Significations, acceptabilité et finalités ; quels sens pour les peines ?

L'Assemblée Nationale vient de voter l'interdiction des «violences physiques et psychologiques» éducatives envers les enfants. Il me paraît pertinent d'étendre le débat sur les peines, la diversité de leurs sens, finalités et significations, ainsi que sur leur acceptabilité. A la fois pour ceux qui les demandent, ceux qui les ordonnent ou les exécutent que pour ceux qui les subissent..

Les tentatives de dressages par la violence, qui sont un obstacle à l'éducation chez l'enfant, sont elles plus pertinentes chez l'adulte ?

Les enfants qui auront bénéficié d'une éducation non violente, basée sur le dialogue et la négociation, qui auront compris et accepté le sens de la mesure éducative proposée par un parent éclairé seront-elles moins exposées, à l'âge adulte,  à la violence ordinaire, telle qu'elle se pratique aujourd’hui de la part de la justice pénale et de l'administration pénitentiaire ?

Rien n'est moins sûr, et dans tous les cas elles y seront bien moins préparées...

Une réflexion et un débat sur les significations, finalité et sens des peines et sur leur acceptabilité tant du point de vue des victimes que de ceux qui les subissent (et qui, alternativement, peuvent être les mêmes) et que de celui de ceux qui les infligent ou les appliquent devrait être ouvert. Cette réflexion initiée en 2002 par la CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme) a donné lieu à des travaux universitaires et à des débats entre spécialistes, mais n'a jamais fait l'objet de réels débats publics dépassionnés.

Au moment ou la justice est en chantier : «Chantiers de la justice : focus sur les deux rapports relatifs à la matière pénale» - Dalloz actualités, peut-être est-il temps pour les citoyens de s'emparer du débat de manière constructive.

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