Hier, pendant l’après midi, le mouvement s’est propagé dans toutes les provinces. Ont été visés principalement les établissement présidentiels. A Antananarivo, faute d’éléments de forces gouvernementales, il est bien compréhensible que les pillages continuent. En fin d’après midi, après une longue léthargie, l’état major annonce par voix de radio qu’il va investir le centre de Tana à 18 heures et réprimer, éventuellement violemment, tout rassemblement, et invite la population à éviter tout regroupement… La décision est prise par l’état major mixte opérationnel et par le maire dans le but de rétablir l’ordre public. Le gouvernement est toujours aux abonnés absents. Un couvre-feu est instauré pour la nuit. Aucun incident n’est à déplorer ce matin.
Ce matin, le président s’exprime enfin et annonces deux nouvelles d’importance. Il indique en premier lieu que les enquêtes ont montré que les pillages ont été organisés par Rolland Ratsiraka (depuis Tamatave !!!) et par le général Dolin et qu’un mandat d’arrêt a été lancé contre eux. Ensuite il annonce avoir eu une conversation avec le ministre français des affaires étrangères, que la France le soutien et va même aider Madagascar à arrêter les deux organisateurs des troubles. Ce qui pour le moins ne correspond guère aux us et coutumes de la diplomatie française qui n’intervient pour soutenir un gouvernement étranger que dans le cas d’accords de coopération militaire spécifiques, ce qui n’est pas le cas entre la France et Madagascar.
On attendait ce matin R Ratsiraka sur la place de l’indépendance avec Andry Rajoelina. Le second ayant semble t il reçu le soutien du premier, ce qui pourrait bien expliquer le mandat d’arrêt… Toujours est il que le maire de Tana est apparu seul, à demandé une journée ville morte pour demain et appelé à une nouvelle grande manifestation samedi.
Aucune négociation directe entre les deux protagonistes n’est à l’ordre du jour. Le président précise qu’elles auraient du avoir eu lieu hier, et que n’ayant pas eu lieu, elle n’ont plus de raison d’être. L’armée semble relativement divisée, et du moins peu désireuse de soutenir ouvertement l’un des deux hommes. La communauté internationale demande une négociation entre les parties. Les églises aussi. Serait-on parti vers une reproduction de la crise de 2002, au moins dans sa longueur…
A demain