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Billet de blog 30 janvier 2016

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" HUMANITAS ? "

"L'origo est une pratique qui ne théorise pas plus qu'elle ne repose sur une vision humaniste des peuples, c'est simplement un processus d'ouverture. L'origo à la rigueur se raconte mais les récits que l'un ou l'autre, homme ou ville, associe à son origo n'en rendent pas raison, ce sont des ornements empruntés à des récits de fondation"FD. Origo, ductile autochtonie de soi, épopée registrable. EMC

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Cette altérité sans contenu est le matériau à partir de quoi le droit fait un Romain.

Tout Romain est symboliquement un descendant d'Énée, c'est-à -dire qu'il est issu d'une famille fondée par un homme venu d'ailleurs, un externus, qui s'est fixé dans une ville de l'imperium où il a oublié son passé.

Cette famille est, métaphoriquement latine, jusqu'au jour où un fils deviendra totalement citoyen romain.

         DOUBLE ALTÉRITÉ INCLUSE

L'origo est le paradigme rituel d'une double altérité incluse, elle implique une représentation de Rome dont l'identité suppose toujours une part d'altérité extérieure, qu'elle doit grecque, troyen ou étrusque.

Tout romain vient d'ailleurs.

Mais le voyage qui le mène à Rome passe par l'installation dans une ville "latine", un territoire, quel qu'il soit, en dehors de Rome et qui est une partie de Rome.

            ACCULTURATION FICTIVE

Il s'agit d'une acculturation fictive qui est l'effet du droit et ne contraint pas le nouveau Romain à changer de vie.

Cet imaginaire juridique et rituel n'est pas théorisé à Rome, et pourquoi le serait-il ?

Il n'avait qu'une fonction pratique.

Il n'a pas donné lieu à une vision humaniste de l'homme, à un universel concret qui se serait incarné dans une citoyenneté accordée à l'individu "lié ni au sol ni au sang".

Le droit de citoyenneté romaine a certes un contenu purement juridique, mais en restant lié au sol il assigne une origo, et en restant lié au sang il est héréditaire par ses effets.

Il ne repose pas sur l'idée d'une communauté humaine étendue à l'univers.

Il n'y a pas à Rome de notion exprimant l'unité du genre humain qui donnerait un fondement éthique, humanitas, à l'universalité politique romaine, c'est un contre-moderne sur le mot humanitas.

 L'humanitas n'est pas une notion globalisante qui définirait une essence de l'homme, commune à tous.

l'humanitas est la capacité morale d'un homme à vivre en société.

Le fameux vers de Térence qu'on cite à tort et à travers est un jeu de mots.

Homo sum : humani nil a me alienum puto.

La question de la définition de l'homme est posée dans le contexte technique du droit : comment le jus ciuile - les droits privés du citoyen - peut-il être le même pour tous hommes civilisés, devenus citoyens romains quelle que soit leur cité de rattachement ?

Ce n'est pas un programme politique mais le commentaire, illustratio, en termes stoïciens      de l'égalité juridique romaine.

Cicéronnne sort pas du cadre de la ciuitas.

Comment le jus ciuile pourrait-il concerner des barbares du fin fond de l'Asie ?

l'humanité s'arrête aux frontières de l'imperium.

L'indifférence romaine aux origines ethniques s'explique par l'origo, car elle postule un ascendant venu d'ailleurs, elle n'est donc qu'une  fiction juridique associée à l'octroi de la ciuitas et donc cet ascendant n'a besoin d'aucune existence réelle, il se définit juste comme externus.

En outre, il est créé au moment où "naît" le nouveau citoyen, où il est inscrit sur les registres de son origo, soit à titre personnel, soit plus souvent comme membre d'une gens, d'une population localisée dans l'imperium.

Cette gens peut, s'il lui plaît, s'inventer ou retrouver dans un quelconque récit de fondation un ancêtre qui donnera un nom et une histoire à cette origo.

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In, Rome la ville sans origine, Florence Dupont.

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