Pyramide

L’homme sort apparemment de nulle part, descend quelques marches, tourne à sa droite et longe un mur. Il porte un costume. L’attitude est rigide, manifestement pas celle de quelqu’un à l’aise. Le faciès qu’il se compose ne semble ni naturel ni assuré. Il se demande. Mais il marche.

L’homme sort apparemment de nulle part, descend quelques marches, tourne à sa droite et longe un mur. Il porte un costume. L’attitude est rigide, manifestement pas celle de quelqu’un à l’aise. Le faciès qu’il se compose ne semble ni naturel ni assuré. Il se demande. Mais il marche. Il aurait pu prendre un gyropode, peut-être à guidon pour s’occuper les mains et se donner une contenance, afin de coller à l’image moderne dont il se targue. Il l’aurait empiété en bas des escaliers et roule… mais non, il marche en jetant des coups d’œil mal assurés ici ou là. Que chercher-t-il à voir ? A-t-il besoin d’être guidé, rassuré ? Il tourne à sa gauche, on ne l’y reprendra plus d’aussitôt, mais pour longer un autre mur. Un non sens déjà. De façon logique, rationnelle, pragmatique et même naturelle, tel qu’il se prétend, il aurait dû emprunter l’hypoténuse du triangle, chemin le plus court pour aller du point D au point A. Il a préféré raser les murs.

Une marche. La référence à Mitterrand se révèle assez patente. Sauf que de se rendre au Panthéon avec une rose avait une signification. Alors que là. Partir de nulle part pour aller grimper sur une tribune quelques dizaines de mètres plus loin parce qu’on a installé des gradins en face… Encore un non sens. Une marche pour rien et sans prestance. N’en dispose pas qui veut. Au lieu de la 9° symphonie déjà jouée en 1981, Walk like an egyptian aurait mieux illustrée cette ballade le long des murs. Copier, imiter, plagier. Une indication pour la suite.

Déjà, cela avait donc mal commencé. Mais après ça, rebelote. Le gars s’est fait une remontée des champs en estafette militaire. Que nous joue-t-il cette fois ? La libération de Paris ? De Gaulle ? A-t-il des références de victoires militaires ? Devant qui vient-il parader ? Au nom de quoi ? Ça sent surtout l’appel du pied à l’armée. Prêt à assurer mes arrières les gars ? On ne sait jamais, ça pourrait chauffer. De beaux discours et des promesses qui auraient pu fonctionner. Cependant ça n’a pas tenu. Le premier de cordée de l’armée éconduit, cette dernière sait désormais à quoi s’en tenir. Ces gens là font fasse à des armes réelles, on ne la leur fait pas deux fois. Le crédit dont vous disposiez est épuisé.

Ce fut un piètre commencement mais déjà très révélateur.

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