POUR EXPRIMER TON NEROLI
Oran ferme ses doigts sur toi
Comme sur le coeur d'une orange
Faut-il toujours brûler le bois
Afin que la nuit ne nous mange
L'orage interroge nos toits
Et notre langage ne change
Et il échet ce qui échoit
Déchoir au courage qu'on range
A quels éclats montjoie au choix
Où la mémoire ne dérange
Et de quelle Arrange vendange
Dont on s'ennuage parfois
Doit-on déjà chercher du bois
Méchante louange nous mange
Comme comment dire Fol'Ange
Qui change l'émoi à l'octroi
Oran mange ses doigts de toi
Sanguine Alkékange Narange
Quel coeur en gage mettre là
Qui batte temps et ne s'étrange
Avons-nous su seoir à La Loi
Sans se dégingander mésange
A la pullulation des lois
Et tomber d'attraction aux franges
A-t-on jamais servi La Loi
Sans que l'atavisme s'engrange
Loin de l'ennoiement de phalange
En charge d'âmes et d'effroi
Au chinois chantant de la Foi
L'âme prend gamme sans mélange
La lumière qui lèche l'ange
Ménage son gel au chamois
Et ceux du feu pleurent le bois
Ceux du flottage donnent change
Ceux d'à vau-l'eau touchent du bois
Ceux de sentine sont aux anges
Gens de cierges et de tournois
Du mouillage et de la louange
De l'exsudat de ris de noix
Et de la débandade aux canges
L'histoire secoue son carquois
La langue liquéfie l'alfange
Où monte ce soleil étrange
Qui s'abat pistoles en toi
Choquement d'orgues à l'en-soi
Jamais la nostalgie n'arrange
Si proche le compagnonn'Ange
On se mange les doigts de Soi
El'Mehdi Chaïbeddera