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Billet de blog 21 avril 2011

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La fille du Puisatier vs La fille du Puisatier

Et bien voilà, c'est fait. J'y suis allée. Avec un a priori et mon amie des collines, nous avons vu La Fille du Puisatier.

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Et bien voilà, c'est fait. J'y suis allée. Avec un a priori et mon amie des collines, nous avons vu La Fille du Puisatier.

J'avoue avoir apprécié la performance. Parce qu'il est évident que Daniel Auteuil ne fera pas oublier le Maître, ni Raimu. Mais il leur rend hommage, et s'investit énormément dans son rôle, jusqu'à écraser un peu trop le reste des comédiens et la trame du drame.

Je regrette sa voix nasillarde au mauvais accent et le choix de certains acteurs, dont on se demande ce qu'ils font dans ce film. A commencer par Sabine Azéma qui n'a pas sa place. Elle n'a rien compris au rôle orgueilleux et hautain de Madame Mazel.

Sabine Azéma est hystérique et hurlante, alors que le rôle est froid et sans cœur.

Kad Mérad arrive presque à faire oublier Fernandel, le Felipe d'origine. D'ailleurs, il l'imite quelquefois, certainement pris par le jeu. La jeune Patricia, Astrid Berges-Frisbey est « princesse »à souhait, mais un peu gourde, à l'élocution défaillante et Jacques, Nicolas Duvauchelle est tellement antipathique que l'on se demande comment Patricia a pu tomber amoureuse de lui....

Une actrice crève l'écran néanmoins ; Emilie Cazenave, qui joue le rôle d'Amanda, est absolument magnifique, frôlant la perfection. Amanda, c'est la jeune sœur de Patricia, secrètement amoureuse de Felipe, vivant dans l'ombre de la Princesse. A noter aussi une très belle musique et les images des collines, même si ce ne sont pas celles de Pagnol.

C'est dommage que Daniel Auteuil ait jugé que le rire n'avait pas sa place dans son film. Ce film est bien trop recentré sur le personnage du puisatier et oublie qu'il faut le rire pour apprivoiser les larmes et les terribles colères méridionales. Avoir coupé des extraits comme Felipe totalement ivre, ou bien les répliques de la sœur du puisatier lorsqu'il vient voir l'enfant, est une grosse erreur. Chez nous, ces passages, on appelle ça des Pagnolades, et chaque provençal se reconnaît dans ces excès. Dans un de ses livres Jean-Baptiste Luppi raconte l'anecdote suivante : rencontrant un jour un de ses clients (il tenait un kiosque à journaux sur le Cours St Louis) celui-ci, grand amoureux des oeuvres de Pagnol lui disait avoir béni la pluie qui tombait le jour de la première projection du film Marius, car grâce à elle, personne n'avait pu voir qu'il pleurait à la sortie de la salle. C'est ça, la Pagnolie.

L'utilité de ce film sera peut-être aussi de remettre au goût du jour l’œuvre de Marcel Pagnol.

Parce que les collines seraient anonymes sans lui.

Le Garlaban couronné de chèvres n'aurait été couronné que d'un nuage et ne serait connu que pour les guetteurs de Marius, dont les bûchers de broussailles n'auraient jamais été que des feux, et non ces oiseaux rouges, volant de collines en collines jusqu'à Rome.

Les sentiers, ressemblant quelquefois à la rue St Fé un jour de soldes, seraient seulement fréquentés par les lézards verts et quelques randonneurs, guettant le rêve dans les chênes kermès.

Puis les collines seraient muettes. Pas de grosibou et de seuil des bartavelles. Juste une faille traversant un sommet, un grand-duc sans prétention, et des perdrix si tristes de ne pas avoir glorifié Joseph...

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