JACOBINANT À MON ALTER'AINÉ

Pensant, ainsi intuitionné, que le grand poète syrien Adonis, de son vrai nom Ali Ahmed Saïd Esber, né en 1930 à Lattaquié, au village alaouite de Qassabine (Syrie) obtiendra(it) le Prix Nobel de Littérature (après avoir été "candidat malheureux" en 1988), et ce, fort probablement pour des entretiens avec l'iconoclaste psychanalyste franco-marocaine Houria Abdelouahab, réunis sous le titre (si lucratif aujourd'hui) Islam et violence, Seuil, 2015 (192 pages). 

Livrant dé-livrant un "violent réquisitoire sur la  religion musulmane."

Extraits :

"J'ai découvert que toute notre histoire était falsifiée, fabriquée de toute pièce et que ceux qui  avaient créés la civilisation arabe et sa grandeur furent bannis, condamnés, rejetés, emprisonnés, voire crucifiés. 

Il faut relire cette histoire et la revoir autrement avec un nouveau regard et avec une nouvelle humanité."

Excellente exhortation. 

"Au sein de la culture islamiste salafiste, le moi n'est pas déterminé par son monde intérieur, mais par le texte et le consensus de la communauté. 

Il est demandé à la conscience de l'individu de jouer un seul rôle : suivre le texte divin."

Constat général.

Puis :

"Avec l'islam, la poésie a dû donc se séparer de la pensée et le poète n'a plus eu que le droit de dire des émotions.

Dès lors, les Arabes ne peuvent pas imaginer un poète qui soit aussi un penseur, parce qu'ils n'ont pas l'habitude de lire une poésie qui soit en même temps une pensée.

Pourquoi ne trouvons-nous pas un seul grand poète que l'on peut qualifier de croyant musulman ?"

Assertion abusive condensée dans la dernière phrase.

On pourrait s'entendre intérieurement sourdre de : "Je suis un grand poète, incroyant, garanti de l'islam (car ce n'est que de cette croyance qu'il s'agit!) donc on gagnerait à honorer en bonneteau libératoire, (ce dont presque, l'ensemble des "intellectuels" du monde dit arabo-musulman, s'assourdit, à lancer, à dessein, mutique, en direction de l' "Occident" décideur), exceptionnellement, un grand poète (nous le pensons), tel qu'il se norme, s'auto-oxygénant, à décoloration, exempt d'Islamité."

Et toc ! Atterrement ! Quid d'Al-Bouhtourî, de Moutanabbî, d'Abou Tammâm, d'Al-Maârî, d'Ibn Rûmî, et plus encore de Djalâl ud-Dîn Rumî, d'Ibn Al-Frarîd, d'Ibn Hazm, des Poètes de l'Andalus, etc.

Toutefois, retenir, entre autre "raretés" pour meilleur  de son discours comme judicieuses assertions :

"Il n'existe pas un islam modéré et un islam extrémiste, un islam vrai et un islam faux.

Il y a un islam, simple & érudit, fondateur de civilisation majeure. 

Distinct de l’islam politique & de ce qu’on lui fait dire & dé-faire- 

Nous avons en revanche la possibilité de faire d'autres lectures."

De le «brûler» d’infinies lectures - de le solubiliser de contre-gloses à foison - d’en exiger une expurgation apocryphe - (liesse de faussaires) - ou de le réduire à une spectaculaire reddition à l’encanaillement républicard - 

Quant à la poésie-pensée, pour le coup, à propos de la virulente militance "mondiale" contre l'Islam, le grand poète semble-là, perdre de vue la  vieille opiniâtre détestation médiatique de l'Arabe, le Beur(k), l'Indien, le Sioux, l'Apache, le Maghrébin (à son acception essentialiste d'Algérien); l'autre absolutisé, l'éternel "Fel" fantasmatique.

L'anxiogène surmoi "gaulois" déGaullé, le rubigineux rouage d'angoisse guerrière, le vieux ressort grinçant de colonialité compromise (qu'Ali semble perdre de vue) demeurent au nauséabond menu de l'air du temps.

Alors, ce coup-ci, bravo de bée à cœur battant ( ta lettre bleue à mon adresse algérienne en 1980 :(سأقرأ لك داءما ) pour l'en-fin chevènemental (1) licol plus discret, à pesade Nobel 2016. 

Ali Ahmed, "malheureux" nominé, en 1988, de pair avec l'académicienne Assia Djebbar; Prix échéant alors à Naguib Mahfoud. 

Quid deTaha Hussein, de Tewkiq al Hakim, Nazim Hikmet, Nizâr Qabbanî, Mahmud Darwich, Kateb Yacine (Goncourtôté), ou peut-être, notre cher conteur arabe chrétien Amen Malouf - 

Et, Ahmed Saïd, par ailleurs méritoire, n'était pierre arabique, noire de route, au soulier d'escapade (aux précédents siens chansonniers) ... !

S'attendrait-on que les Nobeleurs te tiennent grief de la verdeur de ton de ta haute parole dite, sans ambages, à la Bibliothèque d'Alger, sur les Arabes et la Révolution algérienne :

"Les Arabes n'ont jamais eu une histoire de lutte digne de ce nom.

Le seul pays qui a vraiment fait la révolution c'est l'Algérie."

Et, insistant de tout ton poids :

"Nous avons, certes, organisé des manifestations, au Liban, en Syrie et un peu partout, mais le vrai combat révolutionnaire tel qu'on l'a connu en Algérie, n'a jamais existé ailleurs."  

Fâcheux gravier au soulier au gravir à Distinction de Stockholm.

Puis à un journaliste algérien, t'interrogeant sur le sens donné " au sentiment actuel des Syriens pour arracher leur liberté", t'offusquant sensément, de ce définir et de l'absurdité de parler de révolution, rétorquant, maître du lieu :

"lorsqu'on sait que 60 à 70% des combattants en Syrie, aujourd'hui, sont de nationalité étrangère".

Et, t'interrogeant, magistralement ironique "Au nom de quoi combattent-ils ?"

Toi qui penses à contre-courant des cohortes; nettement opposé aux mouvements des "printemps arabes" les jugeant sans lendemain, prévenant contre la mainmise "fatale" des islamistes sur les manifestations populaires qui secouèrent certains pays de la région dont ton pays, la Syrie, livrée à une irréversible et rageuse dévastation israélo-occidentale, dont l'actuelle gouvernance française,   à l'instar de la sombre précédente, est le fer de lance. 

Autre lancinant caillou au soulier, l'honneur d'être éconduit d'Académie, ce qui serait plutôt conforme à ton non-conformisme, te gardant sauf de l'éclaboussant pluriel du mal d'honneurs, si courus du cynodrome des Maîtres de chasse. 

Quand au Nobel de la Paix, perfidement devancé à Hussein Barak Obama et son accroît de 30 milliards de dollars, par an, d'armement à un État racial, impitoyablement colonial et, à l'UE en guerre de prédation économique, à "branloire pérenne"; expectons-en, l'inattendu sursaut d'honneur du Jury de ce Prix censé pacifiant pour qu'il échoie au Palestinien Marwan Barghouti, en dépit du verrou de l'occupant et de ses roués comparses. 

Forfaire au déshonneur, la plus belle préséance d'une âme émérite !

                                    •

(1) Qui (ne) se rappellerait le stupéfiant plaidoyer de JPC*, à la malignité de l’animateur (qui l’avait jobé) un certain soir, à presse rescousse xéno-zemmouriste sur l'oscillation plateau d'On (n') est (pas) couché. 

Jean-Pierre Chevènement à dégourdie de son éclipse, chaud missionnant, futur grand Mufti  abat-jourant, aux clés d'un Culte interrogeant son intégrité à l’in-intégration qu’une certaine l’Haïcité lui voue à volonté- 

                                   •

Notule :

Pour Marwan Barghouti, s'agissant de la Paix abhorrée des Puissances dévastatrices, le Nobel de la Paix, étant de facticité à ce qu'on le fait devenir, n'en déplaise à Alfred, ce serait, survenant d'un inattendu sursaut, peut-être, l'ultime feuille de vigne à l'obscénité "diplomatique" du belliqueux eunuquat de l'errance onusienne au sirocco des gouvernances, en libre service armé, en suractivité létale au dérèglement économique d'un monde faillitaire d'éthique. 

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Mostaganem, mercredi 28 septembre 2916. E'M.C

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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