Pour l'auditeur musicalement averti, les spectacles exotiques étaient peut-être plus utiles qu'une musique officielle.
Du point de vue de Tiersot, la musique tsigane hongroise tempêta un franc succès, en partie parce que, ne jouant pas "en mesure", elle semblait exprimer "le sentiment d'absolue liberté inhérente à la nature du tsigane", la liberté était un trope que les républicains ne cesssèrent jamais de valoriser.
( Note: Pougin 1890 (c), p. 89 )
Il en allait de même pour la musique arabe.
Elle était déjà connue, depuis l'Expisition de 1878 et, après cette date, dans les brasseries, les cafés-concerts et les salons.
Pourtant, alors qu'en 1878 les critiques avaient été séduits, leurs tentatives de l'expliquer étaient restées limitées.
La musique tsigane demeurait "un mystère aussi incompréhensible", et la musique arabe une étrangeté " faite de sonorités monotones sur lesquelles tranchent par moments des closes bizarres qui grimpent jusqu'aux sommets les plus inhumains à l'échelle vocale ".
En 1878, le critique du Ménestrel comparait les galles arabes à celles des Grecs antiques, mais sans aller plus loin, en s'égarant dans une rêverie sur la civilisation hellène.
( Note: Lacome, 1878 (a), et 1878 (b), p. 330 )
En 1889, les chroniqueurs accordèrent à la musique une attention plus étroite.
Pour aider les visiteurs à comprendre le caractère d'une certaine musique arabe, Tiersot souligna chez Saint-Saëns l'assimilation réussie d'une arabesque dans sa Rêverie arabe.
Tiersot était particulièrement saisi par les "exercices" de l'Aïssaoua, les Soufis marocains qui se servaient de la musique pour entrer en transe.
( Note : E'M.C. septembre 2015. Il y avait des musiques prestigieuses, celle des vingt-quatre noubas restantes de Zyriab en Andalousie, celle des Derviches tourneurs, symbolisant la danse cosmique à Konya, Voir l'immense mystique musulman Djalal ud-Dîn Rûmi, Voir travaux savants de feue Eva de Vitray ( Dir. CNRS Paris ), Voir travaux d'Henri Corbin, merveilles de L'Ûd ( le luth ), varia du nay chez les Touaregs, Voie quelques numéros rescapés de la revue En terre d'Islam Bib. de Lyon, etc. )
Il trouvait que les chants, le rythme et " les bruits musicaux" poussant leurs corps à des contorsions avaient un puissant effet sur les nerfs des spectateurs ainsi que sur les exécutants et comparait cela au pouvoir de la musique tel que Ke comprenaient les Grecs,
( Note : Tiersot, 1889 (d), p. 292 )
In, La République, la musique et le citoyen -1871-1914- Jann Pasler, Gallimard, 2015.
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Bibliographie ( non exhaustive ), choix, notes et découpage
Voir, en pièces annexes, illustrations d'instruments de musique arabe ( source Institut du Monde Arabe )
Histoire musicale du Moyen-Âge, Jacques Chailly, Paris, PUF, 1950.
Gitans, Moriscos y Canta Flamenco, Manuel Barrios, Séville, RC, 1954.
La musique arabe, Paris, PUF, Que sais-je ? 1971.
La musique classique du Maghreb, Mahmoud Guettat, Paris, Sundbad, 1980.
La musica Arabe y su influencia en la espagnõla, Julian Ribero y Tarrago, 1985.
La musique arabo-andalouse, Christian Poché, Cité de la musique, Actes Sud, 1998.
El-Mehdi Chaïbeddera