Fières et légitimes

Lorsque je suis devenue handicapée, il y a quelques années, j’ai fait une première sortie hors de l’hôpital, sortie dite thérapeutique, dont le but était que je me confronte, m’a- t-on dit , au regard des autres. On m’a amenée donc à une rencontre où il y avait d’autres personnes handicapées, certaines polyhandicapées.

Lorsque je suis devenue handicapée, il y a quelques années, j’ai fait une première sortie hors du centre de rééducation, sortie dite thérapeutique, dont le but était que je me confronte, m’a- t-on dit, au regard des autres. On m’a donc amenée  à une rencontre où il y avait d’autres personnes handicapées, certaines polyhandicapées.

Ma première réaction a été de me dire : « je ne suis pas comme eux ». Moi, j’ai juste eu un accident. Eux, ils sont nés comme ça. Dans ma tête, à l’époque, le handicap représentait le raté, le laid, l’inférieur et je ne voulais pas être associée à cela.

J’ai par la suite entendu beaucoup d’autres personnes handicapées dire qu’elles avaient honte : honte de leur état, honte de leur corps. Nos corps  "hors norme ", à nous, femmes et hommes handicapé.e.s, sont invisibilisés ou montrés de façon bien précise, dans des scénarii bien précis, sous un jour que nous n’avons pas forcément choisi.

Cette semaine, deux camarades du CLHEE, Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation, se sont exprimées au sujet de leurs corps qu’elles ont, elles, visibilisés comme elles ont voulu.

Il a fallu un long cheminement à mes camarades pour déconstruire le désamour de soi qu'on leur a inculqué, pour aimer leurs corps, pour revendiquer leur légitimité partout, dans tout et pour tout.
Il nous a fallu un long cheminement pour aimer nos corps. Nous aimer, nous affirmer en tant que femmes handicapées fait partie de notre processus d’émancipation.

Je veux me joindre à @elisarojasm, qui a posté une photo d’elle sur twitter accompagné du message suivant : "Il fut un temps où je ne supportais pas de me voir en entier dans un miroir. Ce temps -là est révolu et j'aimerais qu'un jour toutes les femmes handicapées sachent qu'elles sont belles"

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Je veux me joindre à Noémie Aulombard-Arnaud qui a posté une carte de voeux, sous  la forme d'une vidéo dans laquelle elle décide de nous dévoiler sa voix et de nous confier: « Ma voix était le dernier bastion de ma haine de moi que je n'avais pas encore conquis. Jamais je n'aurais cru pouvoir l'exposer sans crainte devant vous ».
https://www.youtube.com/watch?v=0aTmga3V2j0&feature=youtu.be

Je me joins à elles pour affirmer ma fierté. Pour dire que je m’aime et que je les aime et je dédie ma photo au gynécologue qui me dit, il y a quelques années, que je n’étais pas légitime pour être mère #Fières #Fortes #Visibles #Belles #Légitimes #CorpsPolitiques

 

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