REMERA : que veut-on étouffer ?

Lorsque une association se donne pour missions de lancer des alertes sanitaires basées sur un travail scientifique de qualité et que les instances qui devraient s'en saisir choisissent de ne plus participer au financement de la structure, on doit au moins se poser des questions sur ces attitudes qui sont inquiétantes. Le dossier, et quelques pistes...

En juillet 2018, le Registre des Malformations en Rhône-Alpes — REMERA — qui s'est donné une double mission de santé publique et de recherche alerte sur un taux de malformations anormalement élevé chez des nouveaux-nés de l'Ain.

En août 2018, le Centre Pluridisciplinaire de Diagnostic Prénatal de Bron alerte le directeur général de la santé de menaces pesant sur la pérennité de l'association et sur le registre.

En septembre, on apprends que : «La région Auvergne Rhône Alpes, qui cofinançait, considère que désormais, ça ne fait plus partie de ses attributions. Quant à l’Inserm, l’organisme de recherche, il justifie l’abandon des subventions en affirmant que “l’apport du registre pour la recherche est très faible”. Etonnant, car il y a deux ans, l’ex-ministre de la Santé, Marisol Touraine, vantait, au contraire, le travail du Remera. » (Franceinfo - «l'oeil du 20 heures» 26 septembre 2018 )

Des enfants naissent sans bras ou sans jambe avec une incidence 58 fois supérieure à la normale, et pour toute action on cesse de financer le lanceur d'alerte...

«Après 45 années d’existence, la structure pourrait disparaître. Les subventions publiques lui ont été coupées : “Les conséquences sont très simples, c’est la fin de la surveillance des malformations, c’est à dire clairement la fin de l’alerte aussi"»

Le lien de causalité entre l'alerte et la fin du financement de l'association, s'il n'est pas certain semble fortement établi...

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L'omerta n'a pas sa place en démocratie. Les alertes qui nous concernent tous méritent au moins des investigations transparentes. Ce qui peut apparaître comme des sanctions financières, voire des mises à mort à l'égard de personnes ou de structures qui agissent comme lanceurs d'alerte doivent faire l'objet de la vigilance de tous.

 

 

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