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Billet de blog 7 août 2011

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Les bruits de la vie.

(je te dédie ce billet mon cœur, que tu liras peut-être)Un matin des vacances. Six heures. Je suis réveillée depuis un moment déjà. C'est curieux, mais depuis quelque temps, je suis attentive aux bruits, ceux de la vie.

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(je te dédie ce billet mon cœur, que tu liras peut-être)

Un matin des vacances. Six heures. Je suis réveillée depuis un moment déjà. C'est curieux, mais depuis quelque temps, je suis attentive aux bruits, ceux de la vie.

Dans la ferme pas loin, un coq s'égosille. Cette nuit, l'orage et la pluie se sont déchainés. La cloche du village me donnait l'heure, et j'ai su que je ne dormais pas à trois heures et à cinq heures trente. Bien pratique, de ne pas avoir à regarder le réveil.

Je me blottis contre le corps chaud de mon amant. Je l'écoute dormir. Son souffle légèrement rauque, son cœur régulier contre ma paume.

Tiens, le coq recommence. La pluie aussi tambourine sur le toit du camping-car. Je referme les yeux, attentive aux sons qui montent.

Un moment de sommeil, puis les oiseaux prennent le relais. Un pépiement joyeux répond à un autre plus grave. Un rayon de soleil effleure la vitre légèrement entrouverte. Je suis sûre que si j'ouvre la porte, j'entendrai aussi voler ces curieuses libellules-néon que j'ai remarquées hier soir.

La cloche de l'église sonne maintenant à toute volée. Un son heureux, clair, que je ne sais quand même pas décrypter. On est pas dimanche, mais il y a certainement une messe. Juste avant, elle m'a indiqué qu'il était temps de réveiller l'Homme. Il va nous préparer le petit déjeuner, et le son de l'eau qui coule dans la cafetière va annoncer le plaisir de la dégustation.

Plus tard, sur les chemins de halage, le long du Lot, lorsque nos pas crisseront sur le sentier, d'autres sons s'y mêleront. Chants d'oiseaux, plongeons des poissons, bateaux passant les écluses, mouches bourdonnantes, feuilles des noyers froissées par le vent. Et même, son surprenant, une cigale perdue, puisque je n'en ai pas entendu d'autres.

Une pie me tire de ma rêverie. Un chat ronronne tout près de moi pendant que j'écris. Dans les arbres, après la pluie, les cigales se sont réveillées. C'est un bruit de fond qui passe presque inaperçu.

Il n'y a pas qu'en vacances que les sons ont de l'importance. Je me souviens du rendez-vous de mes nuits printanières avec le hululement du Grosibou de la grotte du Taoumé. Et ce matin, ici aussi, un coq a chanté.

Pourtant, ces bruits de la vie semblent poser certains problèmes. A Martigues, pour ne citer qu'un exemple que je connais, les cris des mouettes martégales indisposent tant de vacanciers. Ceux-là même qui ne peuvent aller à la mer qu'accompagnés de musique forte, et qui, après avoir fait la fête dans les sons étourdissants des boites de nuit, pestent contre la cloche de l'église donnant l'heure. Ils ont gagné là-bas, la cloche a été punie.

Alors, vraiment, je remercie les habitants de tous ces petits villages, qui n'ont pas puni les cloches, et là où, dans mes nuits, j'ai pu savoir l'heure, sans bouger, les yeux fermés, mais les sens en éveil.

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