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Billet de blog 28 avr. 2020

[...] DE LA POLICE RÉPUBLICAINE

Samedi, l’Île-Saint-Denis théâtre d’une interv flique violente-raciste. Filé-un jeune se jette dans la Seine plutôt que subir l’interpellation. Flics férocement kitch, sûrs qu’«un bicot comme ça, ça ne nage pas» mais que dans le doute, «ils auraient dû lui accrocher un boulet aux pieds» Hilarité générale. Puis, le «bicot» rattrapé, roué dans le fourgon vers le Clou rire général E’M.C.

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 IMPOSSIBLE DÉCOLONISATION DE LA POLICE RÉPUBLICAINE        
                  •
Ces mots, au delà de leur immédiate violence raciste, s’inscrivent dans un héritage colonial que la République n’a jamais voulu dépasser. 

Comment ne pas penser au 17 octobre 1961 et à ces dizaines d’Algériens noyés dans la Seine par la police parisienne aux ordres du préfet vichyste Papon. 

Malgré les excuses en demi-teinte du président Hollande, lorsqu’il affirmait que la «République reconnaissait avec lucidité la répression sanglante» [1], (a) 

rien ne fut fait et jamais la gestion des habitants non blancs des quartiers populaires ne fut purgée de ces méthodes de contrôles issues de la répression coloniale. 

La pandémie tend même à accentuer ces abus, renforçant l’impunité et le sentiment de toute-puissance des forces de l’ordre qui se savent qui se savent le dernier rempart d’un pouvoir aux abois. 

Dans la seule semaine du 8 au 15 avril, cinq personnes ont perdu la vie, suite à des contrôles policiers dans le cadre de mesures liées au confinement. 
 
                                              •
Le drame humain, éthique et politique de l’Île Saint-Denis serait d’ailleurs sans aucun doute resté «confiné» dans la mémoire collective des quartiers populaires 

si un résident n’avait pas filmé les agissements de la police

et relayé ces images aux journalistes Nadir Dendoune et Taha Bouhafs [2]. (b)

La colère grandissant à mesure de la diffusion de l’information,

le ministre de l’Intérieur Castaner s’est lui-même sentie obligé de réagir sur Twitter dans la nuit du dimanche à lundi, 

expliquant qu’il considérait cette «indignation légitime» 

et martelant que «le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine. [4] (c)

Les faits têtus, rappellent cependant, chaque jour, un peu plus qu’il fait partie intégrante de la police républicaine, 

                                             •
l’IGPN aurait dû être saisie du dossier.

La belle affaire! 

Qui cette nouvelle est-elle censée rassurer, à part les médias qui commencent à s’en emparer? (d) 

Comment ne pas y voir autres chose qu’un écran de fumée 

alors même que le taux d’élucidation est ridiculement bas,

l’institution finissant toujours par se ranger du côté des siens.

C’est au mouvement de l’antiracisme politique qu’il revient de ne rien lâcher, de continuer à soutenir les quartiers populaires dans leur lutte pour la justice,

de réclamer que les policiers en question soient durement sanctionnés et d’accompagner les initiatives visant à contrôler les actions des forces de l’ordre (e)

pour sauver des vies - comme celle portée par le récent Observatoire nationale des violences policières qui de propose de centraliser toutes toutes vidéos documentant les agissements illégaux [5] de la police. (g) 
                                           •
L’UJFP apporte tout son soutien à l’homme brutalisé dans sa chair et dans sa dignité, ainsi qu’à ses proches. 

C’est dur la base de notre héritage politique - pluriel,

mêlant notamment mémoire de l’expérience concentrationnaires 

et souvenir de l’expérience coloniale en Afrique du Nord - 

que nous nous tiendrons toujours aux côtés de ceux qui subissent de plein fouet le racisme d’État.

La Coordination nationale de l’UJFP, le 27 avril 2020

                                         •
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