Le bonheur est dans les jambes

LE BONHEUR EST DANS LES JAMBES La Sécurité routière a encore frappé. Ses victimes : les femmes handicapées .

 

LE BONHEUR EST DANS LES JAMBES

La Sécurité routière a encore frappé.
Ses victimes : les femmes handicapées .

« Sophie retrouve son petit ami.
Elle se réveillera dans un lit d’hôpital mais ses jambes resteront endormies.
Le père de Sophie sacrifiera tout pour la faire à nouveau marcher.
Sa mère sera hantée par le souvenir de ses premiers pas.
Son petit ami la demandera en mariage. Elle refusera, par amour.
Derrière chaque victime de la route, il y a des victimes dans la vie »

Cette fois-ci, deux histoires s’entrecroisent dans leur spot de « sensibilisation », celle d’une victime de la route qui décède et celle de Sophie, qui reste en vie, ou devrait-on dire dans l'entre deux? La vie de Sophie étant à présent une vie de handicapée, ses jambes étant restées «endormies » après l’accident, ne serait-elle pas à moitié morte ?
Son père ne veut pas d’une Sophie handicapée. Ses vains efforts pour retrouver la vraie Sophie le mènent à la ruine.
Sa mère rêve des premiers pas de Sophie. Les pas de Sophie dans le passé, le rêve, s’opposent au présent; la Sophie du rêve n'est plus qu'un fantôme qui hante la mère. La Sophie du présent, c'est le le cauchemar.
Sophie répand le malheur autour d’elle. Toutefois, son copain la demande en mariage mais, serait-ce de la pitié dangereuse ? Comment peut-on aimer une princesse aux jambes endormies ? Il n’y en a point dans les contes de fées !
Point de valeur marchande à la bourse du mariage pour Sophie. Le mariage, gage de bonheur et but ultime de toute princesse … Sophie, noble princesse, épargne son ami et renonce à lui "par amour".
Le bonheur de Sophie et de son ami n’était pas dans le pré. Il était dans les jambes.
On ne sait pas si Sophie existe ou si c’est est un personnage fictif, né de la très validiste imagination des idéologues de la Sécurité routière. On sait, en revanche, que leurs propos vont à l’encontre de ce qui est stipulé par la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies, dont la France est signataire. Cette convention dit notamment, dans son article 8. 1, que les Etats partis s’attacheront à « combattre les stéréotypes, les préjugés et les pratiques dangereuses concernant les personnes handicapées, y compris ceux liés au sexe et à l’âge, dans tous les domaines ».

https://www.youtube.com/watch?v=MX3puqNV-M8


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