Merci Macron !

La candidature d’Emmanuel Macron, et son mouvement « En Marche ! », sont à divers titres émaillés de paradoxes. L’un d’entre eux, et non des moindres, n’a pourtant pas encore été relevé.

Nous avons beaucoup entendu qu'En Marche ! transcendait le soi-disant désuet clivage droite-gauche, cela ayant du reste constitué le leitmotiv – voire le pitch, l’aspect communication-marketing étant la principale caractéristique de la bulle EM ! – choisi par/pour son candidat fondateur lors du lancement du mouvement : le dépassement de la logique gauche/droite constituant l’arlésienne de la vie politique française, l’occasion était trop belle pour que le larron Macron n’en profite pas pour se faire bien voir ou bien faire voir.

Or, il se produit tout à fait l’inverse. Des élus LR ont rejoint la marche. Des élus UDI et Modem ont rallié les marchistes. Des élus PS les ont rattrapés non en marchant mais plutôt en courant. De tous les changements de casaques, ces derniers s’avèrent probablement les plus significatifs. En effet, LR, c’est la droite. UDI et Modem constituaient prétendument le centre, or le centre n’a jamais gouverné qu’avec la droite, ce centre est donc de droite. Enfin, le P « S » qui rampe ventre à terre vers Macron est celui qui a soutenu le mensonge Hollande durant tout le quinquennat. Celui qui se soumet au néo-libéralisme. Il s’agit en somme du PS de droite.

On pouvait se demander « En Marche ! », certes, mais vers où, vers quoi ? Nous le savons aujourd’hui, Macron ayant aussi depuis quelques temps abandonné les faux-semblants sur ses options économiques. « En Marche ! » vers la droite ! « EM ! » aura donc enfin permis aux membres de droite du P « S » d’effectuer leur coming-out, ce qui permet désormais de placer la ligne de démarcation économico (sécuritaire également) clairement, ce qu’empêchait visiblement, notamment dans les médias, la présence de deux tendances « irréconciliables » au sein d’un même parti.

Cette ligne détermine quel camp prône le néo-libéralisme et le TINA, la droite, et quel camp prône la mise en œuvre d’options économiques alternatives, la gauche.

 Ainsi, voilà comment se répartissent désormais les principaux partis ou mouvements politiques :

A l’extrême droite : le FN (quoique pour des considérations hors politique économique).

A droite : LR, UDI, Modem, EM ! et le P « S » de droite.

Au centre : le PS de gauche, EELV.

A gauche : France Insoumise, PC

Extrême gauche : LO, NPA

L’apparition hors de sa boite du diablotin Macron, dont nous verrons dès demain si le ressort continue de le pousser vers la lumière ou s’il lui fait réintégrer sa cache, aura donc enfin permis de clarifier le positionnement politique de chacun. Elle permettra aussi à l’avenir d’appeler à nouveau chaque tendance par leur nom, car le P « S » n’avait plus assez de socialisme ni de gauche en lui pour mériter l’appellation « socialiste », nous allons voir comment ses courants vont tenter de s’octroyer sa dépouille.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.