Né en Bretagne, de parents bretons, l’un élevé catholique, l’autre élevée protestante, je n’ai pas été baptisé. J’ai grandi outre-mer jusqu’à l’âge de dix-huit ans, loin de la France hexagonale, en Martinique puis en Algérie (après l’indépendance) qui sont, en vérité, mes vrais pays d’enfance et d’adolescence, mes patries de jeunesse.

J’ai donc été façonné par une diversité de cultures (bretonne, antillaise, créole, caraïbe, maghrébine, arabe, berbère, française, etc.) où se jouent diverses influences spirituelles (catholicisme, protestantisme, vaudou ou quimbois, islam, etc.) jusqu’à celle, d’un judaïsme diasporique, que m’a apportée la famille construite avec ma compagne, issue de l’immigration juive d’Europe centrale. Sans compter, évidemment, l’éducation républicaine transmise par des parents profondément attachés à l’école laïque.

Bref, je suis a-religieux, sans goût pour la transcendance mais sans obsession maladive vis- à-vis de ceux pour qui elle importe. Et ceci d’autant moins que ma génération, celle qui est née après les catastrophes mondiales de la première moitié du XXe siècle, a appris que les civilisations qui se réclament de la raison, voire du refus de Dieu, peuvent aussi bien céder à la déraison collective jusqu’à commettre de redoutables folies criminelles.

Je suis donc seulement soucieux du royaume immédiat dont nous avons tous la charge, au présent, que l’on croie au ciel ou que l’on s’y refuse : ce monde commun qu’il nous revient de construire tous ensemble, et non pas de détruire en sombrant dans la guerre de tous contre tous. Ce monde si fragile et si incertain dont les divinités secrètes se nomment la beauté et la bonté. C’est en leur nom qu’il faut dire non à l’ombre qui approche, par la solidarité concrète avec celles et ceux qu’elle menace. Au premier chef desquels, nos compatriotes d’origine, de culture ou de croyance musulmanes.

AJOUT le 18 septembre 2014, deux vidéos : celle de ma conférence sur ce livre à la Société Louise Michel, tenue à Paris, au Lieu Dit, mardi 16 septembre ; celle de mon interview par Léa Salamé sur France Inter jeudi matin18 septembre.

© Boris Bonnaure


© France Inter

AJOUT le 29 décembre 2014, la vidéo de la présentation du livre à l'Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris, le 18 septembre, dans un dialogue avec Elias Sanbar, ambassadeur de la Palestine à l'UNESCO.

© imarabe

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Tous les commentaires

                              NOUS TE SOUTENONS VERONIQUE 

À l'attention : de Monsieur Manuel VALLS, Premier Ministre, engageant la responsabilité politique de son gouvernementMonsieur le Premier Ministre,

Le 1er septembre 20014, vous avez fait radier des cadres de la police nationale par votre ministre de l'intérieur une syndicaliste qui défendait les agents victimes de discrimination raciale, sexuelle, médicale (personnes handicapées), ou sociale (femmes veuves, divorcées), ainsi que les plus petits grades dans la police nationale.

La raison de cette radiation des cadres ?

La trop grande liberté d'expression syndicale de cette représentante du personnel qui, confrontée à la force d'inertie considérable de son administration, avait ouvert un blog sur MEDIAPART pour dénoncer ce qui se passait, loin de Paris, à Perpignan, ville du Sud dont les services de police sont gérés par des chefs de service qui se connaissent tous, des Alpes-Maritimes jusqu'au Pyrénées-Orientales, en passant par les Bouches-du-Rhône.

Vous protégez par votre décision de la faire licencier un chef de service dont le racisme a été prouvé par un rapport publié au JO de l'ex-CNDS, ex-autorité indépendante de la Commission Nationale de la Déontologie pour la Sécurité, et des alertes lancées par des associations de défense des droits des étrangers.

Vous comprendrez cette attitude à l’égard de cette personne est inacceptable.

Pour avoir osé dire la vérité sur la police nationale, elle est aujourd’hui accusée de porter atteinte à la réputation de cette profession, coupable d’avoir défendu des agents discriminés par un chef travaillant encore dans la police nationale.

Vous acceptez de protéger par votre "silence" et la manifestation d'une volonté de me faire taire, ce chef de service.

Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Premier Ministre, de vous expliquer sur cette affaire, la radiation des cadres de la police nationale équivalant à une suppression de la liberté d'expression syndicale (droit constitutionnel). Ce licenciement ne peut être maintenu.

Vous devez lutter contre ces chefs qui se permettent de "casser" du petit personnel, des sans-grades, des veuves de policiers, des agents handicapés ou des policiers "différents".

Ces propos ont été prouvés par des enquêtes et audits, diligentés en interne et que cette administration a refusé de communiquer lors du conseil de discipline.

Malgré le refus des représentants du personnel, de se prononcer sur une sanction lors de ce conseil de discipline du 4 juin 2014, s'agissant d'un dossier politique sur une décision portant gravement atteinte à la liberté d'expression syndicale, votre ministre de l'intérieur a considéré que cette absence totale de proposition de sanction lui permettait de faire radier cette personne des cadres de la police nationale.

Quelle hypocrisie de cette posture médiatique, qui est aussi une imposture politique au vu de ce qui se passe aujourd'hui dans les services de la police nationale.

Nous souhaitons connaître publiquement la suite, Monsieur le Premier Ministre, que vous voudrez bien donner à notre courrier du 16 septembre 2014, qui vous a été envoyé par LRAR.

Le silence tue. La vérité sauve.
SUD INTÉRIEUR 66

Signez la pétitionVoir toutes les signatures Plus d'infos sur ce sujet

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L'auteur

Edwy Plenel

Journaliste, président de Mediapart
Paris - France

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À propos du blog
En complément de mes articles dans le Journal de Mediapart, ce blog mêle divers registres. Des résonances subjectives où je m’exprime à titre personnel. Des informations complémentaires, droits de suite ou explications de texte, où je réagis à des interpellations de lecteurs. Enfin, ce que l’on appellerait dans les hauts parleurs des gares des « avis de service » où je fais le point sur l’actualité de Mediapart, qu’elle soit éditoriale ou économique.