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Billet de blog 4 octobre 2015

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" APPRENDRE À TRAVERS LES SYMBOLES " 2

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L'éducation était le second principe des organisateurs, qui poussaient à un apprentissage non plus seulement par la comparaison, mais par les symboles.

l'Exposition déployait des produis de toutes sortes, parmi lesquels des instruments de musique et des manuels d'instruction musicale, afin de glorifier le travail et d'inciter tout le monde à apprendre ce qu'étaient ces idées nouvelles et ces produits nouveaux.

Le phonographe d'Édison fit sensation, avec son aptitude à saisir les détails musicaux les plus fins.

Il y eut aussi des discours et soixante-neuf colloques internationaux, notallé trop les deux premiers Congrès socialistes, le premier congrès international des droits des femmes et des institutions féminines, et le premier Congrès international de photographie.

On espérait que cette vaste panoplie de connaissances génèrerait un intérêt passionné, introduirait des améliorations dans la vie des gens et marquerait la singularité des produits français.

Pour manifester cette conscience d'un patrimoine national, on manifesta une préoccupation inédite pour l'histoire.

En plus d'une Exposition pour le centenaire de la Révolution, des panoramas évoquaient le passé français, par exemple Jeanne d'Arc, la prise de la Bastille ou l'histoire du siècle, mettant en scène d'éminentes personnalités des cent années comprises entre 1789 et 1889.

Les édifices alignés le long de la Seine composant "une histoire de l'habitation humaine", conçus et dessinés par Charles Garnier, architecte du palais Garnier, attirèrent tout particulièrement l'attention.

Ici, la préhistoire était définie comme une vie précédant toute culture définissable.

L'Histoire comme une succession de cultures dans le temps et l'espace et la ligne de partage entre l'Orient et l'Occident, fixée par l'empire romain.

Les visiteurs pouvaient comparer les civilisations , préhistoriques et primitives, occidentales et orientales, passé et présentes.

Les grottes des troglodytes et les toutes premiêres huttes venaient en premier, suivies des constructions des Égyptiens, des Assyriens et d'autres. 

Non sans ironie, celles des Germains et des Gaulois étaient peut-être les plus primitives de ce groupe.

Ensuite venait la construction occidentale, des Rplains à la Renaissance, la construction byzantine et l'architecture islamique, puis enfin le logement contemporain, en Chine et au Japon, l'habitat traditionnel des Esquimaux, des Indo-Américains et des peuples équatoriaux africains.

Les formes, et parfois les matériaux ou la taille, incitaient éventuellement à la comparaison.

Bien que les juxtapositions culturelles aient été parfois curieuses, cette Exposition forçait les visiteurs à se confronter à là multiplicités des civilisations, à comparer les avantages relatifs de chacune d'elles, avant de commencer à en tirer des confusions surnaturel civilisation française, notamment avec la tour Eiffel qui se dressait au-dessus d'eux.

La musique était une des attractions principales, proposant d'innombrables opportunités de réfléchir aux différences nationales et culturelles.

En plus des concerts dans les pavillons, les cafés ou chez les facteurs de pianos, c'était le palais du Trocadéro qui abritait les principaux ensembles.

(...)

Le grand orchestre russe dirigé par Rimski-Korsajov et Glazounov impressionna avec ses couleurs originales et ses chants folkloriques, même si d'aucuns jugèrent les morceaux trop longs.

Les pièces orchestrales présentées par les espagnols semblaient influencées par Massenet, tandis que les œuvres américaines attestaient une forte influence néoclassique allemande.

Les caractéristiques nationales étaient encore plus perceptibles dans les chœurs.

Le Choeur de chapelle national russe, entièrement masculin, remporta un franc succès avec ses chants épiques, tout comme les sociétés chorales de Finlande, de Norvège et d'Espagne.

Tiersot admirait tout particulièrement les Norvégiens, attribuant leur succès à la mixité des classes sociales parmi leurs choristes.

( Note : Tiersot, 1889 (b), p.56; Fauser, 2005, pp.43-52; Haine, 2012, pp.22-22 )

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Les orchestres français proposèrent exclusivement de la musique française.

Cinq grands orchestres parisiens ( Lamoureux, Colonne, la Société des concerts du Conservatoire, l'Opéra comique et l'Opéra ) y prirent part entre mai er septembre, chacun d'eux étoffant ses effec pour atteindre jusqu'à plus de deux cents exécutants.

La Société des concerts dubventionnée par l'Etat, présenta des pièces de membres  de l'Institut, avec les danses de Délibes "dans le style ancien" et la 3 ième symphonie de Saint-Saëns, réconciliant le passé et l'avenir.

L'Opéra-Comique réalisa un équilibre entre les oeuvres lyriques  compositeurs défunts et vivants, dont Jean de Nivelle de Delibes et Prosperpine de Saint-Saëns.

Les vieux chefs-d'œuvre dominaient le programme de l'Opéra, excepté Le Roi de Lahore de Massenet, Françoise de Rimini de Thomas et Patrie ! de Paladilhe.

Il y eut aussi des concerts du choeur amateur Concordia ( le 28 mai ), des ensemble de musique de chambre et des organistes du Trocadéro, le Festival Saint-Saëns des Concertes Colonne le 31 mai, avec Mme Krauss et Paderewski, et, en juin, une représentation caritative du Messie de Haendel financée par la Sociéte philanthropique, premier évènement public organisé par la comtesse Elisabeth Greffulhe.

Certains de ces concerts  étaient très coûteux, les prix des billets du Festival Saint-Saëns s'échelonnant de 2 à 60 francs.

Le Messie totalisa des recettes de plus de 25 000 francs, deux fois ce qu'encaissait l'Opéra les meilleurs soirs. De tels programmes prouvent que les élites fréquentaient l'Expodition comme tout le monde.

Tous ces concerts reçurent le qualificatif d'"officiels".

Du côté positif, cela attestait un authentique respect. 

Sur le monument situé devant la galerie des Arts libéraux, Aubert et Berlioz figuraient au nombre des " huit grands hommes " : 

" Voilà qui donne une haute idée du progrès de la musique à l'épique contemporaine ! " observa fièrement Tiersot.

Certains se gaussère néaouns de l'idée d'une "musique officielle" comme d'un "monstrueux produit d'une civilisation hyper-administrative".

( Note : Tiersot, 1889, p.1; Durand,1889, p.380 )

Bien que le mot "officiel" désignât ici l'approbation des instances du pouvoir plus que le reflet d'une doctrine éponyme, puisque chaque orchestre faisait ses propres choix, les gens se plaignaient de trop de variété et de trop peu de cohérence dans les concerts, ce qui ne facilitait pas les comparaisons éclairantes.

Mais il n'y avait pas que cela.

À la différence de l'Exposition de 1878, les concerts d'orchestre français ne présentaient que des œuvres déjà entendues.

En outre, ces concerts étaient jugés d'une longueur excessive.

Enfin, n'exécuter que des fragments en limitait la portée.

Pourtant, rares étaient ce qui se plaignaient : le public "des braves gens venus des quatre coins de la France" était "heureux d'entendre [ces œuvres ]exécutées dans toute leur grandeur.

In, La République, la musique et le citoyen - 1871-1914, Jann Pasler, Gallimard, 2015.

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Bibliographie, choix et découpage                           El'Mehdi  Chaïbeddera

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