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Billet de blog 26 mai 2018

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La prison rend malade

A propos d'un billet de blog de l'OIP

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Sous le titre "Quand la prison rend malade", Laure Anelli, de l'Observatoire international des prisons-section française recueille les propos de Madame Christine-Dominique Bataillard, psychiatre. Elle intervient à la maison centrale d’Arles, au centre de détention de Tarascon et au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet. Elle est également contrôleure extérieure pour le Contrôleur général des lieux de privation de libertés.

Le décalage apparent entre ses propos et le titre du billet de blog, qui lui ne prête pas à confusion, m'a interpelé.

Mme Bataillard semble vouloir ménager la chèvre (la pénitentiaire ? l'opinion publique ?) et le choux (la personne détenue).

Elle dit : "La prison ne « crée » pas à proprement parler de maladie mentale mais elle favorise, chez des personnes vulnérables, l’éclosion de pathologies."

J'aime bien le terme d'éclosion. C'est mignon et printanier une éclosion...

 La CEDH (Cours Européenne des Droits de l'Homme) affirme dans diverses décisions que : "toute personne détenue est incontestablement en situation de vulnérabilité" (voir par exemple : CEDH, CANALI c. FRANCE, 13 septembre 2007, 26744/05).

Plus loin Madame Bataillard dit également : "Il y a aussi ce qu’on appelle les « psychoses réactionnelles », ou « psychoses carcérales » : les personnes présentent le même tableau clinique que des malades psychiques sauf que, à la différence des psychotiques, ces symptômes cessent quand le facteur déclencheur – en l’occurrence l’incarcération – disparaît."

Qualifier de "facteur déclencheur" une étiologie (cause) relève de la méconnaissance clinique ou d'un excès de langage qui confine à la manipulation. Par définition une pathologie ne s'arrête pas automatiquement après que le facteur déclenchant ait agit, contrairement à ce qui se passe lorsque la cause de la maladie est éradiquée. Il peut toutefois persister des séquelles de la maladie dans les deux cas...

Sortons de l’ambiguïté. La prison rend malade.

La seule manière de supprimer la maladie est d'en éradiquer la cause au plus tôt chaque fois que c'est possible, comme chaque médecin devrait le savoir...

On comprendra que les implications radicales des mesures nécessaires pour mettre fin à la "psychose réactionnelle" aient de quoi faire hésiter un médecin soumis par nécessité à une accréditation pour travailler en milieu pénitentiaire. Ce qui explique peut-être l’ambiguïté de la réponse de Madame Bataillard.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.