"Résistance", chiche, Monsieur Le président !

Oui, il faut résister. C'est ce que nous retiendrons de l'homme à qui le pays vient de rendre un hommage national. Il nous appelle tous au devoir, vous, comme président de la République française, comme nous, simple citoyens.

Monsieur Le Président,

En ce 28 mars 2018 où vous honoriez, dans la cour des Invalides et devant le peuple français rassemblé, la bravoure du colonel Arnaud Beltrame, vous avez enfin donné un nom à ce que nous affrontons : un totalitarisme politico-religieux, et une de ses conséquences, l’antisémitisme islamiste.

Et dit un mot : «Résistance».

Ces mots, nous les avons tant attendus.

Tant il est vrai que la République est mise à l'épreuve aujourd'hui, par une idéologie totalitaire dangereuse en tout premier lieu, et par des mouvements anti-républicains qui se pressent dans la brèche.

Oui, il faut résister.

C'est ce que nous retiendrons de l'homme à qui le pays vient de rendre un hommage national.
Il nous appelle tous au devoir, vous, comme président de la République française, comme nous, simples citoyens.

Un devoir que beaucoup d'entre nous avaient déjà fait leur, mais qui entre aujourd'hui dans la lumière, de façon hélas tragique.

Le colonel Beltrame nous appelle au sursaut par son courage et sa dignité, et sa mort nous oblige. Les héros ne doivent pas mourir deux fois.

Nous répondrons donc présents, de nombreux citoyens déjà alertés se mobilisent depuis plusieurs années, dans la discrétion et l'humilité, mais dans la conviction et la persévérance aussi.

Mais comment, Monsieur Le Président, comptez-vous nous armer pour cette Résistance ?

Si le recueillement, les symboles, les marches sont nécessaires, l'action politique l'est encore plus.

Qu’allez-vous faire ?

Qu'allez-vous faire quand d'aucuns déchirent les portraits du colonel que des écoliers avaient placardés sur leur porte de classe avec cœur et enthousiasme ? Qu'allez-vous faire pour que l'école redevienne ce sanctuaire où nos aînés ont appris à la fois les valeurs humanistes, l'amour de notre culture, la protection de notre commun mais aussi l'esprit critique et la liberté de conscience ?

Qu'allez-vous faire contre les discours et les pratiques suprémacistes, homophobes ou niant l'égalité femmes-hommes, contraires à notre constitution et à nos lois ? Quelles mesures seront mises en place pour les contrôler et les sanctionner ?

Qu'allez-vous faire pour remettre l’État et la République au cœur de ces quartiers pris en otage par des associations prosélytes qui y imposent leur loi anti-républicaine et diffusent leurs idéologies mortifères ?  Quel est le message envoyé par l'accueil prochain de 100 imams étrangers et d'une caravane "culturelle", avec l'aval du Ministre de l'Intérieur ?.

Qu'allez-vous faire pour protéger notre jeunesse étudiante de cette idéologie «indigéniste» qui, sous couvert de lutter contre le racisme, diffuse en réalité jusqu'au cœur de nos universités un discours haineux, culpabilisant et revanchard contre les «Blancs dominants», et tente de fracturer la société, d’opposer les Français entre eux ? 

Qu'allez-vous faire pour redonner toute sa force et sa puissance de frappe à notre laïcité française, premier vecteur de cohésion sociale, modèle unique qui a fait ses preuves et que beaucoup nous envient dans le monde ? Serez-vous réellement le garant de la séparation des Églises et de l’État, sans céder aux sirènes des communautarismes religieux ? Comptez-vous promouvoir la laïcité autrement qu'au travers de personnalités ou associations religieuses non laïques ? A quand un Observatoire De la Laïcité digne de ce nom ? 

Qu'allez-vous faire contre les associations qui, dénonçant une prétendue « islamophobie », entendent rétablir le délit de blasphème et interdire la critique des religions, à la satisfaction des intégristes de tout poil ?

Qu'allez-vous faire contre l’organisation des Frères Musulmans, illégale dans de nombreux pays, qui dispose pourtant sur notre sol de relais associatifs dans tous les secteurs de notre société, de l’éducation au syndicalisme, des prisons à l’armée, de la finance au pseudo-humanitaire, et dont le programme politique est incompatible avec les principes républicains ? Contre les partis politiques communautaristes soumis à des influences étrangères dangereuses et qui sont apparus lors des dernières élections législatives ?

Qu'allez-vous faire contre les discours soi-disant «antisionistes» qui diffusent et entretiennent de fait un antisémitisme virulent et décomplexé, et donnent des justifications aux crimes les plus abjects  ?

Qu'allez-vous faire pour redonner à nos institutions et à ceux qui en sont les représentants cette exemplarité dont nous avons tant besoin ? Pour reconnaître le dévouement de ceux qui gardent le sens de l’État, la grandeur de servir sans céder aux sirènes du matérialisme, du carriérisme et de l'individualisme forcené ?

Qu'allez-vous faire enfin pour redonner à notre jeunesse, toute notre jeunesse, de l'espoir, lui proposer un avenir où l'humain n'est pas broyé, renvoyé à sa «communauté», un avenir où perdure le sens de l'intérêt général éclairé par les valeurs de la République dont le colonel Beltrame vient de nous rappeler, par son acte héroïque, le caractère essentiel.

Et cette longue liste n'est hélas pas exhaustive.

La République est menacée, Monsieur le Président, non seulement par les armes des terroristes, mais aussi par les renoncements à son propre idéal et par les discours de division qui se répandent sous les atours séducteurs du «droit à la différence» et de la «liberté individuelle», se nourrissent du désenchantement de la jeunesse et préparent ces actes.

C’est aussi à ces discours que l’État doit s’attaquer avec vigueur et détermination, en prenant les mesures les plus fermes envers ces semeurs de haine, mais aussi en proposant un projet, une vision pour notre pays dans laquelle chacun d'entre nous, et notamment parmi les plus jeunes, doit pouvoir s'inscrire et trouver sa place.
Et en rappelant et promouvant les fondements de notre République, la Liberté, l’Égalité, la Fraternité et la Laïcité.

Résistance. Unis et Fraternels.

Nous sommes prêts, Monsieur Le Président. Comme Arnaud Beltrame, nous nous tenons debout, nous ne plions pas, nous ne baissons pas les yeux.

Et vous ?

E.Mangusta
Collectif Vivre Debout

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