Dialogue ?

Face à la colère d'un peuple qu'il a méprisé lorsqu'il était ministre, qu'il a dragué avec cynisme au cours de la campagne présidentielle, qu'il a nargué et humilié avec morgue depuis son élection, le président de la République, Emmanuel Macron, prétend ouvrir le dialogue tout en se taisant...

On ne peut comprendre ce qui se passe en France qu'à la lumière de la gouvernance d'Emmanuel Macron, dont les prémices sont bien antérieurs à son élection à la fonction suprême.

En affichant sa volonté de s'ériger en recours ultime et en détenteur de la seule vérité ; en étant sourd à toute proposition, remarque ou alerte des corps intermédiaires ; en fermant tout dialogue et en imposant sa doxa ; il n'a pas proposé un monde nouveau, il a utilisé une recette éculée de despote qui se voudrait éclairé, et qui date du XVIIe siècle.

Lorsque le peuple qui, contrairement à ce qu'il veut se faire croire ne lui appartient pas mais qu'il est censé servir, lui fait savoir qu'il n'en peut plus : il lui fait la leçon. Lorsque ce peuple excédé descend dans la rue, plutôt que de s'interroger sur les raisons profondes de la colère, il s'obstine à n'y voir qu'une réaction au facteur déclenchant. «Lorsque le doigt montre la lune, l'idiot regarde le doigt».

Et quand le peuple excédé se révolte, il se tait et envoie ses sbires proférer des menaces et semer le doute.

Il se tait parce qu'il n'a aucune solution, sinon se retirer.

Quant à l'oligarchie qui a soufflé sur les braises (politiques, médias,...), elle est paniquée par le brasier qui pourrait l'emporter et ne peut à présent qu'appeler au calme. On doit espérer qu'elle soit entendue et qu'il ne soit jamais trop tard pour ouvrir le dialogue, oublier ce qui divise le peuple et construire ce à quoi il aspire...

 

 

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