«Enfance délinquante», le renforcement du punitif ?

Après l'annonce de Nicole Belloubet qui souhaite légiférer par ordonnance pour «juger plus vite les mineurs» et les orienter vers des «centres éducatif fermés», il convient de s'interroger sur cette frénésie de l'enfermement. On oublie que les enfants sont le produit de la société qui les a façonnés, et plutôt que remettre en question ladite société, on choisit d'en punir les victimes.

Si pour l'instant les propos de la ministre ne font pas état de réelles propositions, on notera une volonté de fermeté qui apparaissent surtout comme des violences. Les «maisons de redressement» version 2019 me semblent être un projet inquiétant et un curieux scotome sur la réalité sociale du pays.

Parce qu'on a voulu une école qui produit plutôt qu'une école qui éduque, on sacrifie nos enfants sur l'autel de la compétition, de la rentabilité et du seul critère de la richesse (si possible rapidement acquise) comme signe de la réussite sociale.

Dans les classe populaires il n'est que deux manières de réussir à cette aulne : «réussir dans la société» (devenir footballeur, rappeur à succès,...) ou «réussir dans sa réalité» (être délinquant). Ceux qui sont sans ambitions pourront toujours alterner, une fois adultes, chômage et petits boulots comme leurs parents. Mais surtout sans oublier de participer à l'effort économique de la Nation en faveur des nantis, en consommant des produits le plus souvent nocifs à leur santé.

Pour les plus remuants d'entre eux, qui n'ont l'opportunité d'utiliser leur vitesse de pointe que pour échapper à la police, on nous promet aujourd'hui une politique d'enfermement. Sans doute pour les habituer à leur futur, fait d'une longue série d'enfermements entrecoupés de galères...

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.