17-11-17 /b L'ABOLITION DU CAPITALISME EST EN COURS

Sur un mode de mutation par la catastrophe autophage, d'un système parasitaire qui ne laisse plus à son appétit vorace que lui-même à bouffer, après avoir quasiment fini de ronger les os d'une planète dont il a déjà dévoré toutes les chairs humaines et non humaines avec tous leurs moyens et procédures de subsistance autonomes, en rapide métaphore. Que faire? D'autre? Où quand comment? Qui?

En réponse à Xipetotec dans le fil sous la bonne plume de Romaric Godin accouchant les propos éclairés de Anselm Jappe.

«La seule option raisonnable est l'abolition du capitalisme»

 

  • 17/11/2017 14:03 Par XipeTotec en réponse au commentaire de seveg le 17/11/2017 09:11
  • Par dérive narcissique il faut entendre placer les enjeux à échelle humaine et non pas globale. En ce sens, l'écologie est une simple variante du néolibéralisme poussé à l'extrême. C'est potentiellement d'autant plus puissant qu'il s'agit d'un nouvel ordre moral qui ne supporte aucune opposition, d'autant qu'il s'appuie même sur des prétentions scientifiques.

Je ne suis pas d'accord. Je pense que comme n'importe quel chiffonnier soucieux de faire du bon bizness, le capitalisme financier hyper-centralisateur ne "récupère" que ce qui est assez bel et bon pour fonctionner, mais accaparé sous jouissance privée réduite et ainsi développé au détriment d'une masse de ressource humaine croissante de moins en moins utile en face de la ressource robotique. Autrement dit la réalité économico-politique fonctionne à l'inverse exact de l'affichage publicitaire de ses résultats en aggravant les problèmes qu'ils sont censés régler, y compris et d'abord sur les plans idéologiques de société où les principaux investisseurs et soutiens politiques de ces entreprises d'échelle mondiale vendant leurs paradis arc-en-ciel réalisés, se montrent les pires néo-fascistes identitaires et suprématistes raciaux qui soient. En réalité économique factuelle de la production et de la circulation financière, la centralisation privée restreinte se nourrit du chaos social et militaire internationalement produit par cette systémique vampirique, comme le montrent parfaitement les propos de Jappe dans l'article ici de Romaric Godin et la pointilleuse et lumineuse analyse de Benoit Bréville pour le Diplodocus, ci-dessus.

Le "nouvel ordre moral" que vous évoquez fonctionne effectivement sur le modèle d'une double contrainte, en regard de la dénonciation de ce modèle militaro-financier accapareur de bien public et générateur de mortalité de masse entretenue : la projection de la catastrophe écosystémique (ne faites pas l'impasse sur le fait qu'il y a "économie" dedans, contrairement à "bio-systémique" ou "climato-systémique") n'est plus une projection, c'est de l'ordre d'un prévisionnisme météorologique fondé sur des données avérées. Certes ce prévisionnisme est encore plus flou que celui de la météo, et en ce flou réside peut être, probablement j'espère, mieux qu'un espoir, en tout cas cette projection m'aide à vivre. Mais le fait d'un processus catastrophique enclenché n'est plus déniable que, et encore selon une bonne foi que l'on peut contester, par des Trump, idiots suprêmes utiles à entretenir la focalisation sur la problématique.

En outre les labels associés du genre "bio" ou "arc en ciel", etc..., font des marques rentables sous logos bien flash et blisters recyclables, on est d'accord (je suis d'ailleurs un peu étonné que Bayer/Monsanto n'ait pas encore réussi à déposer sous exclusivité de marque l'usage du concept et de la couleur "Vert").

Et d'accord, ce néo-féodalisme financier projette cette réalité de la catastrophe en cours comme arène de conflits idéologiques médiatisés permettant d'effacer par l'aveuglement, pour les alouettes précipitées dans ses miroir, les problématiques de ses causes d'économie politique prédatrice et centralisatrice, au demeurant assez simplement et correctement définies par le terme de "vampirisme". Que ce processus vampirique global soit continué et aggravé sans relâche sous toutes les couvertures de discours et de panoplies de Lois, de traités internationaux sous contraintes militaires géostratégiques, de diffusion de propagande comme "l'affaire Val/Plenel/Ramadan", et de réseaux de corruptions à tous niveaux imaginables et inimaginables, toutes les investigations de malversations militaro-financières documentées dans ce journal et ailleurs le montrent inlassablement.

Ça ne fait pas que la catastrophe brandie en épouvantail soit moins réelle que ne l'a été par exemple Irma... ou la catastrophe de Bhopal ou l'effondrement du Rana-Plaza et autres menus faits d'effondrements systémiques, que leurs niveaux soient "éco", "socio", "militaro" ou "bio", sans parler des fuites et dispersions "normales" mais cumulées de radioactivité, etc...

On connaît la métaphore de la dispute pour avoir le meilleur fauteuil près de l'orchestre continuant à jouer en attendant que la déchirure de la coque d'un Titanic fonçant à toute vapeur de plus belle se colmate toute seule.

On n'est pas vraiment sur le Titanic, enfin on n'en sait pas vraiment grand chose, et encore moins de l'après-demain où demain sera hier, mais c'est ça qu'il faut préparer, il me semble. En "ne répétant pas les mêmes erreurs", comme on euphémise pour dire pudiquement "tenter de se comporter économico-politiquement autrement que sous mutation vampirique privée insatiablement nourrie par tous les moyens".

Et maintenant je ne sais pas moi non plus remplir ce "il faut" péremptoire, excusez moi. Sauf à tenter d'être moi-même le monde que je souhaiterais voir advenir, comme l'a dit ce très fameux Chef Indien qui recevait dans sa cabane, en costume traditionnel très dénudé sur son vieux corps assis en lotus sur la terre battue, les diplomates en costume muraille du monde entier, dans un moment victorieux où le soutien de toute la population de son pays-continent lui avait permis d'user de la paix en forme de grève générale illimitée comme d'une arme pour expulser la colonisation anglaise. Très vendable aussi, Gandhi, comme marque. Une plateforme d'hébergement l'a fait. Rassurez-vous, je ne me balade pas en toge orange et psalmodiant le hare krishna, j'ai d'autres modes d'expression de mon militantisme d'objecteur de conscience an-archiste, décroissant, dé-colonial et alter-mondialiste (par contre il m'est arrivé de pratiquer le komey renje kyu de la façon privée qui convient, mais pas assez assidûment pour que ce soit vraiment efficace sur la régulation de mes affects et humeurs, surtout pensant à nos enfants, à la vision de ce monde en flammes et chaos).

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