Surpopulation carcérale. La faute au législateur et aux magistrats.

Preuves par les chiffres du ministère de la justice. La criminalité et la délinquance diminuent, mais les peines de prisons sont de plus en plus souvent prononcées pour des durées de plus en plus longues.

Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours. Les histogrammes tirés des chiffres du ministère pour les 11 années précédant 2017 sont démonstratifs :

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Ces trois diagrammes montrent qu’effectivement les crimes diminuent, mais que les peines de prison fermes sont plus souvent prononcées. C’est-à-dire qu’il y a moins de sursis, et que les peines de plus de 10 ans sont de plus en plus fréquentes et que les peines plus courtes diminuent en proportion.

La tendance est également nette pour les délits :

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Les peines s’alourdissent pour les peines les plus courtes (moins d’un an) :
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Elles sont assez stables après une augmentation rapide entre 2006 et 2011 pour les peines moyennes (de 1 à 3 ans) :

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Mais elles augmentent pour les peines les plus longues (supérieures à 3 ans) :

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Au temps pour le laxisme supposé de la justice, qui se montre en revanche de plus en plus expéditive.

Quant au législateur il est responsable, sous la pression de l’opinion publique, de la criminalisation de ce qui relevait auparavant des délits et de la délictualisation de ce qui relevait des infractions (voir mon précédent billet).

Nous vivons dans une société de plus en plus sûre et de moins en moins tolérante. C’est la raison pour laquelle nous enfermons de plus en plus de personnes que nous désocialisons.

Nous ne sommes plus en mesure financièrement d’assumer leur resocialisation et nous nous étonnons que certaines finissent par se radicaliser, contre une société qui après les avoir écartées les abandonne.

Enfin un dernier diagramme en ces temps de peste brune, de théorie du grand remplacement et autres thèses sur la délinquance des étrangers. Le taux de délinquance dans cette population est plutôt stable, entre 12 et 14%. l'augmentation de la criminalité des étranger en France est plutôt liée à des européens. Enfin ils sont surreprésentés en prison (22% des personnes détenues), ce qui suppose une sévérité accrue à leur égard de la part des magistrats. France terre d'accueil : une réalité en prison !

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Pour ceux qui préfèrent les chiffres : les données brutes du ministère sont sous forme de tableur ici : www.justice.gouv.fr/art_pix/Stat_Conda_Cr_Del_Contrav_2017p.ods

Je n’ai pas retenu pour les diagrammes les données de 2017 qui sont provisoires et non consolidées.

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