Faites faites Seigneur que les colombes de la Paix relèvent l'homme de l'opprobre, de ses guerres d'obituaires, d'ascendance, d'héphémérides, de ses machines de mémoires, de sa géhenne de mensonges, où l'abîme sa convoitise, sa rage d'accaparement qui multiplie ses incendies, partout où l'eau sourd du caillou pour ensanglanter sa présence de présence qu'il mystifie, maudissant sa morgue d'Incube.
Faites faites Seigneur que les colombes de la Paix relèvent l'homme de l'opprobre, d´être l'horreur défiant l'horreur, en Bosnie, en Irak, dans les Lacs, en Tchétchénie, en Afrique où l'on meurt de tout, et ou le monde laisse faire. Partout où l'homme est tourmenté par un rescapé du tourment. Et en Palestine trahie par tous les tisonniers du monde et leurs Présidents-Paillas-sons et La Ligue d'Invertébrés, à Ghaza où la barbarie sème la fin du monde en tout - à son Mur, à ses drones, sous ses méduses de phosphore, aux diaboliques armes DIM - Partout, même aux écoles, mosquées, hospices, ambulances, réserves d'eau, les femmes, les enfants par centaines, les enfants, et le terroriste, partout, aubaine du casus belli, maquillant l'extermination d'un peuple broyé d'abandons, en démence sécuritaire.
La Honte pour les gens du Livre, parjures du Christ est Amour, qui se repaissent de l'Afrique, des insulaires, de l'Asie, qui cherchent des chiens à la Chine, et des aspics à la Russie, plus que complices, compromis dans les malheurs du Monde arabe, dans tant de fourbis de famine et d'endettement monstrueux - FMI, BANQUE mondiale - démultipliant le macabre. Maîtres du Trafic d'armement. Marchands de maux et de misères. Marchands de besoins et d'effroi. Marchand de Bruit et de Censure. Fricoteurs de l'hypermnésie et soudoyeurs de l'amnésie. Marchands de rush et d'accalmie(s). Marchands de tout. Marchant sur tout. Et se parant des Droits de l'homme pour se doter de tous les droits.
Pour mêler bonneteau de lois. Pour escroquer l'âme du faible. Pour traficoter son histoire. S'arrogeant tous les monopoles pour dominer, damer, tuer. Pour s'investir dans tous les champs en s'adoubant entre faquins, entre fols experts du spécieux, entre manitous du spécial, entre truquistes du détail, hautaines stars de tous les temps, gloutonnes de scoop et de spot, si versées dans la simonie, à l'industrie de l'holocauste, au vampirisme victimaire, à leur moulin-mémoire, magma engloutissant. Terrorisant tout souvenant pour n'en faire qu'un filament de leur machine formateuse, aux bons soins de Presse asservie qui leur sert d'abat-voix.
Pour confisquer toutes les clés, tous les vétos, tous les bémols, tous les embargos et sanctions ( plus crapuleuses que leurs crimes ), les casus belli et les trêves, tous les sommets et tous les gouffres, les médias qu'il faut boycotter, les livres qu'on doit interdire pour squatter l'exclusivité de définir ce qui est mal, le rire qui ne duit qu'à soi, le bon et le mauvais foulard, fût-il d'Hermès ou de Zozo, la bonne taille de calotte, l'ostensible et l'ostentatoire, le trop vêtu, le nu canon, la bonne barbe de bon vent, ce qui choque, ce qui emballe, ce qui est bien à sa tomate, ce qui est juste à son embouque, la contrition à observer, le vibrato de voix voulu, une empathie à consentir, le mal sur quoi philosopher, le comparse de circonstance au Tri des deuils humanitaires. La souffrance à soi, orfévrée, l'indignation à décocher, l'émotion à quoi osciller, et la retenue de posture, comment calancher pour toucher.
Et de dicter ce qu'on peut dire pour ne pas perdre la parole, son pain, sa paix, son pas de porte, d'être préposé aux réponses, aux questions inquisitoriales, d'être les huissiers des grimaces, des rictus, de la moue, du sourcil haussé, de la ride au milieu du front, du regard d'airain, du coup de menton rabroueur, à figure cadenassée, ou du geste las du proscrit qui sert de paillasse aux débats, et des rares questions-massues qui confondent leurs libres-penseurs, entravés de ne pas être penseurs libres, au guet-apens de leur Carrière. Ce qu'on doit voir et ne pas voir, vers où loucher pour poindre clerc, quelque part en col blanc, ouvert, en faussaire de vérité, aux variations de Plateforme et du Deal d'embrouille à mener.
Ce qu'il faut faire pour passer. Quelle est la coiffure qui sied. La calvitie amendable. La canitie couronnable. La mièvrerie qui soulage. L'échancrure qui fait mouche. Le chahut qui ruine l'échange. Comment on doit comprendre. Quel(le)s sont les idoles terribles qu'il faut adorer pour durer, aussi longuement court qu'on vive, avec des tons d'éternité, à leur tempo d'excès d'allure. Ceux qui décident de l'image, ou de l'écrit ou de la phrase, du vocable, de la virgule, du silence, ou de parenthèses tolérables à leurs aguilleurs, aux serruriers de la conscience, tuant toujours impunément, en se plaignant du monde entier, rudement chapîtré au dol, car tout le monde est accusé, par cette infâme inquisition, de ne mourir d'amour pour eux, car tout le monde est soupçonné d'être en souffrance d'overdose à leur Cinéma de sicaires.
Faites faites Seigneur que les colombes de la Paix relèvent l'homme de l'opprobre et de sa pingrerie du cœur pour se rendre figure affable et mériter qu'on le salue comme un résident sans entraves de cette terre sainte, à tous, de si loin qu'on y vienne, à l'instar de l'Aïeul à son éméritat de l'Alliance divine, Père de tous les peuples, se prosternant comme nous, humble à l'honneur suprême de l'Hospitalité comprise, lui l'Etranger reçu, et sitôt de l'Assise sûre, récipiendaire et recevant, au lieu-dit Maqam al-Khalil, ancrage de l'Ami de Dieu.
Faites faites Seigneur que les colombes de la paix, imposent la Paix à ces monstres qui déversent de leurs enfers, tous leurs méfaits, toutes leurs affres, leurs effets sur ces camps De concentration infligés à la Palestine, faite paillettes de terre, la bande de Ghaza gazée, territoire en incohérence, cratères, tertres, monticules, destructions et désolations, en à-coups de géographi, impossible d'ètre un État.
Faites faites Seigneur que les colombes de la paix, imposent la Paix aux harpies ainsi qu'à leurs puissants complices. L'Association de malfaiteurs qu'est devenue l'ONU aux mains des CINQ - snobés de TROIS, doublon de trinité ! - qu'on recevoir cinq sur cinq, Quintefeuille de décorum à la Triade qui fourgonne à tous les enfers sur terre et prospère de simonies, au nom de Droits paraventeux, à l'enfumage planétaire.
Faites faites Seigneur qu'à la lâcheté du massacre et au ping pong des grands concepts fourrés de strychnine spécieuse, aux meilleures intentions du monde, se substitue sagacité, noble courage d'ambler d'honneur, sans s'embrener l'âme d'honneurs, de s'embabouiner au fretin de médailles, d'hymnes funestes et d'allégeance à tous les diables, en desidera de tout !
Faites faites Seigneur que les colombes de la Paix relèvent l'homme de l'opprobre. Ce monstre, rescapé de monstres, forclos dans sa paranoïa, à sa fièvre d'orographie, à son délire d'étendue, à sa démence ubiquitaire, à son ignominieux racket de victime à tous les podiums, jamais satisfaite de rien, de compérage périlleux, rougette endêvée d'inversion, suppliciée de soifs en spirales, clamant reconnaissance chaînée, le soutien inconditionnel, intérêts pharaoniques, et Addentas de fin de monde.
Faites faites Seigneur que les Colombes de la Paix relèvent l'homme de l'opprobre d'être l'Horreur défiant l'horreur à sa grand-peste du dedans. Faites faites Seigneur !
Seigneur, seigneur pardonne-leur de s'éconduire d'un coeur cagneux et cette horrible lourdeur qui les incommode de Langue, si véloces aux vanités.
Seigneur, seigneur pardonne-nous de nous entre-nuire sans cesse aux vermoulures du faîtage ruiné d'intentions malheureuses.
Seigneur, seigneur pardonne-moi d'encolérer ma prière, lâchant frein à l'Eventuel.
Assentis que je me revienne à l'honneur d'être à ton Refuge en impétrant de ta bonté.
Seigneur, seigneur pardonne-nous, Frères de reins, rivaux de rien, encanaillés de gloses folles, à nos rouleaux refaits, Livres, Livre parfait, chacun de nous cherchant sa Ruth aux rets grossiers de la rencontre, à d'ignobles feuilles de route.
Seigneur, seigneur amende-nous à Ta sainte Miséricorde ! Attendris-Toi de Ta Teneur, à notre tremblement de l'âme !
Suffis-nous de Toi à Tes Noms macérant en nous, jusqu'à l'amuïssement suprême. Suffis-nous à Ton Nom, Ton nom anéantissant, Ton Nom très béni, ressuscitant à l'autre Vie !
Seigneur, seigneur jusqu'à s'amuïr !
In, La Cigogne numéros 95 et 96, mars/avril-mai/juin 2009. Bruxelles
El'Mehdi Chaïbeddera