Ecrire les corps et territoires violentés: quel environnementalisme pour les pauvres?

Que peut nous apprendre la littérature sur les conflits sociaux et environnementaux qui traversent notre époque? Quelques réflexions au sujet de l'ouvrage de Rob Nixon sur l'environnementalisme des pauvres, parallèlement à une étude de cas sur le beau roman d'Indra Sinha, "Animal's People".

Les concepts traditionnels de guerre ou de conflit font généralement la part belle à la violence, en particulier une violence brutale, qui se déploie soudainement devant les yeux de tous, qu’ils soient victimes et oppresseurs, mais aussi sous le regard du monde entier depuis plusieurs décennies grâce à l’avènement de moyens de communication massifs. Les exemples les plus significatifs des manifestations de cette violence sont bien sûr les scènes de guerre, où deux opposants (ou bien plus) s’affrontent au moyen d’armes de destruction; les civils aussi bien que les militaires font alors partie des victimes, tandis que le théâtre de ces opérations sont constamment menacés et endommagés.


Cependant, cette forme de violence n’est pas la seule à l’œuvre dans le monde contemporain. Il existe d’autres violences, plus sournoises, qui s’abattent quotidiennement sur les populations et les paysages, mais de manière cachée, presque invisible, quand ce n’est pas avec un long de retard par rapport à la cause ayant déclenché ces désastres. Ces violences humaines et environnementales, qui ont pour point commun de se dérouler le plus souvent dans les pays en développement, le chercheur sud-africain Rob Nixon, professeur d’anglais à l’University of Wisconsin-Madison, propose de les désigner par le concept de « slow violence ». L’ouvrage le plus récent et le plus complet à ce sujet s’intitule Slow Violence and the Environmentalism of the Poor, paru en 2011 aux Harvard University Press; il a été depuis complété par de nombreux articles et interviews. N’ayant pas rencontré, à notre connaissance, de traduction française officielle de ce terme, il nous paraît délicat d’en proposer une traduction personnelle; aussi ferons-nous comme les autres chercheurs francophones ayant commenté les travaux de Nixon et conserverons-nous l’emploi du terme anglais.


Après avoir défini avec précision les tenants et aboutissants de ce concept, en particulier son périmètre d’application géographique et académique, nous montrerons comment Rob Nixon choisit de le traiter à travers des exemples littéraires. Nous en viendrons ensuite à son illustration concrète à travers l’étude d’un cas particulier, celui de la catastrophe de Bhopal en Inde, mise en scène et en fiction dans le roman d’Indra Sinha, Animal’s People. Enfin, nous proposerons quelques éléments de critique personnelle quant à ce concept et à son application en littérature.

 

1. Définition proposée par Rob Nixon


Pourquoi ce concept?
Comme il a été dit en introduction, le monde contemporain connaît de nombreux bouleversements écologiques et environnementaux dont les causes ne peuvent pas toutes se rapporter à une simple logique de conflit direct entre protagonistes. Bien plus, si nous sommes habitués à des manifestations de violence instantanée et explosive, l’attention des médias occidentaux se porte beaucoup moins sur ces cas de violence sourde et étalée dans le temps. Rob Nixon propose ainsi de changer notre perception de la violence en tant qu’événement singulier faisant brutalement irruption sur la scène médiatique pour un mode d’appréciation qui souligne plutôt la durée et la dissimulation de ces violences environnementales. Tout le problème réside dans la représentation de ces violences: si le côté spectaculaire de villages en feu, d’immeubles détruits par les bombardements et de civils en fuite ne fait aucun doute et occupe une place privilégiée dans les médias — qu’il ne faut nullement remettre en question —, que faire des conséquences tardives et tout aussi désastreuses de l’exploitation illimitée de champs de pétrole, des émanations toxiques des gaz industriels, de la disparition progressive de milliers d’espèces animales et végétales? Ces dégâts-là sont bien moins photogéniques, pour autant qu’ils soient visibles: or les radiations, les gaz, les pollutions de l’air et de l’eau les plus dramatiques ne sont pas toujours détectables à l’oeil nu. Par conséquent, comment rendre compte de ces désastres auprès du public, comment leur donner une visibilité médiatique que la nature-même des crises traversées leur dénie?


Une autre question se pose. Si les États du monde occidental dit développé semblent à l’abri de ces menaces, en raison de législations de plus en plus protectrices de l’environnement et de contrôles plus sévères sur les normes d’action et d’exploitation des entreprises sur leurs territoires, la situation est bien différente pour les pays « du Sud », en voie de développement ou, pire, en pleine déréliction politique et institutionnelle pour certains. Or l’injustice majeure réside dans le fait que les entreprises des pays protégés choisissent d’implanter leurs activités polluantes et dangereuses précisément là où les contrôles et les barrières ont été progressivement minés, à savoir le plus souvent dans leurs anciennes colonies. C’est par exemple le cas de l’Inde pour le Royaume-Uni, des essais atomiques en Algérie ou dans les îles polynésiennes pour la France, etc.
Le concept de slow violence rejoint alors celui de justice environnementale. Si ces désastres environnementaux sont sous-représentés dans les médias, n’est-ce pas précisément parce qu’ils se déroulent loin des regards et des caméras, dans des régions où les législations sont bien plus permissives à l’égard des grands groupes aux intérêts financiers bien connus? Notre partialité à l’égard d’une violence plus spectaculaire exacerbe la vulnérabilité des écosystèmes que le capitalisme considère comme étant à sa disposition, ce qui intensifie dans le même temps la vulnérabilité de ceux que l’activiste Kevin Bales a nommé les « disposable people ». Prenant l’exemple des barrages construits au Brésil, qui ont forcé le départ d’un million de Brésiliens pauvres et de plus de 40 000 indigènes, Rob Nixon souligne que c’est précisément contre ce mépris infligé aux hommes aussi bien qu’aux territoires qu’est né, progressivement, ce qu’il appelle un « environnementalisme des pauvres ».

Périmètre d’application
C’est donc pour faire la valoir la cause de tous ces dépossédés, économiquement et désormais écologiquement, que nombre d’auteurs et d’activistes se sont manifestés. Dans son ouvrage, Rob Nixon consacre un chapitre à chaque groupe ou artiste engagé dans la dénonciation de ces injustices, au péril de leur propre vie: Arundhati Roy, Wangari Maathai, Indra Sinha, Ken Saro-Wiwa, Abdul Rahman Munif, etc. Tous ont mis en évidence avec force l’impact à long-terme infligé par des forces transnationales, comme le pétro-impérialisme, l’industrie des barrages immenses, le déchargement des déchets toxiques produits dans les pays riches vers les pays pauvres, une industrie du tourisme qui bannit les populations de leur habitat historique au profit de quelques privilégiés venus du Nord, les dérégulations législatives dans l’environnement à des fins commerciales ou militaires, etc. Les stratégies employées sont variées: certains privilégient la rédaction de mémoires ou d’autobiographie, comme la Kényane Wangari Maathai ou le Nigérian Ken Saro-Wiwa; d’autres font usage de la fiction, comme les Indiens Arundhati Roy ou Indra Sinha. Tous, d’une manière générale, se sont impliqués dans des mouvements de lutte pour la justice environnementale, parfois jusqu’à y perdre la vie; dans son combat contre Shell, qui était responsable selon lui de provoquer la mort de l’ethnie Ogoni, Ken Saro-Wiwia fut condamné à mort par le Nigéria et exécuté en 1995.

 

De la politique à la littérature… à la politique
L’originalité du concept de Rob Nixon est qu’il s’applique donc avant tout dans un contexte artistique et littéraire; partant de données géopolitiques et environnementales, il cherche à comprendre comment ces problèmes ont été transcrits en littérature afin d’acquérir une visibilité médiatique incontestable. De fait, ces tentatives ont effectivement amené une prise de conscience internationale: Wangari Maathai a ainsi obtenu le Prix Nobel de la Paix, grâce à son action au sein du Green Belt Movement et aux témoignages qu’elle a livrés dans ses textes.
Mais ce qui est le plus intéressant, c’est bien que les oeuvres proposées par ces auteurs engagés relèvent souvent du domaine de la fiction. Les noms de pays, de ville, de personnages sont changés, de même que la temporalité des événements, mais impossible de ne pas reconnaître derrière ces histoires les images de catastrophes et d’injustices ayant réellement eu lieu. Rob Nixon définit cela comme une « imaginative definition » d’enjeux localisés, capables d’acquérir grâce à leur mise en fiction une nouvelle visibilité. Cela contribue alors à la lutte contre ce qu’Edward Saïd nommait un « normalized quiet of unseen power ».


On comprend dès lors que l’objectif de Nixon, dans sa conceptualisation de la slow violence, ne soit pas purement littéraire ni même académique, mais bien politique. A l’encontre de nombreux théoriciens de la littérature et plus spécifiquement de l’écocritique, en particulier nord-américains, qui tendent à négliger les auteurs du Sud dans leurs corpus d’oeuvres au motif qu’on n’y trouve pas d’intérêt particulier pour la défense de l’environnement, Nixon montre que les préoccupations écologiques sont bel et bien au coeur de nombreuses oeuvres littéraires africaines, asiatiques, caribéennes, etc. Non, la défense de l’environnement n’est pas un luxe réservé aux populations riches, seules capables de consacrer leur temps à lutter pour des espèces en voie de disparition, tandis que les populations plus pauvres, quant à elles, seraient suffisamment obnubilées par le fait de survivre et de satisfaire leurs besoins alimentaires quotidiens pour se préoccuper de leur environnement. Cette réhabilitation bien venue dans le domaine littéraire, qu’en est-il de sa légitimité académique ? En quoi est-elle pertinente d’un point de vue politique, voire géopolitique?

 

2. ÉTUDE DE CAS: ANIMAL’S PEOPLE


Un exemple littéraire? Légitimité du croisement interdisciplinaire
La démonstration de Rob Nixon s’intègre donc dans un cadre qui dépasse le seul domaine des études littéraires, car il touche de près à la justice environnementale et à la légitimité d’actions écologiques de la part d’activistes du Sud face aux grands acteurs internationaux, traditionnellement représentés par les pays du Nord. Or, on le voit, il est extrêmement réducteur et schématique de réduire ces luttes à une nouvelle illustration du vieux conflit Nord/Sud; bien plutôt, on se trouve ici en plein coeur de ce qui fait l’objet des études dites postcoloniales. Ces études interdisciplinaires, qui balaient tout le champ des sciences sociales, partent du principe que la colonisation — puis les décolonisations — ont laissé des traces dans la mémoire et dans l’histoire collective des peuples concernés, aussi bien des ex-colonisés que des ex-colonisateurs. Or, cette mémoire se traduit en termes historiques ainsi que géographiques; les paysages portent la trace des modifications imposées par les colons. Néanmoins, malgré les années écoulées depuis l’indépendance des États, Nixon suggère que les manifestations de la slow violence réactivent les anciens conflits coloniaux; il donne ainsi une épaisseur historique à des luttes environnementales et en fait de nouveaux avatars de la domination du Nord sur le Sud.


Par conséquent, Nixon s’attèle à remettre en cause la prééminence des oeuvres littéraires américaines dans le champ de la littérature environnementale en en faisant justement la preuve de la persistance d’un certain esprit colonial (ou dominant) au sein des Lettres. Il dénonce la monopolisation par les oeuvres américaines de toutes les anthologies, conférences, colloques, etc. qui concernent l’écocritique, au détriment des auteurs issus d’autres nationalités. Parallèlement, il ouvre, au sein des études postcoloniales, un champ d’études consacré à la représentation de l’environnement, domaine autrement marginalisé comme n’étant pas assez politique aux yeux des théoriciens postcoloniaux. C’est donc bien à un croisement interdisciplinaire que nous convie Rob Nixon, entre études postcoloniales et théories écocritiques, légitimé par l’urgence géopolitique et environnementale à laquelle sont confrontés de nombreux auteurs.

 

Le roman Animal’s People et la catastrophe de Bhopal
Pour illustrer cette méthode, l’exemple le plus parlant est peut-être celui qui est au coeur du roman d’Indra Sinha, Animal’s People. Publié en 2007, l’ouvrage fait référence de manière indirecte mais indéniable à la catastrophe de Bhopal qui a eu lieu le 3 décembre 1984 dans cette région du Madhya Pradesh. Une explosion dans une usine chimique de la firme américaine Union Carbide cause immédiatement la mort de plusieurs milliers de personnes, mais ce sont les conséquences qui se révèlent les plus meurtrières; on estime en effet que les pollutions provoqués par les gaz et les produits libérés dans les sol et les eaux seraient responsables de maladies irréversibles pour plus de 300 000 personnes, la plupart n’ayant pas bénéficié de soins adaptés ni de conditions de vie décentes depuis l’explosion. Au bout d’une bataille juridique longue de quatre années, la compagnie américaine et sa filiale indienne sont condamnées par l’Etat indien à verser environ 450 millions de dollars, somme jugée trop peu élevée au regard des dégâts subis par les populations et leur environnement.


Si la trame historique est connue, le romancier indien choisit de n’en conserver ni les noms de lieu, ni des personnages, et de centrer son roman autour d’une galerie de héros tous atteints par les conséquences d’une catastrophe industrielle comparable. Le lecteur suit en effet le destin d’un jeune homme de 19 ans, surnommé Animal par son entourage; depuis l’explosion de l’usine chimique dans la ville de Khaufpur, son dos s’est plié, le forçant à se déplacer à quatre pattes. Autour de lui gravitent une étudiante, Nisha, qui lutte avec son compagnon Zafar pour faire respecter les droits des Khaufpuri et faire condamner la compagnie américaine devant les tribunaux; son père, ancien virtuose dont la voix s’est brisée après le drame; tous les habitants des bidonvilles, organisés en petits trafics et recels de tous genres pour survivre jour après jour malgré la misère. Jusqu’au jour où survient Eli Barber, une jeune docteur américaine qui se met en tête de créer une clinique aux consultations gratuites pour les malades de la ville… Mais que cache cette entreprise généreuse et idéaliste? Est-elle sincèrement altruiste? N’est-ce pas une tentative de la part des industriels américains d’acheter le silence des Khaufpuris?… Toutes ces questions vont pousser les personnages à se heurter les uns aux autres, mettant en branle leurs convictions et leurs relations d’amitié si profondes.


Le roman, dont la longueur passe quasi inaperçue tant le style vif et énergique — écrit à la première personne, nous suivons les états d’âme du héros Animal, ses désirs d’amour et de revanche, ses luttes quotidiennes… — conserve même une grande dose d’humour, n’en pose pas moins de difficiles questions à propos de la responsabilité des protagonistes liés à l’explosion de l’usine. Faut-il condamner les grands industriels américains, au sommet de la compagnie? les responsables de leur filiale indienne? les pouvoirs locaux, corrompus et soumis à des puissances qui achètent leur silence et leur indulgence à coups de dollars et de promesses de contrats juteux?… On comprend ainsi que tout un « business » s’est organisé autour des conséquences de la catastrophe et qu’une nouvelle économie s’est installée depuis les bas-fonds de Khaufpuri jusqu’au cabinet du préfet indien, dont le moindre déséquilibre provoquerait de graves remous au sein du système tout entier.


C’est justement tout l’intérêt de ce roman; loin de prendre parti de manière schématique ou manichéenne, il tente d’imaginer, par le biais de la fiction, un destin possible aux habitants de Khaufpur, calqué sur celui de Bhopal. Fiction et réalité se mêlent donc à chaque page, ce qui confère à l’oeuvre d’Indra une charge politique extrêmement forte — justifiant probablement les nombreuses récompenses littéraires lui ayant été attribuées dans le monde. Adoptant une position d’écrivain postcolonial, engagé dans le devenir politique de son pays, il assume également la défense d’un environnement menacé aussi bien par les catastrophes industrielles que par le laxisme des politiques.

Par cet exemple, nous voyons comment Rob Nixon fait de la catastrophe de Khaufpur, double de Bhopal, un exemple de manifestation de slow violence, dans la mesure où les personnages sont tous affectés à long terme par les conséquences de l’explosion, parfois des dizaines d’années plus tard. Les conflits qui surgissent dans la communauté des Khaufpuris révèlent alors ceux qui agitent depuis longtemps les États, les plus pauvres étant une nouvelle fois fragilisés et exploités par certains pays riches et développés. Ce qui n’empêche pas leurs voix indignées de s’élever contre ces pratiques.

 

3. GÉOPOLITIQUE ET LITTÉRATURE


La lecture de l'ouvrage et de certains articles de Rob Nixon a été particulièrement éclairante, d’un point de vue personnel, pour souligner la force de l’engagement pris par certains auteurs issus de pays en développement pour lutter contre les injustices environnementales dans le domaine littéraire. Non que l’on dénie l’existence de mouvements engagés politiquement et juridiquement, bien au contraire; Wangari Maathai et Ken Saro-Wiwa, pour ne citer qu’eux, sont des exemples émouvants de l’énergie mise au service de causes écologiques dans des pays qui font partie des plus pauvres de la planète. Mais ce qui est nouveau chez Rob Nixon, avec son concept de slow violence, c’est qu’il place la littérature au coeur de cet engagement. Rarement des oeuvres littéraires auront témoigné avec autant de force que la géopolitique a toute sa place dans les Lettres, en particulier lorsqu’elle n’est pas traitée de manière conventionnelle par un auteur du Nord, mais par des artistes du Sud.


Néanmoins, le choix des oeuvres présentées dans Slow violence and the Environmentalism of the Poor peut paraître contestable sur deux points. Tout d’abord, il s’agit presque uniquement de titres anglophones; cela peut s’expliquer par les connaissances linguistiques et universitaires de Rob Nixon, qui est avant tout Professeur d’anglais. Mais, en faisant de ces artistes, présentés comme des héros, de nouveaux « lanceurs d’alerte » dont les opinions sont comparables à celles qu’avaient suscitées Rachel Carson dans les années 1960 avec Silent Spring, Rob Nixon singularise les combats menés au Sud derrière des figures de proue certes marquantes, mais qui tendent à occulter les mouvements plus vastes de citoyens et de peuples. Cela dit, il est indéniable qu’une cause aura bien plus de facilités à trouver un public si elle est soutenue par un porte-parole doué d’un grand charisme, plutôt que par une masse anonyme… Ce faisant, Nixon ne retombe-t-il pas dans le piège médiatique qu’il s’efforçait de dénoncer, en mettant en avant quelques individus « attractifs » au détriment de ces foules indivisibles auxquelles ces derniers prétendaient donner la parole?


Mais s’il fallait ne retenir qu’une chose du travail de Rob Nixon, c’est peut-être qu’en définitive, la parole ne peut effectivement jamais être neutre en littérature, surtout lorsqu’il s’agit de géopolitique; elle peut cependant être belle, libre et, surtout, rendre la fiction aussi féconde en réflexions que la réalité.

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