Ce qui est inhumain est inhumain pour tous

Nouveau rappel de ce qu'est la réalité carcérale en France avec en bonus les affiches de la campagne de l'OIP sur ce thème...

"Vivre enfermé au milieu des punaises et des rats, ça vous marque" : "La France a été condamnée 17 fois par la Cour Européenne des droits de l'homme pour traitement inhumain et dégradant en prison". (Télécharger l'affiche)

"8 mois d'attente pour voir un psy ça vous marque" : "En prison il y a 8 fois plus de personnes qui souffrent de troubles psychotique qu'à l'extérieur." (Télécharger l'affiche)

"3 dans 9 m² 22h/24, ça vous marque" : "Le droit pour un prisonnier d'être seul en cellule est inscrit dans la loi depuis 1875, mais bafoué." (Télécharger l'affiche)

Tout cela marque même tellement que l'on se suicide 6 fois plus en prison que dans la population générale. Ce qui remet en question la réalité de l'abolition de la peine de mort en France.

Outre les atteintes à l'humanité dénoncées par la campagne de l'OIP, c'est tout le système judiciaire et pénitentiaire qu'ils convient de dénoncer. Du prononcé de la peine, à son application et à son aménagement, côté magistrats. Des conditions de détention et de l'effectivité et de la pertinence des mesures de réinsertion du côté de l'administration pénitentiaire enfermée dans des logiques sécuritaires.

Les syndicats de personnels dénoncent un manque de moyens humains, pourtant en 40 ans le nombre de personnels a augmenté plus vite que le nombre de personnes détenues passant d'un ratio de 1 personnel pour 3.6 détenus en 1980 contre 1 pour 1.8 détenus actuellement (39000 agents pour 71000 détenus en 2019 - chiffres du ministère) pour un coût global de la détention qui explose. Il semble donc que plus il y a de personnels et moins ceux-ci parviennent à assumer leur missions. Ce qui pose question sur la méthode.

Faute de ne pouvoir rétablir la peine de mort, mesure proscrite par la communauté européenne, les intoxications politiques, relayées dans le bon sens populaire, ne cessent d’inventer des techniques inédites d’enfermement qui donnent les résultats que l'on connaît.

Jusqu'à quand va-t-on persister dans cette voie que la  loi de programmation 2018-2022 pour la justice, viendra encore renforcer ?

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